Votre smartphone n’aura peut-être pas droit à Android Oreo, et ça n’est pas si grave en vérité. À condition qu’il ait toujours les faveurs de son constructeur sur l’ajout de nouvelles fonctionnalités et les mises à jour essentielles pour sa sécurité.

Le Honor 8 privé d’Oreo

Sorti en 2016, le Honor 8 reçoit une mise à jour qui lui apporte EMUI 8, enfin certaines fonctionnalités de EMUI 8… Mais pas Android Oreo ! On peut trouver cela contradictoire alors que, généralement, une nouvelle version majeure de la ROM était liée à une nouvelle version d’Android. On peut même trouver cela un peu révoltant, qu’un smartphone sorti il y a un peu moins de deux ans soit déjà privé de mise à jour majeure d’Android. Et repasser en revue les arguments sur la fragmentation d’Android, qui empêche la dernière version de l’OS de dépasser un pourcentage ridicule dont Tim Cook va se moquer au prochain keynote Apple.

Une petite mise en perspective s’impose. D’abord, sur la sacro-sainte adoption des dernières versions d’iOS, les chiffres semblent indiquer qu’elle a du plomb dans l’aile. Les facteurs sont multiples et la peur de la mise à jour de trop n’explique pas tout. On ne peut toutefois pas nier ce facteur et on l’a vu avec l’affaire du « batterygate » : les mises à jour iOS ont de plus en plus mauvaise presse. Leçon à méditer.

Mises à jour : la crise de confiance

Parce qu’au fond, qu’est-ce qui provoque cette défiance ? Le fait qu’une mise à jour système intègre, dans le monde Apple, absolument tout : les mises à jour de sécurité, les nouvelles fonctionnalités du système et les nouvelles versions de toutes les apps maison. Et qu’est ce que l’on attend d’un smartphone quand on l’achète ? Qu’il bénéficie avant tout (j’espère pour vous) de mises à jour de sécurité, que les applications évoluent – c’est quand même appréciable – et qu’il n’ait pas l’air, au bout de deux ans, d’un produit abandonné alors que le nouveau fleuron du constructeur a droit à toutes les nouvelles fonctionnalités.

Eh bien, rappelons-le : aucune de ces trois requêtes ne nécessite un changement de version d’Android. OK, certaines versions sont plus majeures que d’autres. Comme on l’a déjà évoqué précédemment, nombre de terminaux ont vu, par exemple, leur autonomie bénéficier du mode d’économie d’énergie de Marshmallow. Nougat apportait son lot d’améliorations, sur les notifications ou l’utilisation de deux applications côte à côte.

Mais ça, je pouvais le faire depuis Android 4.1 sur mon Galaxy S3 (avec un nombre plus réduit d’applications, certes). Et de Samsung à Sony, nombreux sont les constructeurs qui avaient déjà développé leur propre mode d’économie d’énergie, parfois très efficace comme le mode Stamina des Xperia.

2018 : et surtout la sécurité !

C’est pourquoi, même si on aimerait pouvoir disposer de mises à jour Android plus réactives, fréquentes et pérennes, le plus important, aujourd’hui, est surtout de rester à jour côté sécurité – la réussite des constructeurs en la matière est variable – et des dernières versions des applications, problème réglé depuis des lustres par les Google Play Services. Pour le reste, 2018 et la sortie de smartphones compatibles Project Treble de plus en plus nombreux nous informera sur l’efficacité réelle de cette initiative qui, rappelons-le, n’a rien de contraignant. Alors que les soupçons « d’obsolescence programmée » fusent, il serait bon que les constructeurs concentrent leurs efforts sur ces mises à jour cruciales et surtout sur une communication claire sur la durée du support de leurs terminaux.