Le Mobile World Congress 2015 a clos ses portes. Comme tous les ans, il nous aura fait parcourir des kilomètres, aura dévoré sans scrupule nos heures de sommeil et nous aura apporté son lot de belles rencontres. Mais cette année, il était légèrement différent des éditions précédentes, avec un important lot d’annonces et quelques nouveautés marquantes. Voici les informations à retenir de ce MWC.

MWC_2015

Oubliez 2011 et la vague de smartphones HTC concentrés sur un petit stand. Cette année, le paysage mobile habituel a préféré éviter de jouer la quantité. Hormis un univers d’entrée-milieu de gamme nébuleux, ce Mobile World Congress a vu peu de smartphones annoncés. C’est peut-être symptomatique du monde actuel du mobile, arrivé à un stade d’équipement avancé : il s’agit de connecter d’autres univers et d’apporter de nouveaux services à des mobinautes blasés. De ce point de vue, impossible d’être déçu.

 

Le retour en grâce de Samsung

Samsung Galaxy S6

Samsung a connu une année 2014 difficile, vendant moins de smartphones et laissant Apple gagner du terrain au dernier trimestre de l’année. Mais avec ce MWC, le Coréen semble avoir tout compris : il a annoncé deux appareils, un Galaxy S6 et un Galaxy S6 edge, tous deux très haut de gamme, trop peut-être, avec leur écran QHD, leur Exynos 7420, leurs 3 Go de RAM, leur appareil photo de 16 mégapixels promettant une excellente qualité d’image et surtout leur design soigné. Contrairement aux Galaxy S précédents, tous faits de plastique, ces S6 arborent fièrement leur dos en verre et leur châssis en métal, tout autant malheureusement que les traces de doigts qui les décorent. La finition semble excellente, le logiciel TouchWiz basé sur Lollipop, un peu moins chargé que d’habitude, et l’écran courbé sur les côtés du S6 edge séduit. Que demander de plus ? Un prix de vente moins élevé, sans doute : on attend le Galaxy S6 edge en France à partir de 849 euros tout de même.

 

HTC fait rêver, mais pas avec son smartphone

htc vive 4

Contrairement à Samsung qui s’est contenté d’annoncer un duo de smartphones, HTC n’a annoncé qu’un modèle de téléphone. Le Taïwanais ne semble pas encore prêt à revoir intégralement le design de son modèle phare : son One M9 est donc un M8 indéniablement embelli, enrichi d’options et fonctionnalités appréciables, notamment du côté sonore, mais sans révolution que l’on attend chez la marque. La nouveauté, il faut plutôt la chercher du côté de son casque. Le HTC Vive, puisque c’est son nom, est sans conteste l’un des produits les plus séduisants de ce MWC. Ce casque de réalité virtuelle conçu avec Valve, permettant à son porteur de se déplacer dans une pièce semble procurer une expérience particulièrement immersive, fait rêver plus qu’aucun smartphone. On le retrouvera sous une forme grand public d’ici la fin de l’année, nous promet HTC : autant dire que l’on n’oubliera pas cette annonce.

LG, Huawei : la guerre des montres s’oriente vers le haut de gamme

Deux constructeurs ont bataillé cette année dans le domaine des montres connectées. Presque en même temps, Huawei et LG présentaient leurs bracelets, tous deux orientés vers le haut de gamme. Chez le Coréen, la surprise avait déjà été éventée, le constructeur ayant l’habitude d’envoyer des communiqués de presse quelques jours avant l’ouverture du salon. On connaissait donc déjà la Watch Urbane, cette montre sous Android Wear au boîtier rond, métallique, doté d’une couronne et franchement bien conçu. L’appareil ne révolutionne pas la montre connectée puisqu’elle se présente comme une version haut de gamme – environ 350 euros tout de même – de la G Watch R déjà commercialisée, tandis que la Watch Urbane LTE fait un peu plus, un peu mieux. L’appareil tourne en effet sous une version modifiée de webOS pudiquement baptisée « LG Wearable Platform » et intègre une connectivité LTE. Elle permet donc de passer des appels, d’envoyer SMS et emails, de déclencher certaines actions sur un smartphone en Bluetooth, mesure le rythme cardiaque de son porteur, etc. L’interface est simple et assez prometteuse mais, pour l’heure, LG n’a pas prévu de lancer son appareil hors des frontières coréennes. Reste que cette Watch Urbane sert de porte-drapeau aux technologies connectées de la marque qui, pour ceux qui ont suivi le CES 2015, avait déjà dévoilé une montre customisée sous webOS sur le stand d’Audi.

