Avec l’émergence des téléphones possédant des écrans bord à bord, il est temps de définitivement faire taire une idée reçue : la diagonale de l’écran d’un smartphone ne suffit pas à évaluer sa taille ! Ou comment « un téléphone 5,5 pouces » peut être plus compact qu’un « smartphone 4,7 pouces ».

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Depuis l’avènement du smartphone moderne avec l’iPhone en 2007, nous avons pris l’habitude d’exprimer la taille d’un smartphone par la diagonale de son écran. Au fil des années, les smartphones ont vu la diagonale de leur écran s’agrandir pour s’accommoder avec les nouveaux usages créés par nos applications favorites, de plus en plus de navigation et de lecture vidéo et de moins en moins d’appels téléphonique.

 

5 et 5,5 pouces : les nouvelles normes

Le marché s’est par la suite stabilisé autour de deux tailles d’écrans, les flagships de chaque marque avaient tous une diagonale autour des 5 pouces et ils avaient souvent une déclinaison « phablette » avec un écran de plus de 5,5 pouces. On parle ici du Galaxy S7 avec le Galaxy S7 Edge, de l’iPhone 7 avec l’iPhone 7 Plus, ou du Lumia 950 avec le Lumia 950 XL, ou plus récemment du Huawei P10 et P10 Plus, les exemples sont nombreux.

Pour plusieurs raisons, exprimer la taille d’un smartphone avec la diagonale de son écran est une mauvaise idée. Elle peut même tromper le consommateur qui pense acheter un petit smartphone quand il achète en réalité un smartphone gros et mal conçu ou à la traîne technologiquement. Explications.

 

La diagonale ne tient pas compte des marges

Le premier problème est que la diagonale de l’écran n’exprime que la taille de l’écran. Oui, dit comme cela c’est évident, mais cela signifie qu’elle ne prend pas en compte les marges autour de l’écran.

Or, ça ne poserait pas de problème si tous les fabricants parvenaient au même degré d’intégration de leurs composants et des écrans dans leurs smartphones, mais ce n’est pas le cas. Apple a ici longtemps été le plus mauvais élève du marché et celui qui gagnait le plus à maintenir confusion entre tailles du smartphone et diagonale.

Le Huawei Mate 9 (6 pouces) vs l’iPhone 8 Plus (5,5 pouces)

Un exemple criant est une comparaison entre l’iPhone 8 Plus (écran de 5,5 pouces) et le Huawei Mate 9 (écran de 5,9 pouces). Un utilisateur d’iPhone 8 Plus pourrait être effrayé à l’idée d’utiliser un Huawei Mate 9 et pourtant, le Huawei Mate 9 fait 1,5 mm de moins en hauteur et 0,8 mm de plus en largeur. On voit que Huawei propose ici des bordures nettement plus fines qu’Apple.

Enfin, il y a aussi le cas des écrans dit « Edge » comme celui du Galaxy S8 qui débordent sur les côtés du smartphone. Sauf lorsque le logiciel le prend en compte, pour afficher une notification par exemple, on ne peut pas vraiment dire que ces surfaces d’écran soient utiles, en dehors d’un aspect esthétique. Pourtant ces bords font grandir artificiellement la diagonale de l’écran d’un smartphone à taille de boitier équivalent.

Attention aux différences de ratio

Pour proposer des écrans avec moins de bordures, les fabricants ont choisi de modifier le ratio d’affichage de leurs écrans. Oubliez, le 16:9, un standard du marché, Apple utilise désormais le 19,5:9 pour son iPhone X, Samsung utilise le 18,5:9 sur son Galaxy S8 ou son Galaxy Note 8 et les autres fabricants utilisent de plus en plus souvent le 18:9 (ou 2:1). Encore une fois, indiquer seulement la diagonale d’un écran ne rend pas compte de la taille du smartphone si on ne donne pas son ratio d’affichage.

Reprenons la gamme de smartphones d’Apple de 2017, le fabricant californien est le seul à oser proposer un smartphone haut de gamme aussi vieillot que l’iPhone 8, ce qui permet une comparaison avec l’iPhone X qui représente le futur de la marque.

L’écran de 5,8 pouces de l’iPhone X est en fait un rectangle de 13,4 x 6,2 cm, alors que l’écran de l’iPhone 8 Plus mesure 12,2 cm par 6,8 cm. En surface, cela représente 83,08 cm² pour l’iPhone X contre 82,96 cm² pour l’iPhone 8 Plus. Les deux surfaces sont donc très proches, malgré une différence de 0,3 pouce sur la diagonale exprimée sans prendre en compte le ratio d’affichage.

La nécessité de trouver un critère unique

Il y a une analogie à faire ici avec la définition en pixel d’un écran et la densité de pixel. Pour le comparer avec la concurrence, il est plus juste de noter la résolution d’un écran en pixel par pouce que de simplement indiquer sa définition en pixels, puisque cette dernière ne donne aucune information sans connaitre la taille de l’écran.

C’est d’ailleurs ce qu’a fait Apple lorsque la marque a créé le terme « Retina » pour designer l’écran de l’iPhone 4 qui bénéficiait d’une meilleure définition à diagonale équivalente, et donc d’une meilleure densité de pixels.

Pour le sujet qui nous intéresse aujourd’hui, la solution retenue par l’industrie semble pour le moment être d’exprimer le taux de surface occupée par l’écran en façade.

Cette mesure pénaliserait les smartphones dotés d’un petit écran et d’un grand boitier et favoriserait les fabricants qui s’appliquent à mieux intégrer les écrans.

À lire sur FrAndroid : Bien comprendre la différence entre définition et résolution d’un écran

Écran borderless ou pliable : un problème généralisé

Si en 2016, il était encore possible de se faire une idée de la taille d’un téléphone avec la diagonale de son écran, à quelques virgules de pouces près, la situation s’est complexifiée en 2017 avec l’émergence des écrans bord à bord et des changements de ratio d’affichage.

Dans les années à venir, les smartphones avec des écrans pliables devraient également arriver sur le marché. Samsung prévoirait d’en sortir un dès l’an prochain. Dans cette situation, comme pourrait-on exprimer la taille d’un smartphone avec la diagonale d’un écran qui se plie en deux ? La diagonale ne devrait plus être un critère.