D’après de récents documents, Google aurait évité de payer 3,4 milliards d’euros d’impôts en 2015, et ce, grâce à des opérations complexes bien huilées.

Google Mountain View

L’optimisation fiscale des grandes entreprises du web n’a plus rien de surprenant depuis bien longtemps. Néanmoins, à chaque fois que de nouvelles informations à ce sujet sont révélées, les nombres font tourner la tête.

Cette fois-ci c’est Google qui est pointé du doigt. D’après des documents remplis par l’entreprise auprès de la Chambre des commerces des Pays-Bas en décembre, la somme d’argent qui a transité par la branche hollandaise (qui ne compte aucun salarié) de la firme de Mountain View en 2015 était plus importante de 40 % que l’année précédente.  Cette information a d’abord été révélée par le journal Het Financieele Dagblad avant d’être relayée par Bloomberg.

Cette somme atteignait ainsi 14,9 milliards d’euros. En utilisant des techniques d’évitement fiscal complexes subtilement appelées le « Sandwich hollandais » et le « Double irlandais », Google a évité de payer 3,4 milliards d’euros d’impôts.

Des manœuvres complexes

Pour comprendre ces techniques, il faut s’accrocher un peu. 12 millions d’euros de la somme totale qui a transité aux Pays-Bas provenaient d’une société baptisée Google Ireland Limited — basée en Irlande — qui collecte la majorité des revenus publicitaires internationaux de Google. Le reste provenait d’une filiale à Singapour qui joue plus ou moins le même rôle.

Des Pays-Bas, Google envoie ensuite l’argent à une autre société irlandaise — Google Ireland Holdings Unlimited –, mais qui, cette fois-ci, est basée dans les Bermudes, un paradis fiscal. Cette entreprise a tous les droits sur la propriété intellectuelle de Google en dehors des États-Unis et n’a pas besoin de s’acquitter d’impôt sur ses revenus.

Parfaitement légal

Toutes ces habiles manipulations parfaitement légales sollicitent des avantages politiques et fiscaux aux Pays-Bas et en Irlande. C’est de là que viennent leurs surnoms pour le moins originaux.

Google et les autres géants du web sont mis sous pression en Europe et à travers le monde pour payer les impôts qu’ils doivent à l’État. Mais pour l’instant, rien ne change et les entreprises continuent de chercher les moyens les plus efficaces de cacher leur argent.

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