Amazon poursuit l’aventure Kindle Fire avec ce nouvel opus baptisé HDX. En successeur de la Fire HD, ce nouveau modèle doit rattraper une concurrence en perpétuel mouvement. Pari réussi ?

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Au moment de prendre en main la dernière tablette d’Amazon, la Kindle Fire HDX dans sa version de 8,9 pouces qui sort tout juste aujourd’hui, il faut faire fi des griefs du système mercantile imposé par le géant américain du e-commerce. Déjà évoqué lors du test de la précédente mouture de cette tablette, le système d’exploitation baptisé Fire OS de cette Kindle Fire HDX s’appuie sur une version d’Android 4.x entièrement modifiée par les ingénieurs de la firme américaine. D’ailleurs, il y a quelques jours à peine, Amazon a mis à jour son OS en version 3.1 avec quelques correctifs et l’apport de deux nouveautés non supportées en France : Goodreaders et second screen. Dommage.

Dans les faits, cela se traduit par une absence totale de tout l’écosystème de Google, que ce soit son Play Store, et ses services comme Google Maps, Google+ et bien d’autres. En outre, l’interface graphique est aux antipodes de ce que l’on peut connaitre sur les Nexus 7 et 10 par exemple mais aussi sur les autres tablettes personnalisées également sous Android. Néanmoins, Amazon n’en oublie pas les quelques remarques que les testeurs ont pu lancer à l’encontre de la Fire HD lancée en septembre 2012, pour corriger le tir avec la nouvelle Fire HDX.

Un hardware haut de gamme

A l’intérieur de cette tablette de 8,9 pouces donc, on trouve les derniers composants à la mode comme le SoC Qualcomm Snapdragon 800, une puce mobile dotée de quatre coeurs cadencés à 2,2 GHz épaulés par 2 Go de RAM. Même chose du côté de la dalle tactile 10 points, qui fonctionne par ailleurs sans problème notable, affiche une définition de 2560 x 1600 pixels, soit une résolution de 339 ppp. De très bonne facture ici, l’écran est le premier élément sur lequel on pose les yeux. Et aux nombres d’heures que l’on accordera à sa tablette, ce point est assez important, notamment pour la lecture de livres numériques, les vidéos que l’on transférera dessus et bien sûr les milliers de pages web consultées sur le navigateur maison nommé Silk.

ModèleKindle Fire HDX 8,9"
Système
d'exploitaiton
Fire OS 3.1
Taille d'écran8,9 pouces
Définition2560 x 1600 pixels
TechnologieIPS-LCD
Densité de pixels~339 ppp/ppi
Solution de traitement
contre les chocs et les rayures
Non
SoCSnapdragon 800
ArchitectureKrait 400
Nombre de cœur4 (quadri-cœur)
Fréquence2,2 GHz
Gravure28 nanomètres
Puce graphique (GPU)Adreno 330 à 400 MHz
Mémoire vive (RAM)2 Go
Mémoire Interne (ROM)16 Go
Support micro-SDNon
Webcam720p
Appareil photo8 mégapixels
Wi-FiOui, normes a, b, g, n (Dual-band)
BluetoothOui, 4.0 (EDR, A2DP)
GPSNon
NFC (Near Field
Communication)
Non
CapteursAccéléromètre, Gyroscope, Luminosité, Rotation
Ports
(entrées/sorties)
micro-USB 2.0 (SlimPort)
mini-Jack audio de 3,5 mm
BatterieN.C
Dimensions231 x 158 x 7.8 mm
Poids374 grammes
CouleurNoir
Prix379€ avec la publicité

Côté stockage, Amazon propose sa tablette selon trois tailles de stockage avec 16, 32 ou 64 Go de mémoire interne occupé en partie par le système d’exploitation et les applications que l’utilisateur agrémentera à loisir avec son propre contenu vidéoludique. Attention, il n’est pas possible de glisser une carte microSD. Exit donc l’extension de mémoire si l’on a vu un peu trop juste au moment de l’achat.

« Piquant ou pas piquant ? »

Il faudra aussi composer avec les autres options disponibles lors de la commande avec, au choix, une version affichant de la publicité pour du contenu d’Amazon – cela va de soi – sur l’écran de déverrouillage, ou sans, mais au prix de 15€ de plus sur la facture. Ainsi, la tablette de 16 Go est vendue au prix d’appel – avec publicité – pour 379€. Un bon prix, au regard des caractéristiques techniques annoncées.

