Le Google Pixel 2 a créé la surprise en prenant la tête du classement DxOMark malgré son unique capteur. DxO nous explique quelles techniques ingénieuses Google a employées.

Lorsque Google a présenté la semaine dernière les Pixel 2, nous savions déjà que le fabricant prendrait le marché à contre-pied en se contentant d’un seul capteur dorsal. Victimes d’innombrables fuites, les Google Pixel 2 n’avaient presque aucun secret.

Google avait malgré tout créé la surprise en révélant que ses nouveaux téléphones avaient le meilleur appareil photo du marché, prenant la tête du classement DxOMark, avec une longueur d’avance sur les iPhone 8 Plus et Galaxy Note 8 d’Apple et de Samsung.

Mais comment diable un smartphone avec un seul capteur a-t-il pu surpasser ces deux modèles qui vendent l’intérêt de leurs doubles capteurs ? Hervé Macudzinski, ingénieur responsable de DxOMark, nous a éclairé.

Une photo illustrant la plage dynamique étendue du Google Pixel 2

HDR+ : une technique ingénieuse pour capter un maximum de lumière

Dans son test de l’appareil photo du Google Pixel 2, DxOMark loue les qualités du mode standard en haute lumière comme en basse lumière. Google a choisi de ne pas lisser le bruit autant que ses concurrents, afin de préserver davantage de détail, le bon compromis selon DxO. Le laboratoire souligne par ailleurs la plage dynamique très impressionnante, qui en fait un très bon appareil pour capturer des scènes fort contrastées.

Les Google Pixel 2 reposent pour ce faire sur une technique ingénieuse, baptisée HDR+. Contrairement à la fonction HDR manuelle de la plupart des smartphones, celle-ci est transparente pour l’utilisateur et fonctionne en coulisses. Mais il s’agit comme d’habitude de déclencher une rafale et d’assembler plusieurs clichés, non seulement pour étendre la plage dynamique, mais aussi pour réduire le bruit.

Ça va sans dire, mais ça va mieux en le disant : plus un appareil photo capte de lumière, meilleures sont les photos. Avec un petit capteur au format 1/2,6 pouce qu’il vaut mieux maintenir à basse sensibilité, et donc avec un objectif qu’on maintient à son ouverture maximale de f/1,8, il n’y a plus qu’un des trois côtés du triangle d’exposition sur lequel intervenir : le temps d’exposition. Mais si on ralentissait la vitesse d’obturation, on obtiendrait du flou de mouvement. En multipliant les déclenchements en rafale, puis en confiant au logiciel le soin de cumuler les clichés, le HDR+ de Google augmente le temps d’exposition l’air de rien.

Notez qu’on peut bidouiller certains smartphones pour qu’ils bénéficient eux aussi de la fonction HDR+ :

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Les artifices logiciels ne remplacent pas un second capteur

Les artifices logiciels peuvent pallier certaines limites, mais ils ne comblent pas aussi efficacement l’absence d’un second capteur et d’un téléobjectif.

DxO a ainsi constaté que Google assure une bonne réduction du bruit lors de l’utilisation du zoom numérique, ce qui produit de meilleurs résultats que d’autres smartphones à un seul capteur, mais des résultats significativement moins bons que ceux de smartphones munis d’un zoom optique 2x.

En mode Portrait, les smartphones à double capteur exploitent la parallaxe pour mesurer les distances, donc identifier les plans et simuler le flou d’arrière-plan. Les Google Pixel 2 quant à eux reposent en partie sur leur capteur Dual Pixel : chacune des photocellules du capteur est cloisonnée en deux, ce qui permettait initialement à l’autofocus de mesurer les distances. Mais désormais Google l’exploite aussi pour identifier les plans. Le décalage étant beaucoup plus faible, la mesure manque de précision, et Google recourt en plus au « machine learning« . Malheureusement, cette détection logicielle se trompe souvent, si bien que la délimitation entre le sujet et l’arrière-plan est souvent imprécise, parfois totalement ratée.

Une double stabilisation efficace en vidéo

Les Google Pixel 2 se rattrapent néanmoins en vidéo. Ils profitent sur ce plan d’un autofocus à la fois rapide, fluide et stable, aidés par leur capteur Dual Pixel, et offrent de nouveau un bon compromis entre réduction du bruit et préservation du détail.

DxO a enfin remarqué une excellente stabilisation en vidéo, pour laquelle Google a relevé le défi de combiner la stabilisation optique (OIS) et la stabilisation électronique (EIS). Ce n’est pas si simple de faire fonctionner ces deux techniques de concert, si bien que certains concurrents se contentent en vidéo de la stabilisation électronique.

Conclusion

En somme, le Google Pixel 2 a bel et bien le meilleur appareil photo grand-angle, mais il vaut peut-être mieux se tourner vers l’iPhone 8 Plus ou le Galaxy Note 8 si vous privilégiez le zoom 2x et le mode portrait.

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