Qualcomm et Microsoft ont profité mardi matin de la conférence inaugurale du Snapdragon Tech Summit pour officialiser les deux premiers ordinateurs reposant sur la plateforme Snapdragon 835. Nous les avons utilisés quelques minutes, et vous livrons nos premières impressions.

Asus NovaGo

L’Asus NovaGo est le premier PC de série « always connected » à avoir été présenté. Il s’agit d’un ordinateur portable au design quelconque, avec une coque en plastique gris, qui mise sur son autonomie record (batterie de 52 Wh, 22 heures de lecture vidéo annoncées) et sur son prix raisonnable (600 à 800 dollars selon la quantité de mémoire vive et de stockage).

Le NovaGo dispose d’un écran IPS Full HD (1920 x 1080 pixels) de 13,3 pouces. La qualité d’image est satisfaisante, mais les bordures sont larges. Il est tactile, car il est monté sur une charnière à 360°, qui permet de le basculer en mode tablette. Mais l’appareil est trop imposant pour cet usage, avec son épaisseur de 14,9 mm et son poids de 1,39 kg.

L’appareil est compatible Windows Hello, mais seulement avec la reconnaissance d’empreinte digitale, pas avec la reconnaissance faciale.

En somme il s’agit d’un ordinateur portable d’entrée de gamme, épais et pas particulièrement léger pour la catégorie, pas du tout aussi gratifiant qu’une tablette en aluminium au même prix.

Il offre enfin une connectique complète, résumée dans la fiche technique ci-dessous :

  • SoC Qualcomm Snapdragon 835
  • Modem Qualcomm Snapdragon X16 (Gigabit LTE) + eSIM + nanoSIM
  • 4 ou 8 Go de mémoire vive
  • 64, 128 ou 256 Go de stockage
  • Écran tactile IPS Full HD de 13,3 pouces
  • 2 x USB 3.1 Type-A
  • 1 x microSD
  • 1 x HDMI
  • 1 x jack 3,5 mm

HP Envy x2

Le HP Envy x2 s’adresse quant à lui aux professionnels et aux entreprises. Il s’agit d’un 2-en-1, c’est-à-dire d’une machine utilisable sous la forme d’une tablette, ou d’un ordinateur portable plus conventionnel si on y adjoint le clavier détachable.

À l’inverse d’Asus, HP a communiqué une date de sortie, mais pas de prix. On sait seulement que cet Envy x2 sera disponible au printemps 2018. Lors d’un échange en petit comité, un porte-parole de HP nous a néanmoins affirmé que l’appareil aurait un positionnement haut de gamme.

Et en pratique, le HP Envy x2 est effectivement beaucoup plus enthousiasmant et beaucoup mieux fini que l’Asus NovaGo. Il s’agit d’une tablette en aluminium, dont le châssis monocoque de 6,9 mm et de 700 g renferme une batterie de 48 Wh, qui lui confère une autonomie de 20 h en lecture de vidéo.

On peut donc y adjoindre un clavier (rétroéclairé) détachable, qui fait aussi office d’étui en cuir et de support. Contrairement à la Microsoft Surface concurrente, la HP Envy x2 n’intègre pas sa propre béquille. C’est bénéfique à son design minimaliste, mais il lui faut donc son étui pour la maintenir à la verticale.

Le HP Envy x2 est lui aussi compatible Windows Hello, mais cette fois par reconnaissance faciale et non par lecteur d’empreinte digitale. Il est aussi compatible Windows Ink avec un stylet à 1024 niveaux de pressions sera proposé.

La connectique est limitée, comme en témoigne la fiche technique ci-contre :

  • SoC Qualcomm Snapdragon 835
  • Modem Qualcomm Snapdragon X16 (Gigabit LTE) + eSIM + nanoSIM
  • 4 ou 8 Go de mémoire vive
  • 64, 128 ou 256 Go de stockage
  • Écran tactile IPS de 1920 x 1280 pixels (ratio 3:2) de 12,3 pouces
  • 1 x USB-C
  • 1 x microSD

Performances

En termes de performances, nous n’avons malheureusement pas pu tromper la vigilance des démonstrateurs pour lancer un véritable benchmark tel que PCMark ou même JetStream. On peut néanmoins affirmer que le Snapdragon 835 rend Windows 10 aussi réactif que sur un ordinateur portable x86 d’entrée de gamme.

Il faut quelques dixièmes de seconde pour ouvrir l’explorateur de fichiers, ce n’est pas aussi instantané que sur des Ultrabook à processeurs Intel Core.

Après avoir lancé le navigateur internet Microsoft Edge avec quelques onglets, Microsoft Word et Microsoft PowerPoint, les machines sont encore fluides, et basculent d’une application à l’autre sans délai. Un véritable multi-tâche dont on ne profite pas sur une tablette iOS ou Android.

Nous n’avons pas pu tester une utilisation intensive néanmoins, or c’est dans ce genre de situation qu’on devrait distinguer un PC ARM d’un PC x86, comme l’a reconnu le porte-parole de Microsoft lors d’une table ronde. En d’autres termes, en matière d’usage, les PC ARM devraient se positionner à mi-chemin entre la tablette et le PC x86.

Il faut rappeler que ces PC Snapdragon exécutent le véritable Windows 10 et de véritables applications Win32. Ils reposent pour ce faire sur une émulation de l’architecture x86. Microsoft nous a expliqué que les DLL et les binaires du système ont été portés sur ARM, si bien que les applications qui reposent sur des API Microsoft s’exécutent quasi intégralement avec du code compilé pour ARM. Pour les autres, le code x86 est porté à la volée à la première utilisation, puis stocké en mémoire vive ou sur le stockage pour une utilisation ultérieure.

À noter qu’il n’y a pas encore d’émulation 64 bits, certaines applications exigeant une telle architecture ne fonctionneront donc pas.

À qui s’adressent les PC ARM ?

Reste à savoir à qui s’adressent ces PC Snapdragon. À première vue, à une population ayant des besoins de productivité, sans pour autant avoir besoin d’une grande puissance de calcul, ou privilégiant une grande autonomie.

Les ordinateurs ARM ne vont pas révolutionner le marché de l’ordinateur portable, ils créent plutôt un segment supplémentaire, entre les tablettes haut de gamme (iPad Pro, Microsoft Surface…) et les Ultrabooks.

Nous vous invitons d’ailleurs à consulter notre comparatif de l’Asus NovaGo (ARM) et de l’Asus ZenFlip (x86).

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