Alors que Apple Pay étend sa compatibilité, Google Pay arriverait prochainement en France. Le paiement via son smartphone apporte un certain confort. Mais ne donne-t-on pas plus à Google ou Apple que ce qu’ils nous apportent ?


Le sans contact : déjà une réalité en France

Google Pay arriverait bientôt en France. On ne sait pas encore comment ni exactement quand, et encore moins dans quelle banque. Mais ce serait pour avril et l’application est disponible sur le Play Store, ce qu’on peut interpréter comme un signe. En tous cas, cela viendrait à point nommé pour Google puisque plus d’un an et demi après son arrivée en France, Apple Pay a fini par ajouter une nouvelle banque majeure, la Société Générale, à la liste des organismes compatibles, qui reste assez limitée.

Les solutions de paiement sans contact n’ont rien de nouveau en France, et c’est sans doute ce qui minimise l’impact de l’arrivée des solutions « maison » d’Apple et Google. Contrairement aux États-Unis où même la carte bancaire à puce a mis longtemps à faire son entrée, on peut au moins admettre qu’en Europe, nous sommes plutôt bien lotis. Nous avons déjà des cartes bancaires sans contact et les banques n’ont pas attendu les géants de la mobilité pour proposer leur solution sur smartphone.

Une solution  » Plug and Pay « 

Alors quel peut bien être l’intérêt de passer à Google Pay ? Principalement le confort d’une solution native. Y a-t-il une différence fondamentale entre utiliser Apple Pay et payer avec sa carte bancaire sans contact ? On pourrait même dire que le processus est plus compliqué. Une fois Apple Pay installé, il faut approcher le téléphone du terminal de paiement, s’authentifier via TouchID et FaceID, puis approcher à nouveau le smartphone. Dans l’absolu, on se dit qu’on gagne autant à utiliser directement la CB.

Sauf qu’il faut la trouver, dans un portefeuille qui n’est peut-être pas accessible, en tous cas dans la plupart des cas moins accessible que votre smartphone, ou même votre montre dans le cas d’Apple Pay. D’ailleurs si Google n’a pas complètement abandonné Android Wear, le paiement via la montre, voilà une fonctionnalité qui serait toujours bonne à prendre !

Et il faut avouer que si l’intégration est au niveau, ce qui est le cas d’Apple Pay (Google Pay n’a pas l’air bien différent), cela devient rapidement un réflexe. En fait, c’est presque trop facile et impulsif. Pourtant, sans le savoir, les limites sont plus nombreuses qu’on le pense. Pour prendre l’exemple de l’implémentation d’Apple Pay à la Société Générale, par exemple, seul le réseau français CB est actuellement pris en compte. Donc, pas de paiement à l’étranger et pas de paiement en ligne avec un numéro de carte virtuelle. Et donc, même en ayant la chance de voir sa banque adopter l’une de ces solutions, on n’est pas sûr qu’elle soit proposée dans son intégralité.

Google et Apple dans vos portefeuilles

Et du coup, on se demande ce que l’on gagne, pour tout le contrôle qu’on laisse à un intermédiaire comme Apple ou Google. OK, payer avec son smartphone c’est le futur et un portefeuille, c’est so 2016. Mais il va y avoir un moment où vous aller devoir payer un commerçant qui n’est pas complètement compatible avec l’un ou l’autre, voire qui ne propose pas de sans contact du tout. Et donc, vous aurez toujours besoin de votre carte bancaire, et de votre portefeuille.

Le jour où Google ou Apple auront complètement remplacé cet accessoire qui prend de la place dans votre sac, on en verra l’intérêt. Mais qui veut ça, vraiment ? Sans rentrer dans la parano et imaginer un système à base de Google Health, Apple Passport ou Samsung Metro, se poser la question de mettre encore plus de données et d’habitudes de consommation dans les mains de géants qui, à n’en pas douter, en feront un usage bienveillant, n’est sans doute pas inutile.