Hier, j’étais à la soirée de lancement européen, à Londres du Galaxy Note, dans un lieu bien connu et ma surprise fut grande en voyant qu’il y avait également, dans l’usine qui a servi d’illustration au magnifique Animals de Pink Floyd, le fameux Galaxy Nexus.

Le directeur de Samsung Mobile s’appelle monsieur Jkshin. Prononcé à la française, ça fait Jacky Chan.

Après la fin de la conférence et l’ouverture des rideaux nous ouvrant la voie vers les précieux objets, il fallait pourtant remarquer un phénomène peu attendu  : si ce Galaxy Nexus ne tournait pas sous Ice Cream Sandwich – ou si le Note en était déjà pourvu -, je crois que personne ne serait allé le voir. Mais quand même, puisque j’ai été attiré, il fallait bien que je vous fasse un petit résumé.

Comme le Nexus One et le Nexus S en leur temps, le Galaxy Nexus reste un téléphone qui sert à tirer l’industrie vers d’autres normes de qualité et à promouvoir un OS, qui séduira le fan de la première heure et le développeur voulant un téléphone « nu », mais qui restera très certainement loin du grand public, ne bénéficiant pas de la même puissance marketing que d’autres modèles.

Le Galaxy S II était sorti quasiment en même temps que le Nexus S ; le Galaxy Note, sortant deux semaines plus tôt que le Nexus nouveau à grand renfort d’ODR, ne manquera pas de lui faire de l’ombre chez les opérateurs, surtout que l’on m’a confirmé la mise-à-jour de ce tabphone vers Android 4.0.

Les slides passaient tellement vite que je prenais des photos au pif. Celle là, par exemple, ne sert à rien.

Bref, vous pourrez retrouver ma prise en main du gros sur LesArdoises : pour l’instant, parlons Nexus.

A la première saisie, un mot résonne : « vélocité ». Rassurez-vous si vous connaissez Honeycomb, même si ICS en reprend les lignes, le nouveau système de Google a complètement effacé la lourdeur. Les menus s’enchaînent très rapidement, les applications se lancent immédiatement, l’ensemble est vraiment très agréable à utiliser. Android n’a plus à envier aux produit Apple leur réactivité tactile si caractéristique.

Il paraît qu’ils vont l’appeler Srii

Samsung a changé de matériau de la coque et ça se sent : on passe d’un plastique que les fans de HTC disent souvent « cheap et fragile » à une sorte de téflon que je ne saurais qualifier sans tomber dans la métaphore pompeuse. Pour vous donner une idée vague, le revêtement est doux mais solide et se rapproche plus de celui d’un Evo 3D que des produits Samsung traditionnels.

Comme il y avait beaucoup de monde, je n’ai pas pu essayer des tas d’applications – surtout qu’il n’y en avait pas des tas préinstallées -, mais plusieurs fonctionnalités ont retenu mon attention.

Fin, mais pas trop

La gestion des tâches d’abord, et là, je n’ai qu’un mot : ENFIN. On les suppliait depuis 1.6, Google a finalement implanté nativement une fonctionnalité de fermeture des applications. D’accord, Android sait gérer 30000 tâches en même temps et se charge d’allouer la mémoire à qui veut, mais qui n’a jamais connu ce bug (ou feature?) : en faisant « retour » dans une appli, Android passe en revue toutes les applications ouvertes jusqu’à retrouver le bureau, donnant lieu à des incohérences par la suite (ouvrir le Market, tomber sur le calendrier…).

Bon, et bien là, ça n’existera plus, vous voulez fermer une app, comme sur webOS, vous la faites glisser hors du gestionnaire et hop, fermée.

Je me demande qui conçoit l’éclairage des salons : à chaque fois, les photos sont au mieux passables

Ensuite, les boutons tactiles. C’est bizarre. Ils réagissent en fait comme les boutons des précédents Nexus, mais laissent leur place à l’écran quand on veut utiliser le smartphone dans toute sa largeur, pour regarder un film par exemple. Il suffit alors d’appuyer sur l’écran pour les faire réapparaître. C’est une bonne idée qui ne m’a pas dérangée comme je le craignais, mais je ne pourrais malheureusement pas répondre à la question que tout le monde se pose : « et si ça plante ? »

Eh bien, il n’a pas planté. Nous verrons bien comment cela se passe s’il freeze un jour sur un écran noir, sans bouton « Home » physique pour forcer le retour sur l’écran d’accueil, comme cela arrive parfois.

