C’était l’une des annonces les plus attendues de cette soirée, et elle aura été le « One more thing » qu’affectionne la Pomme. Son service Apple Music est désormais officiel, et ne fermera pas ses portes aux autres plateformes mobiles.

Apple Music

Le service fait l’objet de rumeurs depuis de longs, très longs mois, notamment depuis le rachat de Beats par la Pomme. Et sans surprise, Apple vient de dévoiler son service de streaming musical, confirmé lors du tout récent Midem, ce salon cannois consacré à l’industrie du disque, par le président de Sony Music. « C’est pour demain », indiquait ainsi Doug Morris à nos confrères de Billboard. C’est donc sur la scène du Moscone Center que Tim Cook et ses comparses ont levé le voile sur un petit nouveau dans l’écosystème pommé. Il ne semble pas vraiment craindre un marché déjà mature, où Spotify domine et où les Deezer, Pandora ou, dans une veine plus élitiste, Qobuz ou Tidal cherchent à se faire une place au soleil. Dans le monde d’Android, Google Play Music (et sa version All Access) perdure avec pour atout la centralisation des options : un catalogue de plusieurs millions de titres accessibles sur de multiples plateformes, la possibilité d’écouter (et de stocker) ses propres titres et le renvoi vers la plateforme d’achat propre à Mountain View.

 

Le Netflix de la musique ?

Qu’aura-t-il de si différent, cet Apple Music ? Rien en ce qui concerne le streaming musical en soi, puisque c’est bien de cela qu’il s’agit, avec la promesse de millions de titres à la clé, s’appuyant vraisemblablement sur le catalogue commercial d’iTunes. En revanche, la Pomme cherche à séduire par un service de curation de contenus qui n’est pas sans rappeler Netflix, dans l’univers de la vidéo : à la première utilisation, l’application demandera ainsi à ses utilisateurs de préciser leurs goûts musicaux, puis affinera ses propositions au fil du temps. On retrouvera ainsi des playlists, des propositions de chansons à écouter après les titres choisis, bref des options très dans l’air du temps.

Apple Music

Un service aux allures de réseau social

L’autre argument phare d’Apple, ce sont les contenus additionnels. Le service de streaming Music inclura deux autres volets accessibles aux personnes qui ne paieront pas d’abonnement : Beats 1 et Connect. Le premier se présente comme une radio en continu accessible partout dans le monde, et diffusée depuis Los Angeles, New York et Londres, censée proposer le meilleur de la musique, mais sans notion de curation de contenus. Quant à Connect, il représente le volet social d’Apple Music. Tandis qu’il y a quelques années, Spotify incluait à son service des biographies d’artistes et la possibilité de les suivre pour obtenir leurs dernières informations, le service promet à ses utilisateurs photos de coulisses, titres inédits, remix spéciaux et autres contenus partagés par les artistes qui le souhaiteront. Notez qu’Apple promet également de référencer des artistes inconnus.

Apple Music

Apple, Windows et Android

On pouvait craindre une annonce exclusivement réservée aux terminaux iOS. Finalement, il n’en est rien, bien que les iDevices restent privilégiés par la Pomme. Ils pourront en effet tester Apple Music à partir du 30 juin tandis qu’une application Android sera lancée à l’automne, période à laquelle le service sera disponible sur iTunes pour Windows. Quant au tarif de la chose, il correspond à ceux que pratique la concurrence : 9,99 dollars par mois avec un trimestre offert, et 14,99 dollars par mois pour un abonnement familial pouvant inclure jusqu’à six personnes. Il n’existe toutefois aucune version gratuite, Apple misant sur un service dépourvu de publicité. On ignore toutefois si l’accès aux titres hors-ligne sera garanti à tous les utilisateurs d’Apple Music, s’il leur faudra verser un petit supplément à Cupertino ou si, tout simplement, il ne sera pas au programme.