Google est encore une fois dans le collimateur de la Commission Européenne. Celle-ci ouvre une enquête sur d’éventuelles pratiques anticoncurrentielles du géant américain, qui aurait tenté d’imposer son système d’exploitation à certains constructeurs de smartphones.

Commission Européenne | BENELUXPIX/MAXPPP/Philippe Turpin

Commission Européenne | BENELUXPIX/MAXPPP/Philippe Turpin

En effet, cette fois-ci, c’est directement Android qui est mis en cause. L’enquête, dont l’aspect est encore informel, s’intéresse au système d’exploitation, indépendamment de l’affaire d’avril dernier, qui a suscité beaucoup de remous. Plus clairement, on reproche à Google de vendre son OS à perte afin de faire des constructeurs des partenaires solides. Seul hic : Google ne “vend” pas son produit, mais le distribue gratuitement. Ce chef d’accusation pourrait en revanche être couplé au retard d’arrivée sur le marché des smartphone dotés d’autres OS. Un retard dont la source pourrait être le géant du web.

On accuse Google également d’imposer des services tels que Youtube. Une application dont les revenus représentent près de la moitié des recettes publicitaires de l’entreprise.

Les accusateurs sont Microsoft, Nokia, Oracle et d’autres firmes regrouppées au sein du groupement FairSearch, qui soupçonnent la firme de Mountain View de faire pression sur les constructeurs afin qu’ils adoptent son système d’exploitation. C’est Joaquin Alumnia, commissaire européen à la concurrence, qui dirige pour l’heure l’enquête. C’est également lui qui avait enquêté sur Google il y a quelques mois, obligeant l’entreprise à prendre des mesures draconiennes pour éviter des poursuites judiciaires.

Pour l’instant, rien ne permet d’affirmer si l’enquête fera l’objet d’une suite plus “formelle” de la part de la CE. Si c’est le cas, Google a du souci à se faire, surtout en raison de son implication dans le programme Prism, qui fait scandale actuellement aux Etats-Unis et qui porterait gravement atteinte à la vie privée des utilisateurs des services de la firme.