Android Oreo Go Edition promet une version allégée d’Android pour les terminaux aux performances modestes. Pensé avant tout pour les marchés émergents, il serait néanmoins plus que pertinent pour le grand public dans sa globalité !


Un Oreo allégé

Malgré toutes les raisons que l’on peut avoir de se moquer de la devise « Don’t be evil » de Google, il est quelque chose que l’on ne peut nier : l’engagement de la firme de Mountain View envers les marchés émergents, et les initiatives qu’ils prennent pour adapter leurs technologies en prenant compte des spécificités de ces marchés. Android Oreo Go Edition fait partie de ces initiatives et c’est une très belle idée. Créer une version allégée d’Android 8.1 Oreo, à destination des téléphones les plus modestes côté spécifications techniques, équipés par exemple de processeurs de MediaTek qui mise sur cette déclinaison.

Android Oreo Go Edition promet ainsi un lancement plus rapide de 15% pour les applications, un système capable de s’exécuter de manière fluide avec 512 Mo ou 1 Go de mémoire vive, et occupant beaucoup moins d’espace, ce qui permet de l’installer sur des smartphones au stockage limité. Vous savez à quoi me fait penser cette description ? À une version d’Android dont j’aimerais beaucoup qu’elle soit LA version d’Android, ou en tous cas qu’elle se généralise sur l’entrée de gamme. Pas forcément pour nous autres technophiles qui avons des exigences difficiles à satisfaire avec un OS minimaliste. Mais pour pouvoir enfin recommander sans hésitation des terminaux pas chers à nos proches, sans avoir l’impression de leur faire acheter quelque chose de trop lourd et trop compliqué, la place est à prendre.

L’Android rêvé pour nos proches pas geek ?

J’ai bien entendu conscience que pour arriver à cette rapidité et cette légèreté (qu’il faudrait tout de même tester réellement), cela doit impliquer des sacrifices. Sur ce sujet, Google se montre peu clair, ce qui n’a rien d’étonnant. En se basant sur les informations déjà publiées, qu’est-ce qui manque réellement pour l’usage basique d’un smartphone ? Même pas Google Assistant : il est présent via une version « Go » dont on ne connaît, là encore, pas les limitations.

La suite d’applications Go propose des fonctionnalités des plus intéressantes, mettant notamment l’accent sur la consommation limitée en données, grâce à des fonctionnalités de mise en cache. La sécurité est au rendez-vous, le Play Store affiche en priorité les applications recommandées pour des terminaux aux performances limitées, et l’interface simplifiée a été pensée pour les néophytes. Bref, tout ce qu’il faut pour un utilisateur non initié qui souhaite profiter d’un smartphone sans en épouser toutes les complexités.

Les priorités d’Android Oreo Go devraient, à vrai dire, être les priorités de tout système d’exploitation qui se respecte. Si j’ai parlé plus haut de Windows Phone, c’est justement pour rappeler que le défunt OS mobile de Microsoft était pensé à la base avec ces priorités en tête. Windows Phone pouvait tourner de manière fluide sur les smartphones les plus modestes. Avec toutes les limitations que cela entraine bien sûr. Pour autant, un terminal comme le Nokia Lumia 530 était pertinent en entrée de gamme où les besoins sont différents.

Viser le prochain milliard

Le « prochain milliard » d’utilisateurs de smartphones visé par Google avec Go est une intention louable. Et l’analyse des besoins de ce milliard d’utilisateurs est sans doute pertinente. Une bonne partie du milliard déjà converti pourrait néanmoins profiter de cet Android allégé, qui aurait tout à fait sa place sur des nouveaux terminaux d’entrée de gamme comme le Nokia 2.

Si on doute de sa capacité à faire tourner le « vrai » Android vu sa fiche technique, Go serait sans doute taillé pour ce petit appareil, tout comme des initiatives dans la lignée du Jelly. Le besoin d’une vraie offre d’entrée de gamme légère, simple d’utilisation et sûre existe plus que jamais, et Android Oreo Go, s’il s’avère à la hauteur de ses prétentions, pourrait en être l’expression.

Android Oreo Go est certes réservé aux pays émergents, mais il aurait tout à fait sa place aussi dans les contrées dites « développées » où il existe aussi des consommateurs plus modérés. Reste à espérer que cette version allégée de l’OS se déploie d’avantage pour atteindre, entre autres, la France et l’Europe.