Les chiffres d’Android sont toujours autant encourageants car petit à petit le système d’exploitation de Google grapille des parts de marché sur ses concurrents et tend à obtenir la première place.

Cela faisait quelques temps que nous ne vous avions plus évoqué des statistiques sur l’OS de Google. Les cabinets sont nombreux et bien que les chiffres précis ont toujours tendance à se contredire, il faut noter la tendance qu’il s’en dégage. Dernièrement, c’est l’analyse de comScore qui nous a paru suffisamment nette, pour qu’elle puisse être utilisée. Certains acteurs sont gommés comme Bada ou webOS, alors que le premier est particulièrement fort en France. Mais il s’agit un peu d’une exception française, ce qui explique pourquoi les cabinets ne l’incluent pas toujours. Ils sont alors vulgairement classés dans les « autres ».

La dernière étude concerne 5 membres de l’Union Européenne : l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni. Cet échantillon est ici appelé «Europe  des 5». Les données ont été récoltées entre juillet 2010 et juillet 2011, auprès des abonnés mobiles de 13 ans et plus. Il en ressort que le système Symbian est en forte chute, ce qui s’explique par un quasi-abandon de Nokia. Il continue d’y avoir des modèles en vente en magasin, mais qui ne sont pas suffisamment attractifs pour le grand public. Le verdict est sans appel, car sur un an, l’évolution est négative de 16,1 points de pourcentage. La nouvelle part sur les utilisateurs de smartphones est de 37,8% (contre 53,9% un an auparavant).

Android (ici Google) dépasse son concurrent iOS (ici Apple), ce qui lui confère la deuxième position. La progression est à deux chiffres : 16,2 points de pourcentage, ce qui est une excellente performance, quand on sait qu’il y a un peu plus d’un an, il ne représentait que 6% des utilisateurs de smartphones. Il est désormais à 22,3%, qui peut s’expliquer par de nombreux facteurs. Contrairement aux autres acteurs, Android équipe des téléphones d’entrée de gamme qui sont un bon compromis pour les clients ayant un petit budget. C’est un moyen pour acquérir un appareil avec des caractéristiques moyennes mais qui permet de profiter des joies offertes par ce nouvel univers. Android c’est aussi du moyen et haut de gamme qui sont reconnus et qui réalisent de très bonnes ventes. Il est difficile d’obtenir des données précises car les constructeurs restent pour la plupart silencieux (à l’exception de Samsung). Par conséquent, le système de Google fait bien plus que profiter de la progression naturelle du marché, ce qui est une bonne donnée.

C’est Apple qui vient terminer ce podium, avec son iPhone. La base d’utilisateurs est conséquente, car avec seulement quelques modèles, elle représente 20,3%. Sur un an, on assiste à une progression d’1,2 point de pourcentage (19% en juillet 2010). Mais cet écosystème a dû laisser sa place à Android car son placement élitiste, par rapport au prix commence à le desservir. Il est certes question d’un iPhone «light», mais la stratégie de la marque n’a jamais été de brader son matériel, cela semble donc peu probable. En revanche, l’iPhone 5 pourrait frapper la concurrence, comme les fois précédentes, à moins que cette fois-ci les différents acteurs en place se soient déjà armés pour répondre immédiatement.

RIM et ses Blackberry est en quête du podium, mais l’écart face au troisième est tout de même imposant, car 11 points de pourcentage le séparent d’Apple. On a donc les chiffres de 8% en juillet 2010 et 9,4% en juillet 2011 sur le pourcentage des utilisateurs. La progression est positive de 1,5 point. Le futur de la marque passe par le système d’exploitation QNX, qui est déjà implanté dans la tablette Playbook. Ce dernier a la particularité de pouvoir utiliser des applications Android et pourrait à l’avenir perdre de son identité, tout en ayant un regain d’intérêt.

Microsoft est le dernier acteur de ce classement (avant « les autres »), mais le nouveau système Windows Phone 7 ne semble pas être suffisant pour enrayer la forte chute, qui est de -4,8 points sur un an. Cela ne lui confère plus que 6,7% du parc des utilisateurs, contre 11,5% un an auparavant. Bien que l’OS soit reconnu, la stratégie actuelle ne semble pas être adéquate au marché européen « des 5 ». Les espoirs se fondent désormais sur Mango, qui devrait être disponible dans les jours à venir;

La concurrence va s’intensifier dans les mois à venir, avec Microsoft et son nouveau Mango ou le futur iPhone 5. Les chiffres pourraient donc évoluer, mais il semble inévitable à l’heure actuelle, qu’à moyen terme Android vienne prendre la première place dans « l’Europe des cinq ».

Après les plateformes mobiles, passons aux constructeurs qui proposent des smartphones sous Android. Samsung est le premier en France, ce qui peut s’expliquer par sa notoriété dans de nombreux domaines : machines à laver, télévisions… L’image de marque étant favorable, les acheteurs lui font donc confiance et lui confèrent une part d’abonnés de 42,3%. Cela s’explique notamment par de nombreux modèles et notamment le Galaxy S II, qui performe au niveau de ses ventes. La récente campagne publicitaire sur tout le territoire a permis d’assoir cette position, même si le produit n’est pas parfait. Si Google a choisi Samsung pour son Nexus Prime (le premier smartphone disposant d’Ice Cream Sandwich), ce n’est donc pas uniquement pour sa qualité matérielle. C’est le seul pays dans l’Europe des cinq, où le coréen arrive à un tel niveau.

HTC est très largement distancé à plus de 20 points de pourcentage derrière Samsung. Il s’agit par ailleurs de son plus bas taux, très loin de sa domination au Royaume-Uni, avec ses 50,9% sur les abonnés mobiles. Cela explique dans en grande partie pourquoi les annonces européennes se font dans la majorité des cas depuis Londres. La gamme de ce constructeur est très large et diversifiée et arrive donc à cibler correctement le marché. Bien que les tablettes ne soient pas incluses dans ce classement, cela semble être à l’heure actuelle le talon d’achille du taïwanais, qui ne semble pas avoir compris qu’un prix trop élevé nuit à ses ventes.

Sony Ericsson est troisième, juste derrière HTC. Avec ses 17,4% d’abonnés la co-entreprise se porte mieux (même si elle a connu des chiffres plus flatteurs) et notamment par rapport aux nouveaux modèles. Contrairement aux concurrents qui multiplient les architectures : nVidia Tegra 2, Qualcomm Snapdragon, Texas Instruments OMAP…, le constructeur a fait le choix du Qualcomm MSM8255 sur l’ensemble de ses modèles. Il n’y a donc pas de double-coeur dans sa gamme, mais le processeur unique lui permet d’avoir des optimisations beaucoup plus avancées, car les ingénieurs ont des compétences plus fines.

Motorola est faible avec seulement 3% des abonnés. Cela semble être un juste retour devant la politique en matière de mise à jour déplorable de la division européenne. Les produits sont bons et la qualité n’est plus à démontrer, mais le logiciel est réellement un gros défaut de ce constructeur. Le récent rachat par Google devrait améliorer la situation. A la lecture de ces chiffres, on voit donc que c’est avant tout pour le portefeuille de brevets que le géant de Mountain View a acquis cette entreprise.