Google envisage d’ajouter un bloqueur de publicité à Chrome, son navigateur web. C’est une réponse face à la croissance des solutions tierces, telles que AdBlock Plus. Une stratégie risquée mais qui pourrait s’avérer payante.

Google Chrome

Google envisage d’ajouter un bloqueur de publicité à Chrome selon le Wall Street Journal, son navigateur web, et éventuellement l’activer par défaut pour tous les utilisateurs. Cela sembler peut être une décision suicidaire pour une entreprise qui fait la majorité de ses revenus de la publicité, mais cela semble être plutôt un moyen de combattre les autres bloqueurs de publicité.

Pourquoi intégrer un bloqueur de publicité ?

Le WSJ rapporte que Google n’aime pas payer, il a souvent à faire avec des bloqueurs tiers tels que Adblock Plus, qui exigent de l’argent certaines fois, pour permettre à Google de rajouter ses formats sur les listes blanches. Cela permet à Google de s’assurer qu’une partie de ses formats sont bel et bien diffusés.

Les exigences et la somme demandées par ces bloqueurs de publicité sont sûrement devenues trop lourdes pour le géant.

Les exigences et la somme demandées par ces bloqueurs de publicité sont sûrement devenues trop lourdes pour le géant. Cela ressemble à la décision de Google de développer ses OS, Android et Chrome OS, mais aussi son navigateur, Chrome, pour ne pas être dépendant d’autres plate-formes. Le schéma est très similaire à celui du marché des bloqueurs de publicité : Google verse d’importantes quantité d’argent pour être le moteur de recherche par défaut des navigateurs Web, mais aussi des OS, comme iOS qui équipe l’iPhone et l’iPad. Ce qui a poussé Google à développer ses propres alternatives, et à tout faire pour les imposer sur le marché.

Pourquoi maintenant ? Au delà des exigences financières des acteurs comme AdBlock Plus, Google semble avoir atteint un palier. En effet, l’adoption généralisée de Chrome par les internautes signifie que le navigateur possède à peu près la moitié du marché des navigateurs Web. En février 2017, Chrome affiche ainsi 62,95 % des pages vues sur ordinateur, soit bien plus que sur mobile (45,98 %) et tablette (22,26 %). Mais avec l’explosion des smartphones, en particulier sous Android, et le développement des usages sur mobile, l’adoption de Chrome devrait encore progresser. En France le navigateur de Google faisait la course en tête à 50,38 %.

Intégrer un bloqueur de publicité nativement dans Google Chrome et l’activer par défaut est une des rares options pour Google pour arrêter à la croissance des options tierces : les utilisateurs ne chercheront pas activement un moyen de bloquer les publicités au cours de leur navigation sur Internet si les annonces les plus ennuyeuses sont déjà bloquées.

Une stratégie qui a déjà fait ses preuves

Une stratégie qui a déjà fait ses preuves : avec le navigateur Chrome, puis avec le système Android. Bien sûr, cette stratégie offre beaucoup de pièges potentiels. En tant qu’annonceur lui-même, si Google exerce des contrôles plus stricts sur des annonces, cela va certainement attirer la critique des acteurs de l’industrie, et peut-être aussi des organisations de surveillance antitrust.

Selon le WSJ, la fonction de bloqueur de publicité arriverait dans les prochaines semaines sur Chrome.