Quel bilan tirer du Mobile World Congress ? Dans un marché des smartphones de plus en plus saturé, il pourrait y avoir des victimes. Et ceux qui briguent les places restantes ne sont pas forcément ceux sur qui on aurait misé il y a quelques années.


Un podium inchangé, mais pour combien de temps ?

Le Mobile World Congress est un moment fort en matière d’annonces de smartphones. Enfin plus si fort que ça, justement, on y revient. Mais c’est aussi une photographie intéressante du secteur de la mobilité. Alors que nous dit l’édition 2018 du salon ?

Déjà, que deux des trois plus gros fabricants de mobiles le snobent complètement comme s’il n’existait pas (Apple, bien entendu) ou ne l’utilisent que comme plateforme de teasing pour de futures annonces. Si Huawei avait dérogé à ses habitudes en 2017 pour y présenter son P10, il reprend son propre agenda pour le P20, tout en occupant le terrain médiatique du salon avec une petite sortie bien sentie de Richard Yu, qui voit Huawei comme l’un des rares survivants du secteur à plus ou moins long terme, en s’imaginant même passer devant Apple, voire faire tomber Samsung de la première place. Leader tranquille, Samsung assure sa domination avec un Galaxy S9 sans surprise, mais dont les premiers tests sur la photo ou l’écran semblent confirmer l’excellence.

Trouver sa place parmi celles qui restent

Et comme Richard Yu pourrait ne pas avoir tout à fait tort dans son analyse, il nourrit des ambitions pour les places restantes. Sony a ses chances, mais il continue de jouer sur les deux tableaux : concurrent et fournisseur. D’un côté, il présente deux nouveaux fleurons, les Xperia XZ2 et XZ2 Compact qui nous séduisent clairement, surtout le second qui continue à occuper un créneau unique de haut de gamme petit format.

De l’autre, il nous rappelle que son salut, sur la mobilité, pourrait plutôt venir de son rôle toujours important dans la photo numérique. Les capteurs mobiles de Sony, synonymes d’excellence, continuent à trouver leur place dans les modèles haut de gamme des concurrents, et notamment dans l’iPhone, le marché le plus juteux en matière de composants. Son futur double capteur capable de monter jusqu’à 51 200 ISO en photo et 12 800 ISO en vidéo nous a impressionné par ses capacités en faible luminosité. De quoi assurer les arrières.

L’histoire la plus fascinante du salon est sans aucun doute celle de Nokia, qui a confirmé son retour gagnant de 2017. Et si Huawei se voit n° 1, HMD lui prendrait bien sa médaille de bronze. Avec un focus sur l’entrée et le milieu de gamme et un quasi-sans-faute pour le côté « Android pur » et les mises à jour, Nokia est en train de réaliser un joli coup. Mais plus que ça, il montre la tendance à venir, celle qui fait que certains vont avoir du souci à se faire.


Concours de copies de l’iPhone X

Le mouvement de Nokia ou Xiaomi vers Android One, le nombre grandissant de terminaux compatibles Treble, et la percée d’Android Oreo Go Edition vont rallonger la durée de vie des smartphones, sur un marché où la tendance est déjà à la baisse. Pour se démarquer, il va falloir s’appeler Samsung, Apple ou peut-être Huawei et avoir la capacité de sortir des modèles très haut de gamme à forte marge. Et ça, ça nécessite de la R&D. Ou trouver une niche, et faire preuve d’agressivité. Comme on l’a dit précédemment, c’est surtout pour les HTC, LG et autres Lenovo que l’on voit l’avenir s’obscurcir.

Pour eux et pour les innombrables Chinois qui, cette année, semblaient faire un concours de la meilleure (ou de la pire) copie de l’iPhone X. À ce jeu, Asus tire son épingle avec un Zenfone 5Z, certes pas original, mais au positionnement suffisamment agressif par rapport à ses caractéristiques pour maintenir les chances du Taïwanais, plutôt en bonne position, notamment sur l’entrée de gamme où Asus est numéro 3 en France. Bref, il va y avoir du ménage en 2018 et 2019, et d’un côté, ce ne sera pas plus mal !