La tendance veut que les smartphones pour gamers reviennent sur le devant du marché avec le Razer Phone et le Xiaomi Black Shark. Mais celle-ci n’est pas toute nouvelle : voici 5 produits qui ont tenté le coup… et se sont lamentablement ramassés.

Tout ce qui est vieux finit par être neuf à nouveau. Parfois, un concept né un peu trop tôt se ramasse spectaculairement, avant de revenir et de devenir la mode d’un marché entier quelques années plus tard.

Dans la Tech, les exemples sont bien nombreux. Aujourd’hui, nous célébrons l’arrivée des smartphones pour gamers, une tendance relancée par Razer et son Razer Phone qui a aujourd’hui été suivie par Xiaomi et son Black Shark. D’autres acteurs, comme Nubia, s’apprêtent également à se faufiler dans la brèche.

Toutefois, il ne faut pas oublier que cette idée est loin d’être innovante. Au contraire : les appareils mobiles pour gamers sont depuis bien longtemps présents sur le marché… et n’ont pas vraiment captivé les consommateurs. Voici les exemples que nous pouvons vous offrir pour le prouver.

Nokia N-Gage (2003)

Ah, ce temps où Nokia était le roi des téléphones. Alors que les consoles portables de Nintendo faisaient les joies des enfants dans la cour de récré, le constructeur finlandais pensait pouvoir profiter de son statut de numéro 1 du mobile pour prendre quelques parts sur le marché encore relativement jeune des consoles de jeux.

Est donc sortie le 7 octobre 2003 la N-Gage. Plus console portable que téléphone dans son design, elle permettait pourtant de passer des appels et répondre à ses textos sans le moindre problème… si ce n’est sa prise en main très étrange dans ce cadre d’utilisation.

Elle utilisait des cartouches similaires à des cartes SD (ou des cartouches de DS), et n’a connu qu’une cinquantaine de titres au total. Le plus remarqué d’entre eux est très certainement Sonic N, qui n’était autre qu’une adaptation de Sonic Advance. Malgré quelques versions améliorées, elle n’aura intéressé que les curieux avec des poches très profondes, et aura vite été abandonnée deux ans plus tard.

Sony Ericsson Xperia Play (2011)

Du temps où Sony n’avait pas récupéré le contrôle total de sa division mobile, l’entité Sony Ericsson n’hésitait pas à tenter des concepts parfois un peu fous pour sortir du lot.

Sortait donc en 2011 le Sony Ericsson Xperia Play, un téléphone qui s’inspirait de la PSP Go pour proposer une expérience de jeu poussée sur mobile. Pour cela, elle disposait d’un design coulissant qui dévoilait une croix et des boutons PlayStation, avec deux zones tactiles simulant les deux joysticks de la DualShock classique.

Les jeux devaient toutefois être mis à jour pour être compatibles avec ces touches, ce qui limita très vite son intérêt. Nombreux sont tout de même les possesseurs de ce téléphone à en garder un très bon souvenir, de par sa capacité à émuler la PlayStation première du nom. Hélas, Sony nous a confirmé au MWC 2018 n’avoir aucune envie de faire revenir un concept similaire sur le marché.

Archos GamePad (2012)

Si la PSP a inspiré le Xperia Play, c’est la PS Vita qui aura inspiré la sortie d’une nouvelle tablette signée Archos : la Gamepad. Celle-ci reprenait sensiblement la même configuration de touches que la console portable de Sony, mais est sortie quelques mois plus tard et sous Android 4.1 bien sûr.

L’idée en elle-même n’était pas forcément mauvaise, comme pour tous ces concepts d’ailleurs. C’est l’exécution qui aura posé problème : la tablette manquait d’autonomie et ne disposait pas d’un très bon écran.

Surtout, ses boutons étaient loin d’être parfaits, un point plus qu’important pour les joueurs. Elle n’aura donc pas rencontré un grand succès, et aura disparu des radars aussi rapidement qu’elle est sortie sur le marché. Un second modèle aura bien été tenté, sans succès.

Nvidia Shield (2013)

Lorsque Nvidia a décidé de développer ses propres SoC ARM, il a également lancé une nouvelle gamme de produits : la fameuse gamme Shield. Aujourd’hui, on la connaît surtout pour la Shield Tablet K1 et la Nvidia Shield TV.

Mais l’un de ses premiers produits n’était autre que la Shield… tout court. Un concept assez étrange, puisqu’il s’agissait là d’une console portable sous Android à la forme d’une manette massive intégrant un écran repliable. Grâce à la puissance du Tegra 4, elle était capable de faire tourner des jeux très gourmands sur notre OS mobile.

Ce qui la faisait sortir du lot n’était toutefois pas cette fonctionnalité, mais la possibilité de jouer en streaming à n’importe quel jeu PC grâce au réseau local et aux cartes graphiques Nvidia de l’époque. Un principe aujourd’hui très populaire, mais qui était encore novateur à l’époque. Sa conception étrange n’a pas attiré le grand public, mais ses possesseurs en sont encore très amoureux.

Acer Predator 6 et 8 (2015)

Acer a donné à sa gamme de produits gamers le doux sobriquet de Predator. Si l’on connaît depuis quelque temps ses ordinateurs portables, assez respectés dans le milieu qui plus est, on oublie souvent que le mobile a été concerné pendant un temps.

Le constructeur a en effet présenté lors de l’IFA 2015 sa tablette pour les gamers : l’Acer Predator 8. Il s’agissait là d’une tablette puissante censée guerroyer avec la Shield Tablet première du nom, mais qui n’a pas réussi à convaincre de par son design… audacieux et surtout son manque d’autonomie.

À ses côtés devait se dresser l’Acer Predator 6, un smartphone dédié au gamer dans un grand format (pour l’époque) de 6 pouces. Cependant, et malgré une présentation officielle, il ne sortira jamais des labos du constructeur qui a très vite abandonné l’idée.

Cette fois-ci c’est la bonne ?

Alors, la nouvelle génération est-elle condamnée à se ramasser de même, comme l’Histoire nous le raconte ici ? Comme nous le disions en préambule, certaines idées valent le coup d’être explorées une nouvelle fois quelques années plus tard.

Or, le marché semble prêt à accueillir véritablement des smartphones dédiés aux joueurs. Des titres comme PUBG Mobile ou Fortnite montrent qu’on peut désormais jouer sérieusement sur ces plateformes, des communautés de joueurs dédiés existent et la pratique est désormais acceptée de tous. Quand on y rajoute des composants toujours plus puissants… Le terreau semble être fertile.

Reste qu’il en aura fallu du chemin pour enfin arriver à des concepts intéressants.

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