L’appli Contacts est désormais dynamique : réseaux sociaux, flux, options… 

L’appareil photo tient ses promesses et prouve paradoxalement la teneur non-commerciale de ce smartphone : sans capteur 8 mpx, il n’aura pas la hype d’un iPhone 4S ou d’un hypothétique Galaxy S III. Comme vous pouvez le voir sur la vidéo, il prend bien la photo instantanément, permettant une quasi-rafale avec un peu moins d’une seconde entre chaque cliché. Plaisant.

Du côté du lecteur vidéo, Samsung s’était joué un tour en mettant sur tous les modèles, Galaxy Nexus et Note, les mêmes vidéos. Vous connaissez l’excellence des codecs Samsung pour décoder tout et n’importe quoi… codecs qui n’ont vraisemblablement pas tous été portés sur cet Android « nu » : une des vidéos de présentation n’était pas lisible sur le Galaxy Nexus avec le lecteur de base. Gageons que le processeur se débrouillera parfaitement pour lire du 1080p avec un autre lecteur, l’écran de 1280x720p étant vraiment bluffant visuellement, tant en lecture qu’en utilisation traditionnelle.

Même dans les menus, ce bleu, je n’arrive pas à m’y faire. 

Du côté théorique, puisque je n’ai pas pu tester les fonctionnalités mais seulement voir qu’elles existaient bel et bien, je salue le retour de la diode de notification et du NFC, utilisé d’une nouvelle manière pour synchroniser deux smartphones sur la même image. Vous avez quelque chose sur votre écran que vous voulez montrer à quelqu’un possédant un Galaxy Nexus ? Rien de plus simple, approchez votre smartphone du sien, les écrans se synchronisent sur la même application, que ce soit une page web ou un plan sur Google Maps.

Il y avait aussi trop de bruit pour tester la reconnaissance vocale de manière décente : vous devrez attendre le test de mes confrères FrAndroidiens pour être fixés.

Bref aperçu du dos, crédits photographiques au spécialiste des réseaux de LesMobiles

Enfin, cela n’engage que moi, mais je ne suis pas convaincu par l’aspect esthétique d’Ice Cream Sandwich. L’interface que l’on dit volontiers en « néon » d’Honeycomb, j’étais déjà pas forcément fan, mais cela restait cohérent. Là, passer du bleu profond au bleu fluo c’est… dérangeant. La couleur n’est pas du tout neutre et ne plaira pas à tout le monde.

D’ailleurs, de manière générale, on a considéré Gingerbread et les différentes surcouches comme un progrès continu vers le grand public alors que Honeycomb n’avait pas su convaincre les masses par son côté Tron-nerd. Alors oui, Rubin n’avait pas tort, Ice Cream Sandwich fait plus mature et plus épuré que iOS, mais j’ai comme l’impression que, tel quel, cela ne passera pas. Android 4.0 n’est pas pensé pour le grand public et j’irai même jusqu’à dire qu’il régresse de ce point de vue par rapport à Gingerbread qui avait été suffisamment peaufiné et modifié pour atteindre à l’excellence en terme d’ergonomie.

Je ne serai jamais aussi bon que Christian Jeanpierre pour commenter

Il faudra voir, en fait, ce que les constructeurs feront d’Ice Cream Sandwich et comment ils parviendront à utiliser les nouvelles fonctionnalités en daptant leurs surcouches : nu, le système plaira sûrement à beaucoup de lecteurs ici, mais n’a pas le côté rassurant d’un Touchwiz ou d’un Sense, pour ne citer qu’eux. Vous compterez combien de fois vos amis vous diront que vous avez un « téléphone de geek »…

Bref, je ne vais pas m’étendre plus longtemps après seulement une dizaine de minutes de prise en main dans un salon bondé et bruyant, mais s’il y avait 2 choses à retenir, ce seraient celles-ci : en voyant ce smartphone le nerd en moi s’excite, le consommateur s’éloigne.