Mais le hardware ne fait pas tout. Même si la puce qui anime la Fire HDX est véloce – on n’en a jamais douté comme en témoignent les quelques benchmarks lancés -, on a tout de même pu noter quelques ralentissements lors du chargement de pages web un peu lourdes tandis que sur des jeux, un peu trop gourmands sans doute, la qualité peut être temporairement dégradée. Avec Asphalt 8 par exemple, le jeu est propre dans son ensemble, mais il a souffert de quelques crénelages d’images lors de nos courses effrénées.

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Au sujet de l’interface proposée avec Fire OS, l’ensemble est cohérent. Mais comme on le notait déjà avec la Fire HD, il n’est clairement pas possible de personnaliser un tant soit peu le carrousel qui recense les applications récemment lancées ou même un simple fond d’écran en remplacement du triste fond noir. Cela se traduit par une prise en main efficace mais aseptisée au possible qui pousse toujours l’utilisateur dans le magasin d’applications d’Amazon pour trouver une nouvelle utilité de sa tablette.

A ce titre, l’AppShop propose quelques titres récents et indispensables pour bien commencer comme le célébrissime Candy Crush Saga ou encore Twitter. Mais avant de télécharger quoi que ce soit, il faut d’abord faire un tour sur les paramètres de la tablette pour enregistrer son compte. De là découle toute une procédure qui se termine par l’enregistrement de sa carte bancaire afin d’activer la « commande 1 click ». Pas moyen d’y échapper.

Sans carte bleue, point de salut…

C’est toute la force d’Amazon, mais surtout son business. Cette fonction totalement indispensable facilitera au maximum le consumérisme impulsif qui se concrétise par le téléchargement de tous les contenus disponibles sur ces différents catalogues comme les livres numériques, la musique ou encore les applications et les jeux. On ajoutera d’ailleurs que l’enregistrement de la carte bancaire est également nécessaire pour les applications gratuites. Ce n’est pas vraiment fair-play.

Met donc ta CB avant de télécharger !

Met donc ta CB avant de télécharger !

Retournons sur des sujets bien plus terre-à-terre avec l’appréciation du format de la nouvelle Kindle Fire HDX et des matériaux utilisés ici. Légèrement plus fine que sa grande soeur, elle a subi une sacrée cure d’amaigrissement. Elle passe ainsi de 567 grammes à 374 grammes. La prise en main est alors meilleure dans cette dernière révision. Puisque l’on parle prise en main, Amazon a fait le choix de placer le bouton d’allumage de la tablette sur la partie arrière gauche, tout comme pour les deux boutons de gestion du volume sur la partie opposée. En posant les mains de part et d’autre de la Kindle, les doigts se posent plus ou moins naturellement dessus. Enfin, c’était l’objectif du constructeur. Mais avec de grandes mains, la recherche des boutons est un peu plus fastidieuse. Le choix peut donc être discutable selon la morphologie de l’utilisateur, surtout quand un bon vieux bouton sur la tranche fait largement l’affaire.

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Toujours dans les mains, la Kindle Fire HDX a également changé sa robe avec une texture un peu plus « peau de pêche » qui attire les traces de doigts comme un aimant. Une partie de jeu finira de l’achever en laissant à côté du gras, un peu de sueur. Les plus maniaques qui enlèveront à coup sûr ces tâches disgracieuses auront du pain sur la planche – sans mauvais jeu de mots. Continuons sur le registre du qualitatif avec cette baguette noire brillante qui trône sur le haut de la tablette (prise dans la largeur) avec en son centre le capteur photo de huit millions de pixels également doté d’un autofocus et d’un flash. L’application photo présente également une option HDR.

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Un mot sur la qualité des photos prises avec ce capteur. Les photos sont propres et la gestion du bruit est correcte. Avec la HDR, il est alors possible de déboucher des zones d’ombre ou encore d’atténuer une source de lumière puissante comme le soleil pour découvrir quelques détails jusque-là cramés. Avec le traitement du Snapdragon 800, le déclenchement est assez rapide.

