La guerre des tablettes fait rage, au milieu de laquelle sortent moult tablettes au petit format 7 pouces, dans des gammes de prix ultra-concurrentielles. Facturées autour des 200 € en moyenne depuis la sortie de la Google Nexus 7, ces ardoises abordables pourraient souffrir d’un nouveau coup de massue assené par Asus, à qui l’on doit notamment la fameuse Nexus.

Asus MeMo Pad

Le Computex 2013 se tient actuellement à Taipei, où sont traditionnellement annoncés les ordinateurs qui feront au deuxième semestre les beaux jours des revendeurs. Pourtant, cette édition accueille de nouveaux produits bien souvent catégorisés sur le secteur des tablettes tactiles. Si leurs caractéristiques techniques ne surprennent guère, il n’en est pas de même du côté de leur tarif, notamment chez Asus, qui lance une gamme MeMo Pad à des tarifs jamais vus jusqu’alors.

Deux tablettes et un palier psychologique à ne pas dépasser : le cap des 150 € reste celui au-delà duquel Asus ne montera pas avec ses MeMoPad. On trouvera ainsi deux modèles estampillés Asus d’ici quelques mois : une MeMo Pad HD7 facturée 129 dollars en version 8 Go (caractéristiques de la MeMo Pad HD7), tandis qu’elle atteindra 149 $ en 16 Go au mois de juillet, sans oublier une MeMo Pad FHD 10 dont le prix d’appel, encore inconnu, devrait marcher dans les pas de sa petite soeur. 129 $, vous dites ? C’est 80 dollars de moins que l’entrée de gamme des Nexus 7, pour une tablette au poids de 302 grammes (38 grammes de moins que sa consoeur) et dotée d’un port microSD dont est dépourvue la Nexus 7.

Doubler la Nexus 7 ?

Deux questions s’imposent à nous : pourquoi, et comment ? Asus s’est lancé dans la guerre des prix en concevant pour le compte de Google la première tablette de Mountain View. Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître, pourrait-on dire, tant pour le géant américain que pour le manufacturier taïwanais, qui a par là-même démontré sa capacité à concevoir une tablette compacte aux caractéristiques haut de gamme, en grand nombre, en respectant un carnet des charges drastique. Pourquoi ne pas appliquer à soi-même les préceptes que l’on a suivi pour d’autres ? Asus a la maîtrise des processus de conception et de fabrication. La marque s’est créé une nouvelle notoriété auprès du grand public, en marge de ses Transformer, plus onéreuses, en démocratisant les tablettes 7 pouces en collaboration avec Google. Comment se démarquer désormais ? Lancer une ardoise Android 7 pouces au même tarif qu’une Nexus 7 sans montée en gamme flagrante serait une aberration marketing. Proposer un sursaut de qualité reste un pari risqué, la marque ne pouvant être sûre que ses futurs clients cherchent à être à la pointe de la technologie plus qu’un rapport qualité-prix imbattable.

Google Nexus 7

Reste une baisse de prix substantielle, à l’heure où les concurrents directs d’Asus (à chercher du côté d’Acer, Samsung et consorts) restent bloqués autour des 200 €. De fait, pour tomber sous la barre des 150 $/€ à l’heure actuelle, il faut se pencher du côté de marques telles que Memup, qui proposent des produits nettement plus modestes. Asus mise quant à lui sur des specs de qualité (processeur ARM Cortex-A7, port microSD, WiFi 802.11n), mais rogne quelque peu sur les standards qui s’imposent actuellement, même chez lui : pas d’IPS+ présent sur l’Asus FonePad Note, mais de l’IPS tout simple, seulement 1 Go de RAM, et une version d’Android encore à déterminer.

Tour de force permettant à Asus que c’est bien lui qui mène la danse en matière de tablettes ou non, la politique d’Asus devra pourtant être rentabilisée. Pas sûr que la baisse des prix des composants un peu moins récents suffise à elle seule, à moins que la marque parvienne à écouler sa tablette en masse. Asus mise-t-il sur la vente d’accessoires, de type housses ou claviers connectés ? On observe en tout cas qu’Asus offre pendant un an 16 Go de stockage en Cloud gratuit aux acheteurs de sa MeMo Pad HD7… payant de fait pour ceux qui souhaiteraient jouer la prolongation. N’oublions pas que dans le cadre de la Nexus 7, Google misait essentiellement sur les marges potentiellement réalisables sur le Google Play, tandis qu’un Asus doit trouver son propre modèle de financement pour créer l’exploit. Et forcer la concurrence à l’imiter, si ses MeMo Pad parviennent à attirer les foules.