DxO, DisplayMate : les tests qui décortiquent les performances d’un appareil photo ou d’un écran de smartphone, on aime ça. Néanmoins, si ces chiffres peuvent avoir leur importance, il est capital de les replacer dans leur contexte.


Le meilleur smartphone de tous les temps de la semaine

Le sujet revient régulièrement, et notamment depuis la rentrée où les nouveaux smartphones haut de gamme se sont suivis de près. Et logiquement, alors que Huawei, Apple, Samsung ou Google (enfin avec l’aide de HTC et LG) se livrent une concurrence acharnée, notamment sur la photo, les tests et benchmark se succèdent, et entrainent un bouleversement constant du trio de tête. Qui est le meilleur photophone  : l’iPhone 8 ? Le Samsung Galaxy Note 8 ? Les Google Pixel 2 et Pixel 2 XL ? Le Huawei Mate 10 Pro ?

La publication du test de l’écran de l’iPhone X par DisplayMate a relancé la guerre de la communication : il s’agit selon le site du meilleur écran jamais intégré à un smartphone. Ceci dans un contexte pas anodin, alors que l’OLED se généralise sur le haut de gamme, et que l’écran du Pixel 2 XL, signé LG, a été vivement critiqué pour son manque de précision, sa teinte bleutée très prononcée quand on ne le regarde pas en face, et la brûlure précoce qui semble se manifester sur certains éléments.

Il est forcément toujours tentant de reprendre ces mesures à des fins marketing. Et là-dessus, pas un pour rattraper l’autre. Phil Schiller a fièrement retweeté le test de DisplayMate, tandis que Google n’a pas manqué une occasion de faire savoir que les Pixel 2 et Pixel 2 XL avaient obtenus une note historique de 98 de la part de DxOMark. On pourrait également parler des résultats AnTuTu ou Geekbench, toujours largement relayés dès qu’un nouveau modèle arrive.

Des indicateurs d’évolution technlologique importants

Et en soi c’est assez sain. Il y a une vraie curiosité de geek à savoir qui est le plus performant, et un besoin de disposer de chiffres pour appuyer cette opinion. Et ces tests ou benchs donnent une information intéressante pour nous situer dans l’évolution des composants. Qu’un SoC mobile obtienne des résultats supérieurs à ceux d’une puce pour ordinateur portable, qu’un écran de smartphone parvienne à une précision colorimétrique digne des meilleurs, qu’un petit capteur photo permette de se substituer de plus en plus à un appareil dédié, ce sont d’excellentes nouvelles.

Il est vrai, comme certains l’ont fait remarquer, qu’on ne fait pas de Photoshop sur un iPhone X. Néanmoins, on ne gagne rien non plus à utiliser un écran aux couleurs complètement fausses et si un constructeur peut relever la barre, il va inciter les autres à la franchir eux aussi, et tout le monde y gagnera.

Comprendre le contexte

Néanmoins, il y a une chose pour laquelle ces tests ne servent à rien, à moins de comprendre leur contexte et leur détail : déterminer si tel produit est meilleur qu’un autre, et lequel on doit acheter. Le score général d’un test comme DxO, comme l’a très bien évoqué MKBHD, ne reflète pas forcément les points précis sur lesquels on préfère un produit plutôt que l’autre, points révélés uniquement par la lecture de l’intégralité du test.

Un terminal excellent en faible luminosité peut très bien être moins bon pour les portraits ou pour la vidéo, et selon ses préférences et ses besoins, cela compte beaucoup plus qu’une note globale qu’il est plus facile de placer sur une diapositive ou dans un tweet, mais qui n’informe finalement pas plus le consommateur.

Et ce qui est valable pour DxO l’est aussi pour DisplayMate : on peut très bien préférer un écran pour certaines qualités révélées par les notes détaillées même si, au global, la conclusion du site va en faveur de tel ou tel modèle. De même qu’il m’est souvent arrivé d’acheter un disque ou d’aller voir un film même si ses critiques étaient « négatives », parce que dans les arguments déployés, j’y trouvais moi-même mon compte. Et du point de vue d’un achat, c’est finalement le plus important.