Près d’un an après avoir été lancé en Inde, Google constate l’échec de son programme de commercialisation de smartphone à bas prix sur le territoire. Et va le relancer dans les prochaines semaines afin d’être plus compétitif face aux entreprises locales.

Android One

L’Inde était pourtant le premier territoire — et le plus prometteur — sur lequel Google lançait Android One. C’était en septembre 2014 et quelques 11 mois plus tard Google ne peut que constater qu’il n’a pas réussi à convaincre grand monde d’acheter ses smartphones à bas prix installés sous la dernière version d’Android.

Selon Rajan Anandan, le responsable d’Android pour le territoire indien et l’Asie du Sud-Est, deux raisons expliquent ces ventes médiocres. D’abord, les fournisseurs n’auraient jamais réussi à fournir assez de téléphones pour répondre à la demande, à cause de « problèmes de fabrications liées aux usines chinoises ». Deuxième raison : le programme Android One visait à proposer des smartphones à moins de 100 dollars dans des pays émergents. Le problème, c’est que ce tarif de 100 dollars est encore trop élevé pour une bonne partie de la population indienne.

Google compte donc relancer (« rebooter » est le terme employé par Rajan Anandan) Android One en Inde « dans les prochaines semaines ». Désormais l’objectif n’est plus de proposer des smartphones à moins de 100 dollars, mais plutôt des téléphones dont le prix est compris entre 2000 et 3000 roupies indiennes soit entre 28 et 43 euros. Une politique bien loin des dernières annonces en la matière, puisqu’il y a quelques jours Google dévoilait le Lava Pixel V1, un smartphone Android One de milieu de gamme destiné au marché indien…

Convaincre le prochain milliard d’internautes d’utiliser un smartphone Android

Rajan Anandan précise également que Google a bien appris de ses erreurs en un an. Bien conscient que le réseau mobile Indien est encore balbutiant et qu’une majorité ne parle pas anglais, Google s’applique désormais à concevoir des applications moins gourmandes en data, en commençant à proposer des versions hors ligne de YouTube ou Google Maps et mieux les adapter à la culture locale.

Google ne se fait d’ailleurs pas d’illusion sur les revenus que va lui rapporter le marché indien à court terme. « Stratégiquement, le marché indien est très, très important, explique Rajan Anandan. Mais qu’on se comprenne bien, si les retombées financières sont intéressantes… nous sommes surtout présents ici parce que d’ici 10 ans, un milliard d’Indiens seront connectés à Internet. Et lorsqu’un milliard d’Indiens seront en ligne, nous pensons que cela va avoir un énorme impact sur l’économie globale d’Internet ».

Bref, comme pour Facebook, Google investit en Inde et espère que le prochain milliard d’utilisateurs utilisera des smartphones sous Android. Avec Xiaomi et son MiUI (qui n’utilise pas les services et applications Google) en embuscade, il y a fort à faire.