Voici le troisième volet de notre dossier plus global consacré aux media centers. Le premier épisode a été consacré aux possibilités offertes par un mediacenter alors que le deuxième de la série a détaillé le fonctionnement de XBMC. Pour ce troisième numéro, nous allons nous concentrer sur Plex. Il s’agit d’un fork de XBMC qui se distingue par son fonctionnement et son modèle économique. En effet, les contenus sont streamés vers le mobile depuis le serveur au lieu d’être lus en direct. Ce qui offre une plus grande autonomie des smartphones et permet de lire les contenus depuis une connexion 3G ou 4G. En revanche, ce mode de fonctionnement apporte quelques contraintes que nous allons aborder au cours de ce dossier.

Plex logo

Plex se base sur XBMC qui était auparavant connu sous le nom de Xbox Media Center. Si XBMC est un logiciel open source, Plex utilise en partie du code propriétaire, notamment développé par un ancien de XBMC. L’idée est la même que son concurrent libre : permettre de profiter de sa médiathèque depuis n’importe quel endroit, que ce soit de chez soi avec le réseau local ou de l’extérieur avec un réseau 3G ou 4G. Mais Plex va plus loin que XBMC et permet réellement de profiter de sa bibliothèque sur les réseaux cellulaires. En effet, contrairement à XBMC, Plex transcode les vidéos avant de les envoyer au smartphone. L’enjeu est double : libérer la puissance de calcul du smartphone (et donc augmenter son autonomie) tout en compressant les flux dont la taille s’adapte alors au réseau utilisé. Vous regardez une vidéo via le WiFi de votre box ? La vidéo sera de très bonne qualité. Vous êtes en terrasse connecté en 3G ? Le débit de la vidéo et sa définition (donc sa qualité) sera réduit pour ne pas avoir de coupure.

Plex

Plex : gourmand en puissance

Le problème, c’est qu’il faut posséder une machine assez puissante pour le serveur multimédia, capable de lire les vidéos tout en les compressant à la volée. Pour du contenu HD, il faut donc disposer d’un ordinateur avec un processeur dual-core cadencé à au moins 2,4 GHz et 2 Go de mémoire vive. Si vous souhaitez streamer vers plusieurs appareils en même temps, il faudra alors une configuration plus musclée. Il est possible de désactiver l’encodage, les vidéos étant alors directement envoyées vers l’appareil mobile sans être traitées par l’ordinateur. Cette technique ne nécessite donc pas une machine puissante mais on perd alors le principal intérêt de Plex qui est de pouvoir profiter de son catalogue multimédia confortablement depuis n’importe quel type d’appareil et de connexion, c’est-à-dire sans avoir à charger une vidéo pendant de longues minutes avant de pouvoir la regarder.

Un serveur gratuit, des applications payantes

Le modèle économique de Plex est également différent de celui de XBMC. Si le serveur multimédia à installer sur son ordinateur est gratuit, les applications à destination des terminaux mobiles sont payantes : 3,69 euros pour la version Android, 4,49 euros pour iOS et 4,99 euros pour Windows (Phone) 8.1. Le lecteur à destination de Windows, Mac OS ou Linux est quant à lui gratuit bien que moins complet que XBMC. Il est possible d’utiliser le lecteur XBMC pour accéder au serveur Plex avec le plugin PleXBMC sous XBMC. Nous allons vous proposer un rapide tutoriel pour installer le serveur Plex sur un ordinateur puis pour s’en servir depuis son smartphone ou sa tablette. Des versions sont également disponibles pour les NAS afin de transformer ce dernier en serveur multimédia Plex. C’est plus pratique que sur un ordinateur qu’il faut laisser allumer pour pouvoir d’accéder à sa médiathèque. En revanche, la puissance des NAS est souvent trop faible pour permettre le transcodage qui est le point fort de Plex.

 

Tutoriel : installer Plex

Nous allons maintenant vous proposer un court tutoriel pour mettre en place la solution Plex en tant que serveur sur votre ordinateur puis en tant que lecteur sur votre smartphone ainsi que sur l’ordinateur. Le but est donc de pouvoir bénéficier de sa médiathèque sur son ordinateur en toute simplicité mais également sur son terminal mobile.

Plex strat

Le serveur Plex centralise les médias

Tout d’abord, il faut que vous décidiez de l’ordinateur qui servira de serveur multimédia. C’est lui qui centralisera les vidéos, films et musique, qu’ils soient présents sur l’ordinateur, un disque dur externe ou encore un disque réseau (NAS). Il devra être allumé pour que les autres appareils (mobiles ou non) puissent accéder à la bibliothèque de médias. Vous avez un vieil ordinateur qui traîne dans un coin mais assez puissant pour faire tourner Plex ? Il fera un parfait serveur multimédia. Il est possible de retirer l’écran une fois l’installation réussie et, avec d’accéder ensuite au serveur via un navigateur et l’adresse IP de votre ordinateur qui sert de serveur.

Avant toute chose, il convient de classer sa médiathèque de manière méthodique avec le nom complet des médias dans le nom des fichiers et une certaine logique dans les répertoires. Par exemple « Vidéos / Série / Nom de la série / Saison ». Plex donne d’ailleurs des conseils pour réaliser cette opération.

