On s’y attendait, Google ne broute pas dans les pâturages d’Apple, mais dans ceux d’Amazon. Ne vous faîtes pas d’illusion, cette tablette Google Nexus 7 n’est pas un iPad amélioré, il s’agit juste d’une Amazon Kindle Fire meilleure, dans tous les sens du terme.

Le premier constat est sûrement l’omniprésence de Google, Google n’a jamais été autant présent sur Android. Jamais de mémoire d’andronaute, le contenu n’a jamais été aussi poussé sur un produit Android, à travers (bien sûr) du Google Play. Le Google Nexus 7 a été conçue pour consommer du contenu, comme l’iPad ou comme le Kindle Fire.

Dès les « bureaux » de l’interface, nous retrouvons ce fameux contenu. « Ma librairie », « Mes livres », « Mes magazines », « Mes films », « Ma musique ». La frontière entre l’appareil et le contenu est bien plus floue que cela n’a jamais été le cas sur Android, la tablette Nexus 7 est un appareil dans le nuage – un cloud device conçu pour consommer.

Côté caractéristiques, la tablette Nexus 7 n’a rien à envier à la Kindle Fire.

A un prix similaire, avec des services Google qui répondent très bien aux besoins, Google a su créer une Kindle-killeuse sur le papier. Mais Google a surtout créé un appareil qui lui permettra d’éviter une fracturation du marché des tablettes Android, comme nous avons pu le voir avec des versions spécifiques comme l’Amazon Kindle Fire et le B&N Nook Color.

Au délà du marché des liseuses intelligentes, la Google Nexus 7 pourrait également faire (un peu) d’ombre à l’iPad. Avec un argument de poids : son prix. Mais également sa taille… alors que Steve Jobs critiquait ouvertement cette taille d’écran et que RIM a été fustigé pour avoir sorti une Playbook au format 7 pouces : le format 7 pouces semble aujourd’hui bien accepté – on se demande même s’il n’est finalement pas le format idéal pour la consommation de contenu (vidéo, film, musique, livre, magazine, etc.).

Amazon va donc devoir réagir vite, cela tombe bien ils ont avancé leur prochaine annonce à fin juillet – une date inhabituelle pour une annonce. Ils devraient présenter avec hâte la Kindle Fire 2.

En tant que parisien, je me sens bien loin de tout ce marché de la tablette « à contenu ». En effet, la Kindle Fire n’était disponible qu’aux Etats-Unis et au Canada jusqu’à maintenant, elle devrait également être disponible au Royaume-Uni très bientôt. La Google Nexus 7 n’a été annoncée que pour les Etats-Unis, le Canada et le Royaume-Uni. Bref, en tant que consommateur français, je n’ai aucun intérêt à désirer une Nexus 7 – excepté qu’à ce prix avec ces caractéristiques, Google met une pression énorme aux constructeurs. Les constructeurs tels que Acer, Asus ou encore Samsung vont devoir continuer à agir en tant qu’agents rationnels maximisant leur intérêt économique dans un contexte où des super-puissances comme Apple, Amazon, Microsoft et Google réalisent des marges bien juteuses en vendant du contenu numérique et du services.

A contrario, nous pouvons également se dire que cette Nexus 7 va devenir une tablette de référence, à l’image du Galaxy Nexus, pour les constructeurs (et développeurs). Acer ou encore Asus vont sortir des produits similaires qui seront vendus dans tous les marchés, avec des spécificités liées aux services et au contenu proposé.

Bref, nous nous dirigeons vers un marché avec une concurrence pure et parfaite, en tout cas sur une partie des conditions nécessaires (multiplicité, entrée-sortie libre, information universelle et instantanée, etc.). Le principal bénéficiaire est donc le grand public, avec plus de choix, moins cher et plus de qualité. Néanmoins, c’est bien beau de fabriquer des tablettes, encore faudrait-il savoir les vendre. A ce petit jeu, Google peut encore gagner. Je me demande bien comment ils vont pouvoir s’occuper efficacement des marchés européens, asiatiques, africains… car vendre du contenu, coûte cher ! Et il n’est toujours pas possible d’acheter du contenu sur le Google Play dans une grande majorité de pays.

Finalement, face à l’iPad et à Windows 8, Google aurait trouvé une bonne recette. Je vous redirige donc vers l’article de Julien sur LesArdoises.