Après avoir été accusé d’abus de position dominante par la Commission européenne en avril dernier, Google a répondu à Bruxelles dans un document envoyé en août dernier. L’une des lignes de défense du géant américain se base sur la gratuité de son moteur de recherche, qui invaliderait directement l’accusation de la Commission européenne.

drapeau-europe

Petit rappel des faits, puisque le dossier opposant Google à la Commission européenne n’est pas toujours très clair. En avril dernier, la Commission européenne accusait Google d’abus de position dominante dans deux affaires différentes. La première concernait les applications préinstallées sur Android tandis que la seconde, celle qui nous intéresse aujourd’hui, concerne le moteur de recherche de Google et plus précisément l’intégration de Google Shopping au sein de ce dernier. Concrètement, Bruxelles reproche à Google d’avoir avantagé ou favorisé son comparateur de prix (Google Shopping) par rapport à des services de comparaison de prix concurrents.

En savoir plus : Pourquoi Bruxelles accuse-t-elle Google d’abus de position dominante ?

Google avait alors quatre mois pour répondre aux accusations de l’Europe. Chose que la société américaine a faite en rendant à la fin du mois d’août dernier un dossier à la Commission européenne. Un dossier non public, mais dont l’essentiel de l’argumentation tenait en un court billet publié sur son blog officiel (en anglais). Ce qu’il fallait retenir de cette réponse, c’est que Google contestait les accusations et expliquait que son moteur de recherche, au contraire, avait permis à des sociétés concurrentes comme Amazon ou eBay d’être en meilleure forme que jamais. Preuve s’il en est de son absence de position dominante.

Un moteur de recherche gratuit invalide l’accusation d’abus de position dominante

Ce que Google ne disait pas dans son billet de blog, c’est qu’il a mis un autre argument en avant dans son dossier : la gratuité de son moteur de recherche. C’est l’agence de presse Reuters qui a pu consulter le dossier de Google remis à la Commission européenne et qui en publie quelques lignes. On peut notamment y lire que la Commission « oublie le fait que le service de recherche est gratuit. Pour qu’un abus de position dominante soit prouvé, il est nécessaire qu’une relation commerciale existe. Or, il n’existe aucune relation commerciale entre Google et ses utilisateurs ».

En d’autres termes, Google explique que son moteur de recherche fournit gracieusement un service et que l’utilisateur n’a rien à donner en retour. Un argument plus facile à dire qu’à défendre, puisqu’il faudra bien prouver que les utilisateurs ne donnent jamais rien en retour. Rendez-vous maintenant dans trois mois pour connaître la suite des évènements.