L’Essential Phone a fait parler de lui et pas seulement pour son design élégant et son écran borderless. Des bugs en série ont entaché la réputation d’un smartphone qui devient néanmoins beaucoup plus intéressant après une baisse drastique de son prix.

Andy Rubin en guerre contre sa propre créature

Andy Rubin a créé Essential principalement en réaction au monstre qu’il avait, selon ses propres dires, lui-même engendré. La jungle des smartphones Android provenant de multiples constructeurs, ajoutant de la confusion et de la complexité, générant des produits avec lesquels les utilisateurs se battent. Contre des interfaces confuses, contre des applications qu’ils n’ont pas demandées. Le premier smartphone issu de cette démarche est l’Essential Phone, ou PH-1.

Remarqué pour son design sobre et son écran sans bords, il s’est aussi distingué par une couche logicielle souffrant de nombreux problèmes de fluidité ou de performances de l’appareil photo. De quoi rendre son prix de départ, de 699 dollars, difficile à avaler. Même si pour être tout à fait honnête, face à un Galaxy Note 8 ou un iPhone X, on aurait presque tendance à trouver ce tarif correct.

Une baisse subite et spectaculaire

Il appartient néanmoins au passé : il y a quelques jours, Essential a annoncé une baisse de prix le faisant passer à 499 dollars. Le genre de réduction spectaculaire que l’on attend pas avant plus de 6 mois. Or, après plusieurs retards à l’allumage, les premiers Essential PH-1 ont été livrés fin août, et les acheteurs malheureux au prix initial bénéficient d’une réduction de 200 dollars sur la boutique Essential.

Au passage, pour l’anecdote, il y a 10 ans, alors que Andy Rubin présentait la première démo d’Android, Apple avait tout aussi subitement baissé le prix du premier iPhone de 200 dollars pour les fêtes de fin d’année 2007, quelques semaines après son lancement. Amusante coïncidence et fin de la parenthèse historique.

A 699 dollars, l’Essential Phone était un très beau smartphone au prix fort et bourré de bugs. Il est toujours aussi beau, et son logiciel continue d’évoluer, dirons nous, mais à 499 dollars, il devient l’un des meilleurs smartphones pour son prix : à l’exception du OnePlus 5, rares sont les terminaux aux performances haut de gamme, enfin au moins sur le papier, vendus à un tarif aussi agressif.

Une aubaine pour les technophiles ?

La question de la viabilité d’une telle baisse se pose. Mais Essential avait-il le choix ? Dans un marché déjà bien rempli en haut de gamme de bonne voire d’excellente qualité, difficile de s’imposer avec un prix à peine inférieur aux autres. Un bel écran ne fait pas tout, et il faut parfois sacrifier sur ses marges pour mettre son produit dans davantage de mains. Est-ce que cela fera les affaires d’Essential ? Pas sûr, d’autant plus que le PH-1 a tout de même recours à des matériaux premium tels que la céramique, mais si la stratégie du « flagship killer » a réussi à un OnePlus, elle peut s’avérer payante pour l’entreprise d’Andy Rubin.

En attendant, ce sont les bidouilleurs qui se frottent les mains. Car comme le fait remarquer XDA Developers, l’essentiel des défauts du PH-1 sont logiciels, et peuvent donc être corrigés. Reste à Essential de sortir des images système, comme le fait remarquer un utilisateur du site, sachant qu’au moins, le bootloader du PH-1 peut-être déverrouillé. En attendant, les ingénieurs d’Essential font eux-mêmes un travail visiblement soutenu pour corriger les nombreux problèmes, dont la fluidité du défilement. A défaut d’être essentiel, le PH-1 est au moins devenu recommandable pour ceux qui n’ont pas peur d’essuyer les plâtres. Mais nous vous en dirons plus lors de notre test complet à paraître !