LG Watch Urbane 9

Huawei, quant à lui, annonçait sa première montre. Et pour un premier essai, le Chinois semble avoir particulièrement rempli son contrat : il a ainsi présenté une Watch – toutes les montres semblent désormais porter le même nom – dotée d’un écran en saphir synthétique affichant une définition de 400 x 400 pixels, avec un diamètre de 42 mm. Boîtier en inox, bracelet cuir 18 mm, capteur de rythme cardiaque, tout est là ou presque (il manque tout de même un GPS à cette montre) chez un appareil qui, comme les Watch Urbane, fourbit ses armes pour lutter face à la menace, encore fantomatique, de l’Apple Watch.

c_Huawei-Watch-DSC07040

L’heure de la charge sans fil est-elle venue ?

En janvier dernier déjà, deux des trois standards de charge sans fil, le PMA et l’Alliance for Wireless Power annonçaient leur fusion. Un premier pas vers la démocratisation de cette technologie qui, si elle pose des problèmes d’efficacité de la charge, a l’avantage de pouvoir être intégrée à du mobilier, à domicile ou dans les lieux publics (les restaurants et cafés, par exemple). Le troisième acteur du secteur, le Wireless Power Consortium, s’est vu mettre en avant par l’un des leaders dans le monde du mobilier personnel, puisqu’Ikea a annoncé l’intégration de chargeurs Qi dans une gamme de meubles la veille de l’ouverture du MWC. Quant à Samsung, il combine la résonance avec la certification PMA et le Qi dans son Galaxy S6, ce qui devrait donner un coup de pouce à ce type de technologies dans les mois à venir.

Le Galaxy S6 Edge

Le Galaxy S6 edge avec son chargeur sans fil

Paye (sur) ton mobile

Samsung Pay, Android Pay, Mastercard, Visa : autant de noms prononcés durant ce Mobile World Congres. Alors que durant sa conférence du 1er mars, Samsung annonçait son système de paiement sans fil (NFC) couplé à un partenariat avec les géants de la banque, tels MasterCard, Visa et bientôt American Express, Google faisait une irruption surprise au sein du MWC. Sundai Pichai, le lendemain, a donc annoncé un système Android Pay prenant la suite d’un Google Wallet au succès plus que modeste : il s’agira ici d’une suite d’outils fournis aux développeurs pour intégrer des méthodes de paiement à leurs applications. Pour l’heure, les détails manquent encore, mais il est certain que la guerre est déclarée face à un Apple Pay aux iPhone 6 et 6 Plus et, bientôt, à l’Apple Watch.

Android Pay

Notez un point qui devrait servir le développement du paiement mobile : l’amélioration des capteurs biométriques. Samsung a ainsi intégré à ses S6 un capteur d’empreintes nettement plus efficace que sur les S5 ou Note 4, tandis que Qualcomm a présenté son Sense ID. Il s’agit là d’un capteur fonctionnant sur une technologie ultrasonique et permettant d’obtenir une image 3D de l’empreinte : grosso modo, Qualcomm assure là une reconnaissance même lorsque le doigt est mouillé ou gras. Il faudra toutefois attendre la fin de l’année pour que ce Sense ID fasse son entrée sur les smartphones.

