Chaque année, un « gate » chasse l’autre. Certains sont justifiés, d’autres tiennent plus du pinaillage. Eh oui : aucun produit n’est parfait ! Ce qui ne signifie pas pour autant qu’il faut tout laisser passer…

Crédit : Alex Dobie

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Nous évoquions il y a quelques jours les déboires au lancement du Pixel 2 XL et ses problèmes de brûlure d’écran, auxquels Google a répondu, de manière un peu agacée et pas forcément claire, par une promesse de mise à jour logicielle et une extension de garantie. S’agacer devant la multiplication de ces problèmes de lancement, parfois graves et parfois bénins est une façon de voir les choses. Explorons à présent une autre : ne sommes-nous pas un peu en train de pinailler pour deux pixels de travers ?

C’est presque devenu un marronnier : quel smartphone haut de gamme sorti en grande pompe va faire l’objet de la polémique du moment ? Ca n’est pas non plus complètement injustifié quand on parle de terminaux vendus au prix fort et presque comme des objets de luxe, surtout depuis qu’ils dépassent les 800, voire 1000 euros. On ne peut pas dire qu’on fait la fine bouche quand on attend de son smartphone que sa batterie ne prenne pas feu sans raison. Il y a néanmoins une ligne parfois floue entre controverse et pinaillage, une ligne que nous sommes tous, sans doute, parfois coupables de franchir.

Une recherche irréaliste de la perfection

J’écris ces lignes sur un Logitech G413. C’est un clavier gamer que j’aime énormément pour plein de raisons : il n’est pas trop bruyant, au global, pour un clavier mécanique. Il est compact, et j’aime les claviers qui ont un minimum d’espace autour des touches. La finition en aluminium est sobre et élégante, et il ne fait pas arc-en-ciel. Bon, je préférerais un rétro-éclairage blanc au rouge de la version Carbon, mais voyez, je pinaille déjà. Ce clavier a deux défauts : ses touches ne sont pas tout à fait droites, ce qui aurait un rapport avec les ressorts utilisés pour les mécanismes Romer-G, et la surface en aluminium produit une résonance à chaque frappe. Ce qui ajoute un peu de bruit qui me rendrait peut-être dingue dans une pièce insonorisée, mais que je ne remarque absolument pas dans mon environnement de travail.

Je pourrais sans doute en dire autant de mon écran, de ma Nintendo Switch, de feu mon Samsung Galaxy S6 qui n’a pas trop aimé sa rencontre avec un trottoir (ah, le verre des deux côtés, quelle belle idée…)… Le fait est que les produits que nous aimons sont affaire de compromis, que rien n’est malheureusement parfait, sans pour autant que ça pèse lourd dans la balance.

La situation peut devenir extrême : un sifflement lors de l’utilisation de l’iPhone 7 à plein régime avait généré une « controverse » l’an dernier, à nuancer simplement par le fait que le bruit était absolument inaudible à moins d’avoir son oreille collée au téléphone. Le OnePlus 5, plus récemment, a eu droit à sa petite polémique : un défaut d’affichage de l’écran du au montage de celui-ci la tête en bas. Embêtant ? Peut-être pas autant que le fait que l’on trouve des tutos expliquant comment provoquer le problème. Quand tu as besoin d’un tuto pour justifier l’existence de ton « gate », peut-être que c’est juste un petit défaut avec lequel on peut vivre. La vie peut-être plus grave, pensez à des utilisateurs d’Apple Watch Series 3 qui vont devoir subir la honte d’avoir un point rouge sur le côté de leur montre pour bien indiquer que c’est celle qui se connecte, quand elle veut, en 4G.


Un équilibre à trouver

Faut-il pour autant tout passer aux constructeurs ? Certainement pas. Si les problèmes ont un impact sensible sur les performances d’un produit, sur son autonomie, ou sur la sécurité des utilisateurs, c’est évidemment impardonnable. Si dans un an, l’écran du Pixel 2 XL affiche en permanence la trace de trois touches virtuelles indélébiles et nettement visibles, oui, ceux qui l’ont eu entre les mains auront eu raison de pointer du doigt ce défaut, parmi d’autres caractéristiques générales de l’écran qui ne font pas honneur à LG. Pour autant, nous devons apprendre à faire la part des choses entre de vraies controverses et des défauts superficiels qui rentrent dans les marges d’erreur de tout produit qui se respecte.