Retour sur la panne qu’a connu Google la semaine dernière et toutes les élucubrations qui ont suivi la « catastrophe ». 

Google

Dans la nuit du 16 au 17 août, le moteur de recherche de Google, ainsi que 16 autres services de la firme, ont connu une panne entre 1h37 et 1h48 du matin, heure française. Les services en question sont Gmail, Google Agenda, Hangouts, Google Drive, Documents, Tableur, Présentations, Dessins, Sites, Groupes, la console d’administration, les services Postini, Analytics, Maps, Voice et Blogger. Disons tout de suite qu’il s’agit tout de même des services les plus importants de l’entreprise (et les plus utilisés également).

Il n’a pas fallu longtemps aux médias et notamment à une entreprise de statistiques Web, GoSquared, pour crier au loup. En effet, la société a constaté lors de cette panne une baisse de 40 % de l’activité sur les sites qu’elle surveille. On pouvait après coup lire partout sur les supports (et pas des moindres) que Google représentait 40 % du trafic web et qu’il suffisait d’une seule petite panne pour paralyser la toile à l’échelle internationale.

28 ans de SMIC… et alors ?

D’aucuns ont également titré sur les pertes financières provoquées par cette micro panne. La Tribune, qui a tourné son papier de manière à informer ses lecteurs sur les conséquences économiques de ce “crash”, a estimé à près de 370 000 euros le coût de la panne pour Google. Un coût proratisé en fonction des revenus publicitaires glanés par les services de l’entreprise et comparé à 28 années de SMIC net… de quoi faire paniquer la pauvre ménagère.

Mais la réalité est tout autre. En vérité, la panne n’a pas démontré que Google représentait 40 % du trafic sur le web. Elle a encore moins causé de dégâts au niveau des finances de l’entreprise. GoSquared, l’entreprise de statistique web, s’occupe d’un échantillon de sites anglosaxons très limité et ne représente en rien la totalité de la toile. Il est ainsi naïf de penser que la panne s’est répercutée sur 40 % du trafic web mondial, sans oublier ce que l’on appelle le “web profond”, qui représenterait près de 80 % de l’ensemble des pages contenues dans la toile et non indexées par les moteurs de recherche, ou encore les applications mobiles et les échanges de données en peer-to-peer.

De plus, si les pertes économiques engendrées par la panne peuvent évidemment être estimées à 370 000 euros, il s’agit d’une somme qui ne représente toutefois pas grand chose en regard des revenus de la firme. Surtout lorsque Google indique avoir récolté 26,058 milliards de dollars au cours du premier semestre, essentiellement grâce à la publicité en ligne. En langage de statistiques, cela correspond à 0,001 % des revenus semestriels de la société. Cela peut naturellement apparaître comme une grosse somme d’argent pour le commun des mortels. Ce qu’il faut savoir, c’est que cela n’a un impact ni au niveau microéconomique, ni macroéconomique. Et si Google s’en sort plutôt bien après ce léger gaspillage, on a du mal à voir comment nous aurions pu être touchés à notre tour. Il faut garder en tête également à quel point il est difficile voire impossible d’effectuer un calcul de ce genre. Le chiffre d’affaire a été considéré par le journaliste comme un montant linéaire. Or, Google vend sa publicité à des prix différents en fonction des jours et des heures.

En somme, la panne n’aura coûté qu’une bagatelle au géant américain, qui a réparé la panne au bout d’une minute. Le moteur de recherche et les services affectés ont repris 4 minutes après la réparation…