Il faut dans un premier temps télécharger Plex serveur pour votre ordinateur sur le site dédié. Pour le serveur, il suffit de cliquer sur le bouton Computer en dessous de Plex Media Server puis de sélectionner son système d’exploitation. Une fois le téléchargement terminé, on lance l’installation du logiciel. Une fois celle-ci finalisée, on démarre le logiciel. Ou plutôt, on active le serveur. En fait, tout va se passer dans un navigateur web puisque Plex va créer un véritable serveur (sur le port 32400 qui peut être modifié) dont l’interface de gestion sera accessible depuis un autre ordinateur du réseau voire même sur Internet avec les bons accès. Pratique pour administrer Plex et sa médiathèque à distance.

Plex demandera la création d’un compte qui servira à retrouver facilement votre serveur depuis vos appareils mobiles, que ce soit sur le réseau local mais également depuis Internet. Ce compte permet également de synchroniser l’état d’avancement d’une vidéo entre tous les appareils, et c’est là la grande force de Plex. Vous commencez une vidéo sur votre smartphone dans les transports, vous arrivez chez vous, vous allumez votre télévision et vous terminez automatiquement le visionnage sur le grand écran. Le compte permet aussi de mettre en file d’attente des vidéos repérées au fil de la navigation sur Internet, depuis n’importe quel navigateur. Les liens des vidéos sont ensuite stockées dans le panneau « En attente » de Plex, pour les visionner plus tard.

Plex Login

L’interface web du serveur Plex

L’étape suivante est de charger sa médiathèque sur Plex. Pour cela, rien de plus simple, il suffit de lancer l’interface Web du serveur Plex : on peut soit passer par un navigateur (en rentrant l’adresse du serveur sous la forme http://adresseduserveur:32400/web) soit passer par l’icône Plex qui vient se positionner dans la barre des tâches de Windows ou de Mac OS et de cliquer sur Media manager. Le petit + en haut à gauche de l’écran permet d’ajouter les médias facilement. Ces derniers resteront à leur place (qu’il soit sur le disque dur de l’ordinateur qui sert de serveur, sur un disque dur d’un autre ordinateur via le réseau ou encore un disque dur externe) et ne seront pas importés sur l’ordinateur qui sert de serveur. Si vous allez chercher un film sur un disque dur réseau (NAS ou ordinateur), il faudra que celui-ci soit allumé.

Plex accueil

La gestion de sa médiathèque depuis l’interface web de Plex

Il est maintenant temps de s’occuper de la partie sur les terminaux mobiles. Pour cela, procurez-vous l’application dédiée. Elle est payante, mais les fonctionnalités de Plex (transcodage à la volée pour s’adapter aux différents types de réseau, reprise de la lecture, etc.) en valent le coup. Une fois téléchargée, il suffit de la lancer et de se connecter avec le compte Plex, l’application se chargeant ensuite de se connecter au serveur. D’ailleurs, pour que ce dernier soit disponible depuis Internet et non pas seulement depuis le réseau local, il faut que votre routeur supporte l’UPnP ou alors de régler manuellement le routage des ports (voir le site de Plex pour plus d’informations).

Plex Lecture

Le lecteur Plex Android

Pour profiter de sa médiathèque depuis son appareil mobile, rien de plus simple, il suffit de naviguer au sein de celle-ci, les médias du serveur sont automatiquement listés. Lorsque l’utilisateur lance une vidéo, il est possible de régler la définition ainsi que le débit de cette dernière. Il est également possible de choisir, dans les options de l’application mobile mais également dans les options du serveur, de désactiver, temporairement ou non, l’encodage réalisé par l’ordinateur serveur. Si l’encodage est désactivé, la vidéo est envoyée telle quelle au smartphone et c’est ce dernier qui doit la décoder. Inutile de préciser qu’avec ce mode, les vidéos en HD ne passeront pas en 3G.

Chaînes

Il est également possible de rajouter des chaînes, un peu à la manière de plugins. Par exemple, nous avons rajouté les chaînes iPhoto et YouTube. La première chaîne permet d’accéder à sa bibliothèque de photos alors que la seconde permet d’avoir accès à toutes les vidéos YouTube. Il existe de nombreuses chaînes disponibles.

Plex Chaines

La gestion des chaînes depuis le lecteur Plex sous Android

Plex Pass : le mode premium

Plex propose un abonnement premium : le Plex Pass. Ce dernier, qui coûte 3,99 dollars par mois, 29,99 dollars par an ou 74,99 dollars pour un abonnement à vie. Le Plex Pass possède plusieurs avantages. Il est en effet possible de synchroniser (télécharger) ses médias directement sur ses appareils mobiles pour en profiter en mode hors connexion. La fonction Cloud Sync permet d’envoyer ses médias dans les nuages (comme Dropbox ou Google Drive) pour ne plus être dépendant de son serveur. Le premium permet d’avoir plusieurs utilisateurs, pour gérer différentes listes de lecture en attente ou pour que chaque utilisateur puisse reprendre un média où il l’avait laissé. Les applications pour Android et Roku sont gratuites et l’utilisateur aura accès aux versions bêta. Enfin, la fonction Camera Upload permet d’envoyer les photos prises par son smartphone directement vers son serveur Plex.

Plex Premium

Plex Pass, le mode premium

Cap vers les dongle et mini-PC Android

Voilà qui clôt ce troisième épisode consacré aux media centers. Pour plus de précisions, n’hésitez pas à jeter un oeil au forum officiel Plex qui comporte de nombreux sujets ainsi qu’une section française. La documentation officielle permet également de trouver de nombreuses informations. Lors du prochain épisode, nous aborderons les différentes solutions sous Android qui existent pour transformer une télévision en media center indépendant.