Le Google Pixel se distingue principalement par son appareil photo, si l’on en croit les différents tests publiés depuis hier par les médias américains. Selon Google, si le Pixel dispose d’un des meilleurs appareils photo de la planète smartphone, c’est grâce à ses optimisations logicielles.

google-pixel-phone-hands-on-1-1500x1000

 

Selon Marc Levoy, qui a été interviewé par The Verge et est en charge de la division dédiée aux traitements de l’image, la caméra des Pixel et Pixel XL est excellente, grâce aux optimisations logicielles que le géant de Mountain View a apporté.

 

HDR+, le sauveur

Une des fonctionnalités sur lequel Levoy et son équipe auraient le plus travaillé est le mode HDR+, qu’il conseille d’ailleurs de laisser activer en permanence. Déjà sur les précédents Nexus 5X et Nexus 6P, nous avions constaté une différence importante entre les photos, offrant par exemple une meilleure balance des blancs et de meilleurs rendus en faible luminosité. Nous notions déjà que sur le 6P, cela permettait d’obtenir des photos presque aussi fidèles à ce que l’oeil perçoit.

Cependant, il existait une grosse contrepartie, puisque prendre des photos en mode HDR allongeait considérablement le temps de traitement des photos, et c’est donc sur cet aspect notamment que Levoy et son équipe se sont concentrés, en améliorant encore le rendu des couleurs dans le mode HDR+ mais surtout en accélérant le traitement de celles-ci.

nexus2cee_img_20161014_171625-2

Une latence extrêmement réduite

Bien qu’il y ait un important travail logiciel, Levoy reconnaît également que les nouveaux composants qu’intègre que le Pixel grâce au Snapdragon 821 jouent également une part importante. Si le Pixel n’affiche aucun délai entre différentes prises de vues, c’est grâce au contrôleur en charge du traitement de l’image au sein du Snapdragon, l’ISP Hexagon.

Celui-ci est sollicité dès l’ouverture de l’appareil photo et capture en fait en permanence des photos. Combiné avec une bande passante qui serait bien plus importante que dans les précédentes puces de Qualcomm, il « suffit » à l’appareil d’horodater les images (fournir un timestamp). C’est la combinaison de ces deux techniques qui donne ainsi l’impression de n’avoir aucun délai entre les prises de vue, puisque quand l’utilisateur appuie sur le bouton pour prendre une photo, l’appareil a en fait déjà pris la photo.

Comparé aux Nexus 5X et Nexus 6P il s’agit d’un bond majeur. En effet, comme les possesseurs de ces smartphones l’auront sûrement constaté, lors d’une prise avec le mode HDR activé, ceux-ci affichaient un cercle indiquant que la photo était en traitement avant de pouvoir reprendre une autre photo. Dorénavant avec le Google Pixel, cette situation appartient au passé, ce qui signifie que l’on peut enchaîner de manière extrêmement rapide les prises de vue pour ne rien louper d’une action se passant très rapidement, ou à bord d’un véhicule par exemple.

 

De belles photos en basse luminosité

Une dernière amélioration concerne la performance de l’appareil photo en faible luminosité. Là encore, les photos prises quand le mode HDR+ est activé sont bien meilleures que bien des smartphones Android et au niveau de ce qui fait de mieux, tel que le Galaxy S7 Edge ou l’iPhone 7. Afin d’atteindre de bons résultats, Levoy explique que l’appareil photo du Pixel utilise uniquement des versions sous-exposées des photos. C’est une méthode qui peut paraître bizarre à priori, puisque le HDR fonctionne d’habitude en fusionnant différentes versions d’une photo afin d’obtenir un résultat plus équilibré, plus fidèle à la réalité.

Cela marche dans le cas du Pixel, car en prenant différentes images avec les mêmes paramètres, ils peuvent appliquer différentes formules mathématiques permettant d’obtenir une forte réduction du niveau de bruit, qui touche en priorité les photos de nuit, tout en conservant des couleurs qui ne sont pas délavées, une conséquence habituelle de la réduction de bruit dans ce genre de cas.

nexus2cee_00002img_00002_burst20161015192505_cover

Une histoire de goût, de plus en plus

Avec le Google Pixel, on peut donc penser qu’un nouveau palier a été franchi concernant la prise de photos. À l’avenir peut-être que la question ne sera plus « est-ce que cette photo est fidèle ? » mais plutôt « est-ce que le rendu de cette photo me plaît ? »

Interrogé sur le futur des appareils photo, Levoy pense que l’approche de Google d’utiliser la puissance dans nos smartphones pour améliorer le rendu des photos n’en est qu’à ses débuts. On peut alors même imaginer d’ici quelques années des appareils dont la configuration de l’appareil photo sera presque entièrement logicielle afin d’obtenir un rendu différent correspondant au goût de chaque utilisateur.