Difficile d’ignorer le phénomène du BYOD (Bring Your Own Device, littéralement, « amenez votre propre appareil ») qui se répand de plus en plus dans les entreprises, quoi qu’on pense de cette pratique qui consiste à utiliser son matériel personnel (smartphone, tablette, ordinateur…) dans le cadre professionnel. Si historiquement les entreprises désiraient conserver la maîtrise du parc informatique en fournissant les appareils adéquats, ce qui a bien aidé en son temps au succès des BlackBerry, tout a changé depuis quelques années avec l’apparition des appareils iOS et Android souvent bien plus pratiques et puissants que les vieux appareils. Les utilisateurs ont exprimé le désir de ne plus se voir imposer des outils peu pratiques et ont commencé à imposer l’usage de leurs propres appareils qui selon eux était plus agréable.

Tout d’abord réticentes, les entreprises ont désormais bien souvent entendu ce désir et tentent de trouver des solutions qui permettent à la fois de laisser les employés se servir des appareils qu’ils affectionnent, tout en garantissant les contraintes de sécurité évidentes qui s’y rattachent. Toute la complexité étant d’apporter une solution unique à un parc qui du coup sera fortement hétérogène, l’un préférant un iPhone, l’autre un Android et ainsi de suite…

La plupart de ces solutions vont alors créer un espace « sécurisé » sur l’appareil de l’employé reconnu par l’entreprise et permettre d’y stocker les informations de travail, isolées du reste du contenu afin d’en garantir la sécurité. Et là, selon les systèmes d’exploitation, la mise en place d’un tel verrou peut se révéler très complexe, certains comme iOS ne laissant que très peu de marges de manœuvre. Android, de par son côté bien plus ouvert, offre ici des avantages non négligeables de « prise de contrôle » permettant de répondre à ce problème. Que ce soit les solutions comme celle de BlackBerry (Mobile Fusion) ou bien même Google et son Google Apps Device Policy, les solutions sont nombreuses.

C’est ici que l’apport récent d’un véritable multi-utilisateur au sein d’Android 4.2 pourrait être une réponse parfaitement adaptée à ces problématiques, en offrant la possibilité aux utilisateurs de créer un compte personnel parfaitement distinct du compte professionnel qui lui sera « adapté » à l’environnement sécurisé. L’intérêt est double, tant pour l’utilisateur qui conserve alors un usage parfaitement adapté à ses besoins de son compte personnel tout en se conformant tout de même aux demandes de l’entreprises, mais aussi pour l’entreprise qui a une assurance supplémentaire que les éléments sécurisés seront cloisonnés et donc encore mieux protégés.

Seul petit défaut du système, l’usage de comptes multiples est pour le moment limité aux versions tablettes de Jelly Bean. Difficile de savoir ce qui a poussé Google à effectuer cette limitation, le site internet américain TechCrunch a évoqué un problème de brevet déposé en ce sens par Nokia, mais en l’état et sans communication de la part de l’entreprise de Mountain View, impossible d’en avoir le coeur net. Espérons qu’à terme ce système soit étendu à tous les appareils Android, quelle que soit leur catégorie, cela apporterait un plus indéniable à l’intégration de la solution mobile de Google au sein des entreprises.