Les rumeurs se multiplient autour du futur Nexus 2015. Au début du mois, on apprenait que Google pourrait choisir LG ainsi que Huawei pour la fabrication du Nexus de cette année. Selon des rumeurs plus récentes, le futur Nexus pourrait même intégrer un SoC Kirin de la filiale HiSilicon de Huawei. Et justement, une fuite viendrait tout juste de dévoiler les futurs SoC de l’entreprise.

Huawei

Un Nexus 2015 fabriqué par Huawei a-t-il sens ? Sans autre information en main, pas vraiment puisque Google n’a jamais été partenaire de ce constructeur chinois pour la fabrication d’un appareil Nexus. Mais en y réfléchissant un peu plus, Google aurait quelques intérêts à se rapprocher de Huawei pour son futur Nexus. Chaque appareil Nexus est censé représenter l’état de l’art en terme technique. À chaque fois, les terminaux intègrent les SoC les plus puissants du marché pour tenter de pousser l’écosystème Android vers l’avant au niveau matériel. De cette manière, les développeurs disposent d’un parc de terminaux mobiles plus performants, leur permettant de proposer des logiciels et des jeux plus évolués. Et justement, Huawei pourrait avoir une solution intéressante pour Google.

 

16nm FinFET : la force de HiSilicon

HiSilicon est une filiale de Huawei qui conçoit des SoC mobiles. On connaît notamment l’actuel Kirin 925 du Huawei Ascend Mate 7 ou le Kirin 930 de la MediaPad X2 annoncée lors du MWC de Barcelone. Ce dernier SoC est très intéressant. Pas vraiment du point de vue des performances pures. Certes, les 4 Cortex-A57 sont cadencés à 2 GHz et accompagnés de quatre Cortex-A53 cadencés à 1,5 GHz mais la partie graphique et la mémoire vive sont en retrait. Il faut se contenter d’un Mali-T628 MP4 et de LPDDR3-1600 en guise de RAM. On est donc loin d’un Snapdragon 810 de Qualcomm ou d’un Samsung Exynos 7420. Mais le Kirin 930 est gravé en 16nm FinFET contre 20nm pour le Snapdragon 810 et 28nm pour le Kirin 925 ou les SoC MediaTek. Seul l’Exynos 7420 est au même niveau avec sa gravure en 14nm FinFET qui équivaut au 16nm de TSMC utilisé par HiSilicon.

Kirin 925

Réaliser un partenariat avec Huawei permettrait donc à Google de sortir un Nexus 2015 disposant d’un SoC en 16nm. La firme aurait certainement du mal à faire la même chose avec Samsung qui doit sûrement dédier une grande partie (si ce n’est la totalité) de sa production de SoC en 14nm pour ses Galaxy S6 et S6 edge. Toutefois, on voit mal Google proposer un Nexus 2015 avec des performances en retrait, uniquement pour profiter d’une gravure en 16nm même si celle-ci permettait tout de même une autonomie en hausse. La solution pourrait alors venir des futures puces de HiSilicon.

Kirin 940 et 950 : la solution ?

En effet, mercredi dernier, le site Gizmochina a publié la liste de ce qui serait les futurs SoC de HiSilicon gravés en 16nm : les Kirin 940 et Kirin 950. Le site précise qu’il faut prendre l’information avec les pincettes de rigueur et les moufles à la bonne taille, mais si elle se vérifie, elle expliquerait la volonté de Google de faire appel à la filiale de Huawei. En effet, en plus de la gravure en 16nm, ces deux nouvelles puces ont de quoi plaire : des cœurs Cortex-A72 cadencés jusqu’à 2,4 GHz, un Mali-T880, de la LPDDR4 et le support de la mémoire de type UFS 2.0. La disponibilité du Kirin 940 serait prévue pour le troisième trimestre alors que le Kirin 950 serait disponible au cours du quatrième trimestre 2015.

Kirin 940 950

L’une de ces deux puces pourrait convenir à Google. On aurait ainsi le droit à une finesse de gravure compétitive, des performances de premier ordre et une disponibilité qui ne devrait pas être problématique puisqu’on attend le Nexus 2015 pour la fin de l’année, si Google continue avec une sortie tous les douze mois environ. Mais si l’information se vérifie, on peut se poser la question du choix des puces de HiSilicon face à l’offre de Qualcomm. Il est possible que le retard pris dans la conception d’une architecture maison en 64 bits – du nom de Kryo – empêche le Nexus 2015 d’intégrer un Snapdragon 820 qui devrait être disponible en petite quantité au cours du 2e semestre 2015.

Il faudra toutefois attendre de plus amples informations puisque tout ceci repose sur des rumeurs. En revanche, comme nous venons de le voir, le choix de Google de passer par Huawei ne serait pas si étonnant qu’il en a l’air.