ARM a profité du Computex, un salon d’électronique, pour dévoiler une nouvelle microarchitecture qui équipera nos appareils mobiles dans les années à venir.

Cette semaine ouvre le Computex, un salon situé à Taiwan et spécialisé dans l’électronique et l’informatique. C’est en général un salon idéal pour les fabricants de PC qui souhaitent annoncer les produits qui seront en rayon à la prochaine rentrée des classes. C’est aussi l’occasion pour les concepteurs de composants de vendre leurs technologies.

C’est le cas de ARM qui annonce cette année deux nouveaux coeurs, que les fabricants de processeurs ARM pourront utiliser, les Cortex-A75 et Cortex-A55.

Alors que nos smartphones sont déjà assez puissants pour faire tourner n’importe quel application ou jeu mobile, comment les marques peuvent-elles justifier un besoin supplémentaire de puissance en 2017 ? Deux tendances se dessinent cette année.

Un processeur mobile assez puissant pour un PC portable ?

D’abord il y a la possibilité d’utiliser son smartphone comme un PC, on l’a vu avec Samsung DeX. Surtout, ARM voit d’un bon œil le projet de Microsoft de faire tourner la version complète de Windows 10 sur des processeurs ARM comme le Snapdragon 835.

La firme britannique, rachetée par le japonais Softbank il y a un an, veut faire du Cortex-A75 le processeur idéal pour être intégré dans un ordinateur portable. D’après la firme, le Cortex-A75 propose un boost de performance entre 20 et 50%, à consommation égale, et une meilleure gestion du multicoeur, ce qui serait suffisant pour une utilisation dans un ordinateur.

L’intelligence artificielle en ligne de mire

L’autre usage à la mode, au centre de la conférence Google I/O 2017 et de la Build de Microsoft, c’est l’intelligence artificielle et le machine learning (apprentissage automatique).

Cet usage particulièrement présent dans les appareils mobiles et l’IoT devient donc un cheval de bataille d’ARM. La firme annonce avoir intégré des instructions spécifiques à l’IA qui lui permettrait de multiplier les performances de ces processeurs par 50 dans les 5 ans à venir. Une première version d’ARM Compute Library, une collection de fonctions déjà programmées par ARM pour ses puces, permet une multiplication de 10 à 15 des performances concernant l’IA sur les puces ARM existantes.

En plus du Cortex-A75, ARM annonce également une nouvelle puce graphique, la Mali-G72 qui est conçue spécifiquement pour les nouveaux usages que sont la réalité virtuelle et le Machine Learning.

 

ARM DynamIQ : big.LITTLE 2.0

Depuis son annonce en 2011, l’architecture big.LITTLE d’ARM a rencontré beaucoup de succès. Elle permet pour rappel de mélanger de façon paritaire des cœurs puissants, qui s’occuperont des tâches demandant beaucoup de performances, et des cœurs plus économes, qui économiseront de l’énergie et s’occuperont des routines demandant moins de performances.

Avec ARM DynamIQ, la marque propose aux fabricants d’aller plus loin et casse la parité de l’architecture. Désormais, les fabricants pourront par exemple intégrer un coeur Cortex-A75 et 7 coeurs Cortex-A55. D’après ARM, cette nouvelle solution devrait dynamiser le marché milieu de gamme avec de nouveaux SoCs proposés aux fabricants.

Quand doit-on attendre les premières machines ?

ARM annonce avoir déjà vendu des licences de DynamIQ, Cortex-A75 et Cortex-A55 à plus de 10 fabricants de processeurs. Il faut maintenant attendre de voir les fabricants comme Huawei ou Qualcomm sortir leurs solutions. La marque britannique n’attend pas les premiers appareils équipes de ces technologies avant le début de l’année 2018.