Le Parlement européen a approuvé aujourd’hui, à une très large majorité, une résolution destinée à séparer la branche moteur de recherche de Google de ses activités commerciales. Un vote qui n’aura aucun impact sur le géant de Mountain View tant que la Commission Européennne ne se sera pas saisie du dossier.

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Comme prévu, le Parlement européen a voté et adopté à la majorité (461 pour, 101 contre et 88 abstentions) une résolution « pour la défense des droits des consommateurs sur le marché numérique ». Cette motion, qui ne vise pas explicitement Google mais concerne de très près l’entreprise américaine, « appelle la Commission à envisager des propositions afin de séparer les moteurs de recherche des autres services commerciaux, comme une possible solution de long terme ». Concrètement, les eurodéputés souhaitent mettre fin à l’hégémonie de Google dans le monde des moteurs de recherche en séparant son activité de recherche (Google Search) de ses autres services (Google +, Google Maps, Youtube, etc.). En d’autres termes, de scinder et de démanteler Google de façon à permettre aux autres acteurs du web, et plus particulièrement aux entreprises européennes, d’exister sans être entièrement dépendant de Google.

Ce vote n’aura en tout cas aucune incidence à court et moyen terme. Il s’agit simplement d’une résolution destinée à être soumise à l’attention de la Commission européenne, seule décisionnaire législative en Europe. Mais c’est un moyen de mettre à nouveau la pression sur Google, qui fait déjà l’objet d’une enquête pour abus de position dominante depuis maintenant quatre ans. Concernant cette dernière affaire, la Commission européenne a déjà répondu par la voix de Margrethe Vestager, la commissaire chargée de la concurrence, qu’elle allait prendre son temps avant de prendre une décision. Il serait étonnant de voir ce nouveau dossier de séparation des services de Google traité plus rapidement.

Les États-Unis s’inquiètent

Google, de son côté n’a pas encore réagi. Mais les autorités américaines n’ont pas tardé à communiquer leur inquiétude vis-à-vis de l’attitude du Parlement européen. Ainsi l’U.S. mission to the EU, le porte-parole bruxellois du gouvernement américain a indiqué au Wall Street Journal que « les problèmes de concurrence et les solutions adoptées par l’Europe […] ne doivent pas être politisés ». Il faut dire que, comme le soulignait très justement 01Net, la résolution votée par les eurodéputés a été soutenue par les lobby des groupes de presse allemands, actuellement en conflit avec Google.

Quoi qu’il en soit, un éventuel démantèlement de Google ne devrait pas être discuté avant de nombreux mois et une – encore plus – improbable scission, si elle était décidée, ne serait alors effective que plusieurs années après. Google a le temps de voir venir.