Ça a toujours été le cas et ça le sera très certainement encore pendant longtemps : le monde des nouvelles technologies fait rêver avec ses superbes innovations. Néanmoins, certaines d’entre elles ont la fâcheuse tendance à se faire beaucoup trop attendre. En voici quelques-unes qui savent se faire désirer et qu’on devrait encore voir en démonstration au CES 2018.

Le monde de la technologie est merveilleux. Il fait rêver des millions de personnes, façonne les sociétés de demain et sert de vitrine à l’ingéniosité humaine dans toute sa splendeur. Voilà pour le discours rêveur et candide. La réalité est malheureusement moins radieuse.

Soumis à de nombreuses limitations (matérielles, financières…), les constructeurs ne peuvent pas forcément concrétiser tous leurs projets. Néanmoins, pour préserver leur image de marques innovantes et à la pointe de la technologie, ils continuent de promettre monts et merveilles avec de nouveaux produits en test dans leurs laboratoires de R&D. Sauf, que dans un bon nombre de cas, les versions finales de ces prototypes ne sont jamais commercialisées.

Et parmi ces technologies toujours pleines de promesses, certaines deviennent carrément des arlésiennes et refont très souvent parler d’elles lors des grands rendez-vous de la tech. Le salon qui représente le mieux ce phénomène est sans doute le CES. Et alors que l’édition 2018 de cet événement approche à grands pas — elle débute officiellement le 9 janvier prochain —, on s’est dit qu’il serait intéressant de dresser la liste de toutes ces innovations révolutionnaires qu’on nous promet depuis des années et qui reviennent presque inlassablement au salon de Las Vegas.

Les écrans pliables : l’arlésienne ultime

Le marronnier par excellence. Les écrans pliables reviennent régulièrement sur le devant de la scène, notamment au CES. Certains constructeurs, Samsung en tête, travaillent d’arrache-pied sur cette technologie, et cela fait des années que le grand public en entend parler. Cependant, sur le marché, cette innovation se fait toujours attendre.

À titre d’exemple, on se rappelle du projet Youm de Samsung présenté au CES 2012, mais aussi du Galaxy X, le smartphone pliable qui se fait désirer depuis bien longtemps. Ni l’un ni l’autre n’ont pour l’instant abouti. Récemment, un brevet du géant sud-coréen montrait qu’il travaillait sur un écran enroulable, mais si tant est que ce projet voit le jour, il faudra attendre bien longtemps avant qu’il ne sorte sur le marché.

L’autre mastodonte sud-coréen, LG, est lui aussi sur le coup. Au CES 2016 notamment, il avait dévoilé un écran OLED souple de 18 pouces. L’édition 2018 réserve peut-être de nouvelles surprises. On sait par exemple que Lenovo travaille aussi sur des produits similaires, même s’il y a peu de chances que la marque en fasse la démonstration à Las Vegas.

 

Les écrans transparents : on y croit !

On reste dans le domaine des écrans avec encore une autre technologie qui revient très fréquemment au CES : les écrans transparents. Si le concept est très simple à saisir — lesdits écrans, de préférence tactile, deviennent transparents quand ils sont inactifs —, il s’agit d’une véritable prouesse technique.

Panasonic, notamment, a présenté un prototype bien séduisant au CES 2016, avant de revenir à la charge lors de l’IFA de la même année. Mais cela fait depuis encore plus longtemps qu’on entend parler de ce genre de projets. En 2014, par exemple, LG avait également fait une démonstration (mais ce n’était pas pendant le CES).

Sauf qu’aujourd’hui encore, on attend toujours de voir cette technologie se démocratiser en arrivant enfin sur le marché. Mais qui sait ? Notre futur ressemblera peut-être à celui imaginé par Minority Report.

Les hologrammes tactiles : c’est quand même bien cool

Grâce aux films de science-fiction, les hologrammes sont bien entrés dans l’imaginaire collectif. Pour faire simple, c’est une image 3D « suspendue » en l’air qui n’a pas besoin d’écran pour être visible. Ici et là, on entend régulièrement quelques scientifiques et ingénieurs partager leurs avancées sur le sujet.

Mais au-delà de ça, on entend de plus en plus parler du concept d’hologrammes tactiles. Dès le CES 2014, Panasonic faisait une démonstration de cette technologie. Mais du côté de l’automobile, BMW n’est pas en reste et veut révolutionner les habitacles des voitures de demain avec une interface holographique simulant un retour haptique grâce à des « pulsations ».

Ces hologrammes seront peut-être un jour présents partout. Pour l’instant, on attend encore, même si le RED Hydrogen One doit sortir au premier trimestre 2018 et serait équipé d’un écran compatible avec les « médias holographiques »… sans qu’on ne sache encore très bien de quoi il s’agit.

Le lecteur d’empreintes sous le verre : 2018, l’année de la consécration ?

Le lecteur d’empreintes placé sous l’écran. C’est un rêve que partagent beaucoup de fabricants, mais aussi de nombreux utilisateurs. Et qu’on s’entende bien, on ne parle pas d’un scanner placé sur la tranche en dessous de l’écran, mais bien d’un capteur recouvert par la dalle du téléphone. Un moyen d’allier lecteur d’empreintes en façade, esthétisme et agrandissement de la surface utile d’affichage.

Au CES 2016, Qualcomm avait marqué une belle avancée en présentant le LeTV Max Pro doté, entre autres, d’un Snapdragon Sense ID. Ce capteur d’empreintes dévoilé quelques mois plus tôt au MWC 2015, a la particularité de réaliser une capture 3D de l’empreinte digitale. En théorie, cela permettra au scanner de fonctionner même si une couche de verre le sépare du doigt de l’utilisateur.

La technologie n’est cependant pas encore assez puissante pour que cela fonctionne vraiment (sur le LeTV Max Pro, le capteur était d’ailleurs situé à l’arrière). Le Sense ID sert aujourd’hui surtout à déverrouiller son téléphone avec les doigts humides ou gras, comme c’est le cas sur le Xiaomi Mi 5s. Il faudra donc attendre encore quelque temps avant de pouvoir profiter du lecteur placé sous l’écran, peut-être avec le Samsung Galaxy Note 9 ? Notons aussi que Synaptics aussi devrait aboutir à un résultat viable en 2018.

Les drones autonomes de transport : on attendra encore longtemps

D’aucuns adorent imaginer les véhicules de transport de demain. On mentionne évidemment très souvent les voitures autonomes, mais certains penseront aussi aux drones autonomes de transport. Au CES 2016, une entreprise chinoise dévoilait l’Ehang 184 qui promettait d’emmener un passager unique d’un point A à un point B. Depuis, plusieurs tests ont été menés, mais on attend encore la concrétisation.

Au CES 2018, c’est le Workhorse Surefly qui fera son premier test en vol. Et ce drone-ci peut accueillir deux passagers. Certes, finalement, ça ne fait que deux ans qu’on attend, mais il reste encore à savoir quand ces appareils finiront par conquérir nos cieux. Et il serait sans doute judicieux de ne pas miser sur le court terme.

On espère pouvoir revoir toutes ces technologies au CES 2018. Par ailleurs, elles finiront certainement par arriver, un jour ou l’autre, sur le marché. Ce sera l’occasion de se rappeler de la longue période pendant laquelle elles se sont fait désirer. Et on se dira alors que tout vient à point à qui sait attendre.