Selon le Wall Street Journal, YouTube générerait un chiffre d’affaires de plus en plus conséquent mais son importante audience entrainerait des coûts de fonctionnement si lourd que la célèbre plateforme de vidéo ne dégagerait pas le moindre dollar de bénéfice. Les dirigeants de Google réfléchissent à de nouveaux moyens de rentabiliser la plateforme.

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L’un des journalistes du très sérieux Wall Street Journal s’est entretenu avec plusieurs employés de YouTube. Selon eux, la plateforme de streaming de vidéo générerait un chiffre d’affaires de l’ordre de 4 milliards de dollars en 2014, contre 3 milliards en 2013. YouTube représenterait actuellement ainsi 6 % du chiffre d’affaires annuel de Google… Mais ne générerait aucun revenu. Les sources du Wall Street Journal indiquent en effet qu’une fois les serveurs et le contenu des ayant-droits payés, YouTube se retrouverait « à peine à l’équilibre financier ». Et, de fait, YouTube a du mal à trouver un modèle économique capable de générer des revenus.

Les interlocuteurs du Wall Street Journal indiquent que YouTube possède actuellement des points faibles rédhibitoires. Le premier concerne l’utilisation même de YouTube. Le public étant relativement jeune — il a généralement moins de 30 ans —, il se sert de YouTube comme un simple moyen de mettre en ligne les vidéos puis de les linker ensuite sur des sites externes. Conséquence principale, une grande partie du trafic provient de liens externes et non de la page d’accueil du site. En d’autres termes, Google peine à faire de YouTube un nouveau moyen de regarder des vidéos qu’un public jeune consulterait (consommerait) comme la télévision en son temps. Et se voit dans le même temps concurrencé par Facebook, Twitter ou Netflix qui proposent soit un service similaire, soit du contenu avec plus de valeur ajoutée.

Le second problème de taille qu’affronte YouTube actuellement concerne l’audience. Actuellement, plus d’un milliard de vidéos seraient vues mensuellement sur YouTube. Mais, et c’est un véritable problème pour les annonceurs, une minorité d’utilisateurs réalisent la majorité des vidéos vues. Les proportions annoncées sont d’ailleurs impressionnantes : 9 % des visiteurs font 85 % des vidéos vues !

Principale conséquence, les annonceurs ne parviennent pas à toucher un public aussi large qu’ils l’espèrent, en tout cas beaucoup moins large que ce que propose la télévision aujourd’hui. Pour pallier ce manque à gagner, YouTube cherche de nouveaux moyens de monétiser sa plateforme. Cela devrait donc passer à la fois par des divers systèmes d’abonnements (pour écouter de la musique sans pub et bientôt pour d’autres contenus), de mettre en place un système d’autoplay sur certaines vidéos, comme le fait actuellement Facebook et enfin d’utiliser les cookies des utilisateurs afin de leur proposer des vidéos publicitaires en relation avec les sites précédemment visités. Des évolutions importantes qui devraient arriver dans le courant de l’année.