Nokia vient d’annoncer le N9, le premier téléphone officiel sous Meego 1.2 avec une surcouche du constructeur.

Dans le cadre de notre section le monde de la mobilité, nous allons vous parler du premier smartphone Meego qui vient tout juste d’être annoncé. Vous êtes souvent nombreux à nous faire remarquer que nous nous intéressons trop souvent à iOS et nous essayons de corriger le tir.

MeeGo est un système d’exploitation open-source basé sur Linux. Tout comme Android, son objectif initial est d’être utilisé dans les smartphones et plus généralement les appareils mobiles. Mais son côté ouvert, lui permet de s’intégrer dans n’importe quel terminal : netbooks, GPS, smartTV… Le projet est aujourd’hui hébergé par la Linux Fondation. Alors qu’Android repose sur une machine virtuelle (Dalvik), Meego est un « vrai » Linux.

Ce système a été annoncé pour la première fois au MWC de 2010, dans une conférence commune entre Intel et Nokia. L’objectif était de réunir Moblin et Maemo. Le premier projet était plutôt orienté vers les appareils mobiles et nécessitait un processeur Intel Atom. De son côté Maemo était plutot réservé aux smartphones et aux tablettes : Nokia N800, N810 et N900 notamment.

Le projet est resté peu actif (aucun matériel) pendant un an, car ce n’est que depuis aujourd’hui que le premier smartphone est annoncé. Cela a notamment créé de vives tensions entre les deux marques. Mais le système d’exploitation est toutefois très prometteur, car il a été batti autour de quatre interfaces différentes selon le terminal : pour les netbooks, pour les téléphones, pour les tablettes et pour les systèmes inclus dans les voitures.

Le premier smartphone officiellement sous ce système est produit par Nokia et se base sur la version 1.2 (Harmattan – annoncée le 19 mai dernier). Attention, ce n’est pas le système brut, car Nokia a ajouté sa propre surcouche (propriétaire). Il se nomme le N9 et a pour objectif de faire la transition entre le vieillissant Symbian et le récent Windows Phone 7. Pour rappel, Nokia proposera dès la fin 2011 (production en masse en 2012) son premier smartphone sur ce nouveau système d’exploitation. Selon Stephan Elop, PDG de Nokia, qui s’exprimait au salon CommunicaAsia de Singapour :

« Nous sommes de plus en plus confiants de pouvoir sortir notre premier modèle fonctionnant sous Windows Phone 7 avant la fin de l’année, avec une production de masse en 2012. »

Le N9 est donc ici un modèle tentant de réduire l’hémorragie, même si l’on sait déjà que Nokia est en train de perdre sa place de premier constructeur de téléphones mobiles. Selon Nomura Equity Research, Nokia occupait 25,1% du marché mondial au premier trimestre et devrait chuter à 19,9% au dernier trimestre 2011. Le résultat serait encore plus mauvais avec les smartphones, passant de 25,5% à 13,1%.

Le Nokia N9 (nom de code Lankku) est un smartphone 100% tacile, alors qu’on avait pu voir jusqu’à présent des fuites montrant un clavier coulissant. Le système est donc basé sur des gestures. Par exemple, un glissement dans une applications sur les bords de l’écran, ramène au bureau. Sur sa face avant, il ne possède aucun bouton permettant de contrôler le système. Seuls des touches Volume +/- et ON/OFF sont incrustées sur le côté droit du smartphone. Son positionnement est clairement haut de gamme et s’attaque donc aux smartphones sous Android, à l’Apple iPhone 4 ou encore aux différents modèles sous Windows Phone 7.

Il possède un écran légèrement incurvé de 3,9 pouces, de type AMOLED. Il possède une résolution de 854 x 480 pixels et possède un verre Corning Gorilla Glass, le rendant résistant à la plupart des chocs de la vie quotidienne. La coque est en polyester, solide, quasi-inrayable, uniboy… un bon produit.

Il inclue un processeur simple-coeur ARM Cortex A8, Texas Instruments OMAP3630-1000, que l’on retrouve notamment dans le Motorola Milestone 2, le LG Optimus Black, ou encore le Samsung Galaxy SL. La puce graphique est une PowerVR SGX530. Le tout est associé à 1 Go de RAM.

Sur le dos de l’appareil, on retrouve un appareil photo de 8 mégapixels, avec optique Carl Zeiss et un double flash LED. La lentille est grand angle avec une ouverture à f/2.2. Connaissant la marque, c’est un réel avantage, car les clichés sont d’une bonne qualité. Ce capteur pourra également prendre des vidéos en haute définition en 720p. Sur l’avant, une caméra pourra être utilisée pour faire du chat vidéo.

Il embarque un puce NFC et de 16 à 64 Go de mémoire interne. La connectivité est ensuite classique : Bluetooth 2.1, WiFi et GPS. Il est compatible à la fois avec les réseaux HSPA 14,4 Mbps et HSUPA 5,72 Mbps.

Il mesure 116m x 61m x 7,6m, pour un poids de 135g. L’autonomie annoncée est de 11 heures en conversation GSM, 7 heures en 3G et 50 heure en lecture audio.

Trois coloris seront proposés : noir, cyan et magenta. Pour ce qui concerne le prix et la date de disponibilité, Nokia n’a pas encore donné de détails. Les rumeurs parlent d’une arrivée sur le marché dès le mois prochain.

Le système proposera les applications de Nokia, comme l’Ovi Store ou l’Ovi Maps et des applications pour accéder aux réseaux sociaux comme Twitter ou Facebook. Un navigateur web est inclus et basé sur le moteur WebKit 2 (le même qu’Android). D’ici au lancement, il devrait y avoir des applications et jeux comme Skype, AccuWeather, Foursquare, Vimeo, AP Mobile, Angry Birds, Galaxy On Fire 2 ou encore Real Golf.

Voici une prise en main du Nokia N9 :

L’achat d’un tel smartphone peut-il être intéressant dans la mesure où certaines pensent que ce N9 serait le seul et unique modèle sous ce système d’exploitation ? L’écosystème ne va-t-il pas être trop mince et ne pas intéresser les développeurs ?

Source : Business Mobile