Les prochaines évolutions des écrans tactiles de nos smartphones concernent très certainement la démocratisation des écrans 4K, inaugurés chez le Sony Xperia Z5 Premium. Mais pas seulement, puisque des entreprises telles que Synaptics travaillent sur la manière dont les dalles tactiles répondent aux pressions, notamment grâce aux technologies Force Touch. Retour sur ce que l’on peut attendre pour les prochaines années.

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Synaptics, en tant que tel, ne vous dit peut-être rien. Et pourtant, cette entreprise américaine fait partie des noms à suivre en 2016. Et pour une simple raison : c’est à elle que l’on devra la plupart des écrans Force Touch (ClearTouch, dans son jargon) destinés à équiper les terminaux sous Android. Plutôt en forme, l’entreprise a d’ailleurs vu ses actions monter en flèche lors de l’annonce de la publication de ses résultats financiers le 28 juillet prochain, preuve s’il en est qu’elle inspire la confiance, 30 ans après sa création.

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Un écran Force Touch est intégré au ZTE Axon Mini.

Pour rappel, Synaptics mise sur des contrôleurs tactiles à intégrer à des écrans, permettant à ces derniers de repérer plusieurs niveaux de pression. C’est ainsi que sur des dalles Force Touch, il est possible de cliquer de manière classique sur une icône pour ouvrir l’application correspondante, ou d’appuyer plus fermement, afin d’ouvrir un menu contextuel. C’est très exactement ce que proposent les derniers iPhone 6s et 6s Plus, ou encore le ZTE Axon Mini.

Cependant, il faut bien noter que cette technologie n’est pas multitouch : elle ne reconnaîtra que la pression d’un seul doigt. Et elle se développera dans le courant de l’année 2016, présente probablement sur les flagships des grands constructeurs, à l’image du Samsung Galaxy S7 ou du Sony Xperia Z6. Sans oublier le Huawei Mate S Press Touch, sorti sur Vmall en décembre 2015, et appelé à être livré ce mois-ci.

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Des écrans Force (multi-)Touch

Et pour la suite ? Nous avons rendu visite à l’équipe de Synaptics, à l’occasion du CES, où l’entreprise montrait les différents concepts qu’elle espère mettre en œuvre ces prochaines années, voire dès 2017. Andrew Hsu, le responsable de ces innovations, nous a ainsi montré ce qu’il espère être l’avenir des technologies Force Touch : leur version multitouch. Pour l’heure, il s’agit de permettre à l’utilisateur de presser un écran de smartphone ou de tablette avec deux doigts, différents niveaux de pression étant reconnus pour chacun. Il s’agit notamment d’enrichir l’expérience de jeu, par exemple pour des jeux de course où il est possible d’accentuer un virage d’un doigt, et la vitesse de l’autre.

Cette technologie est actuellement intégrée dans divers prototypes, dont un Nexus 5 transformé pour l’occasion (et rebaptisé Stelvio 5), dans lequel Synaptics a intégré à la fois un prototype d’écran tactile ClearForce et un circuit intégré maison dédié aux réponses tactiles. Synaptics espère bien que d’ici 2017, son concept franchira l’étape de la commercialisation.

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Dans les volants et les écrans, des capteurs pour voitures

Synaptics planche également sur le domaine de l’automobile, à divers points de vue. À la manière du ClearForce pour smartphones, l’entreprise cherche à déployer ce Force Touch pour des tableaux de bord intégrés, qui permettraient notamment de zoomer dans une carte en appuyant fortement, et présente un exemple d’interface de navigation sur un écran tactile. Un effleurement permet ainsi de balayer les différentes icônes, quand un appui long ouvre l’application associée, ce qui permet théoriquement de limiter les erreurs qui peuvent déconcentrer le conducteur.

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L’heure est également à la voiture autonome. Et de ce point de vue, Synaptics fourmille d’idées. Il n’est pas uniquement question d’écrans pour l’Américain, dont la spécialité concerne les capteurs. Il imagine ainsi un volant truffé de capteurs, et détectant si l’utilisateur tient bien ses mains à plus ou moins 10h10. L’idée, selon le constructeur, est de vérifier si, dans le cadre de voitures autonomes ou semi-autonomes, le conducteur est bien en mesure de reprendre le volant en cas de besoin. C’est d’ailleurs une obligation légale en France à l’heure actuelle.

Synaptics montre ainsi une interface pour machines dont le concept prend le nom de Ventoux : preuve s’il en est que l’entreprise est prête à gravir des sommets.

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