Qui porte le bâton de chef dans le royaume Android ? On serait convaincu de dire personne : Android réunit une alliance (Open Handset Alliance) regroupant de nombreux fabricants de terminaux (comme Samsung), de semi-conducteurs, d’opérateurs et d’autres (comme Google). Et pourtant, la guerre d’influence est bien ouverte. Selon le site américain Re/code, Google a pressé Samsung de mettre plus en valeur ses applications présentes par défaut sur les terminaux du constructeur. Question de principe ou question de survie ?

google-samsung-accord-copains-brevet

C’est vrai, le développeur géant américain et le fabricant sud-coréen sont censés bien s’entendre : ils ont conclu un arrangement de 10 ans sur la co-paternité de leurs brevets respectifs. Il n’empêche : les relations ne sont pas toujours cordiales entre les deux acolytes. Le site Re/code en est convaincu : à l’occasion du CES 2014Google aurait demandé à son partenaire de cesser de masquer ou d’amoindrir l’exposition de ses applications et services. Les cadres du géant américain auraient vu d’un très mauvais œil la nouvelle interface utilisateur de Samsung, Magazine UX (présente sur les tablettes Galaxy Tab & Note Pro). Un drôle de mélange entre Flipboard et les vignettes de WP 8.1 : “En d’autres mots, souligne Re/code, cette interface signifiait une entorse à la vision d’Android par Google.

Aucunes des deux entreprises ne l’a confirmé. Toutefois, Samsung se serait engagé, à l’issue des discussions lors du CES, à alléger ses couches logicielles et de mettre un peu plus en lumière les applications de Google. L’arrangement concernerait aussi une mise à l’écart du dépôt d’applications développées par Samsung dans les prochains produits de la marque.

 

Petite querelle entre amis ou enjeu crucial pour l’avenir ?

Procédons en plusieurs points. Premièrement, les récents chiffres des ventes de smartphones pointent la bonne performance de Samsung. Ce dernier croque 30 % du marché mondial des téléphones intelligents, et dépasse la moitié des terminaux Android. Deuxièmement, Samsung a toujours ménagé sa dépendance à Google en portant des applications indépendantes comme Dropbox, Flipboard, TripAdvisor dans ses terminaux ainsi que son propre marché d’application, son propre logiciel de messagerie instantanée (ChatON), etc.

Le fabricant serait-il en train de prendre son indépendance logicielle vis à vis du super-développeur ? Google en a très certainement peur : après avoir revendu Motorola à Lenovo, le géant de Mountain View ne peut compter que sur les fabricants de terminaux tiers pour porter ses propres applications. Ils doivent le faire : c’est le fonds de commerce de Google en tant que régie publicitaire. Et qui de mieux que Samsung, le leader mondial du smartphone ?

Cette mise au point (non-officielle et non-confirmée, soulignons-le) pose une nouvelle fois la question de l’équilibre des pouvoirs en terres “Androidiennes”. En effet, de quel droit Google se permet-il de donner des injonctions aux fabricants ? Le statut de développeur principal dans la constellation Android confère à Google une étiquette unique, celle de l’arbitre. C’est peut-être grâce à cette fonction que Google arrive à raisonner Samsung, mais aussi à défendre son écosystème d’applications.