L’honneur est sauf pour l’humain, incarné par Lee Sedol. L’homme a remporté l’avant-dernière manche d’une partie de Go ultra-médiatisée, et qui l’a opposé à AlphaGo, l’intelligence artificielle de DeepMind.

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Ce n’en est pas tout à fait fini (il reste encore une manche à jouer) du tournoi de Go organisé entre l’intelligence artificielle de DeepMind, elle-même détenue par Google, AlphaGo, et le Coréen Lee Sedol, considéré comme le meilleur joueur du monde au Go. Un jeu originaire de Chine et dont les règles mêlent aussi bien calcul qu’intuition : de quoi mettre à l’épreuve la capacité d’analyse et l’intuitivité d’AlphaGo. Bref, son intelligence, tout artificielle soit-elle. Après tout, le jeu de Go est connu pour être le défi ultime chez Google ou Facebook, dans le cadre de leurs travaux sur le machine learning.

Aucun droit à l’erreur

Le tournoi qui a opposé AlphaGo et Lee Sedol s’est déroulé en plusieurs manches, l’ordinateur ayant commencé par battre l’homme lors de leur première partie. Le programme a d’ailleurs enchaîné trois victoires avant que le Coréen, au cours de la partie jouée le weekend dernier, ne sauve l’honneur. D’après le cofondateur de DeepMind, Demis Hassabis, “il a commis une erreur autour du 79e tour, mais AlphaGo ne s’en est aperçu qu’autour du tour 87”. Le temps que l’intelligence artificielle apprenne de ses erreurs, puisque c’est le propre d’AlphaGo, Lee Sedol aura remporté la partie. Soulignons que le joueur “humain” a dû composer avec la fatigue d’une partie de cinq heures, à l’inverse de son adversaire virtuel.

Même si sa victoire n’est pas absolue, DeepMind a largement remporté son défi. Comme le soulignent nos confrères de Numerama, sa victoire n’a pas consisté en l’anticipation de toutes les combinaisons possibles dans une partie – ce qu’avait fait le Deep Blue d’IBM face à Kasparov, dans le cadre d’une partie d’échecs organisée en 1997. Elle a demandé au programme de faire preuve d’originalité et de créativité, une donne nouvelle dans le monde de l’intelligence artificielle. De quoi autoriser DeepMind à rêver à de nouveaux terrains de jeu pour ses programmes, aussi bien dans le monde du mobile que dans celui de la médecine.