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On poursuit le tour avec cette fois les extrémités de cette longue baguette où l’on trouve les deux haut-parleurs de la tablette. Le son est correct, mais sans plus. L’épaisseur assez faible (7,8 mm) n’aidant pas, la caisse de résonance n’est pas aussi importante que sur la Fire HD, s’en ressent alors une légère baisse en qualité sur la restitution des basses par exemple. La lecture d’un film est toutefois acceptable si les explosions n’y sont pas légion.

Une tablette Amazon qui en a, mais pour quoi ?

Pour les testeurs que nous sommes, cette tablette nous laisse un peu sur notre faim : impossible de modifier quoi que ce soit sur l’interface, un catalogue finalement assez pauvre en applications par rapport à la concurrence, un second catalogue de contenu numérique tel que les livres et la musique que l’on peut directement acquérir sur l’interface web d’Amazon, pour finir sur une section vidéo des plus désertes. Normal, le service n’est pas encore ouvert en France. Ce sont les principaux reproches que l’on peut faire à l’encontre de ce nouveau modèle.

La Fire HD à gauche, la Fire HDX à droite...

La Fire HD à gauche, la Fire HDX à droite…

Mais attendez, on ne parle finalement que du système d’exploitation ou encore des logiciels gravitant autour de cette Kindle Fire HDX. En effet, il n’y a rien à redire sur la tablette en elle-même. C’est un bon produit que l’on aime avoir entre les mains. La finition est à la hauteur du prix demandé. On en ajouterait presque le bon vieil adage : « On en a pour notre argent », sans que cela soit péjoratif. Amazon peut encore corriger les quelques bugs et ralentissements que nous avons subis tout en gardant cet esprit finalement assez pratique pour une première prise en main de l’informatique nomade.

C’est tout justement la cible de cette Kindle Fire HDX : les clients qui ne veulent pas se prendre la tête avec les transferts de musiques, de photos ou encore de livres puisque tout est dans les rayons virtuels du géant du e-commerce. On gardera tout de même à l’esprit que les futurs clients de la Kindle Fire HDX doivent alors faire uniquement leurs emplettes dans cet immense temple de la consommation numérique. Sans cela, il faudra tenter de brancher la tablette sur son PC pour y transférer ses bibliothèques de musiques, vidéos et photos en croisant les doigts que la tablette ne les régurgite pas violemment.

Test Amazon Kindle Fire HDX 8,9 Le verdict

design
8
La tablette est légère et affirme une certaine rupture avec le précédent modèle. On aime peut-être un peu moins ce revêtement qui se souille un peu trop vite.
écran
9
Cette dalle de 8,9" est d'excellente facture et affiche une définition digne de ce nom pour lire des livres numériques.
logiciel
5
Avec un système sobre mais très (trop ?) orienté vers son catalogue de contenus numériques, il est assez difficile de faire le choix d'un service concurrent après l'avoir acheté. Sans bidouille, il faudra impérativement s'accommoder du choix du géant du e-commerce.
caméra
8
La caméra de 8 millions de pixels est d'assez bonne qualité pour prendre des photos sur le pouce. En revanche, le bruit dans les basses lumières est bien trop présent.
performances
6
Malgré un Qualcomm Snapdragon 800, l'OS pèche dans certains exercices brutaux. Encore une fois, le système mériterait un bon gros ménage des familles.
autonomie
7
Amazon n'a pas fait le choix de communique sur la capacité de la batterie. Les tests réalisés montrent qu'elle tient relativement bien la charge, que ce soit en inactivité ou encore lecture de livres numériques. La recharge est cependant un peu trop longue.
Note finale du test 7/10
D’un côté, les clients assidus d’Amazon s’offriront sans hésiter cette nouvelle tablette de bonne qualité, notamment pour son prix et son hardware de dernière génération. De l’autre, les amoureux d’Android passeront rapidement leurs chemins. En cause, un système bien trop fermé dans une logique qui pousse bien trop souvent à l’achat de contenus numériques dans les rayonnages d’Amazon alors que la concurrence propose pourtant d’autres contenus tout aussi intéressants.
  • Points positifs
    • Ecran IPS bien défini
    • Tablette de bonne qualité
  • Points négatifs
    • Trop de commerce, tue le commerce...