 

L’automobile devient mobile

Rien n’est certes plus mobile qu’une voiture mais, il faut l’avouer, nos véhicules préfèrent généralement le cadre du CES pour faire leur show au MWC, plus axé téléphonie. Et pourtant, entre un LG qui faisait la démonstration de son savoir-faire automobile sur son stand, la présence de Ford et de son vélo ultra-connecté, l’annonce d’un partenariat entre Samsung et Seat pour l’adoption du Mirror Link dans ses véhicules (avec des applications Samsung évidemment), la voiture était partout. On retiendra notamment l’annonce d’un hotspot Huawei CarFi, à brancher à l’allume-cigare du véhicule pour fournir un accès Internet à ses passagers. De son côté, Volvo a annoncé un système d’alertes en temps réel sur la route, fonctionnant pour les voitures connectées de la marque à partir de l’année 2016. La même année, l’opérateur AT&T compte équiper les véhicules de marque Audi en 3G et 4G grâce à des SIM embarquées.

 

Le tournant du milieu de gamme

Une excursion chez Wiko, chez Archos ou même chez Haier l’a aisément confirmé : chez les constructeurs dits « low-cost », même s’ils réfutent cette appellation, un véritable tournant semble avoir été pris pour cette année 2015. Chez Wiko notamment, on retrouve des designs (peut-être pas originaux, mais qu’importe) affinés, avec des matériaux plus nobles, notamment chez les Highway Pure 4G et Star 4G. Bonus chez Wiko, le développement d’une petite interface maison, Wiko UI.

Le Wiko Highway Pure 4G

Le Wiko Highway Pure 4G

Même combat chez Archos, qui s’est nettement amélioré avec son 50 Oxygen Plus : oublions le fait que son design est clairement copié sur celui de l’iPhone 6 pour saluer un bel équilibre chez cet appareil à moins de 200 euros. Même Haier, qui nous perd généralement sur des gammes aux noms alambiqués, s’est décidé à proposer des Voyage nettement plus organisés, au design convaincant et eux aussi dotés d’une fiche technique très correcte. D’autres acteurs se dessinent sur le milieu de gamme, à l’image d’Asus, qui nous promet dans quelques semaines une gamme ZenFone 2 s’étalant entre 200 et 400 euros, et même Nubia, dont la sortie du Z9 Max est prévue pour le courant de l’année à un tarif situé en-deçà de 400 euros.

 

La discrétion des plus grands, la présence des petits

Hormis Samsung, HTC, Huawei ou ZTE, les géants du mobile se sont montrés plutôt discrets. On a certes eu droit à quelques annonces chez Qualcomm et Intel, mais quid de Sony, qui s’est contenté d’un (beau) smartphone de milieu de gamme, le Xperia M4 Aqua, et de la tablette Xperia Z4 Tablet ? Quid du Xperia Z4, mais aussi du LG G4 ? Corollaire de la montée en qualité des appareils présentés lors de ce MWC, leur rareté : il faudra attendre des événements individuels, voire l’IFA de septembre prochain, pour que chaque constructeur présente son porte-étendard. Hors de l’univers Android, Microsoft a souffert lui aussi de problèmes de calendrier. Alors même que son Windows 10 doit attendre encore quelques mois, il n’a pu présenter que deux téléphones de milieu de gamme lors de sa traditionnelle conférence inaugurale.. De quoi décevoir ceux qui s’étaient levés aux aurores pour y assister.

Si certains des grands acteurs de ce MWC se sont faits discrets, le salon a été l’occasion pour d’autres de briser leur isolement. On pense notamment à Nokia, désormais indépendant, qui montrait sur un très grand stand sa tablette N1, mais aussi aux Finlandais de Jolla, qui eux aussi avaient apporté leurs tablettes dans leurs valises. Espérons les retrouver dans quelques mois, lors de l’IFA de Berlin prévu en septembre 2015.