Google a choisi HTC pour construire les Pixel et Pixel XL. Le partenariat est un témoignage de la forte relation entre Google et HTC, qui a également été exploitée pour construire le premier smartphone Android, le HTC Dream, ainsi que le premier téléphone Nexus, le Nexus One.

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Aujourd’hui, il est peu probable que vous vous réveilliez en réalisant que vous voulez un smartphone HTC. HTC va mal, les pertes s’accumulent tandis que les managers, dont le fondateur Peter Chou, ont quitté le navire. C’est vrai que les derniers résultats sont moins alarmants, portés par le succès mitigé du HTC Vive, le meilleur casque virtuel sur le marché (à mon goût). Mais c’est une maigre consolation lorsqu’on regarde le chemin parcouru par cette entreprise taïwanaise, qui construisait des téléphones en marque blanche pour les opérateurs et qui a ensuite réussi à émerger en tant que mastodonte de la téléphonie. Et justement, HTC se veut homme de l’ombre des Pixel.

 

HTC Dream, premier androphone

En 2002, Andy Rubin – fondateur d’Android – gérait l’entreprise Danger qui avait accouché d’un téléphone nommé SideKick. Il n’a pas été  vendu en France, mais c’était un produit phare aux États-Unis. Ce terminal fonctionnait sous DangerOS, un système principalement basé sur Java.

En 2003, Android Inc. naît. L’entreprise n’est pas très claire quant à ce qu’elle développe, mais l’on sait que cela touche au développement mobile. Finalement, Google a mis la main sur cette entreprise en 2005. Alors qu’Apple développait l’iPhone dans son lab de Paris – sous la houlette de Jean-Marie Hullot –, l’équipe Android travaillait activement à un grand projet : faire revivre le SideKick.

En 2007, l’iPhone est lancé, et Google passe à l’attaque avec Android. C’est dans ce contexte qu’est annoncé le T-Mobile G1, le premier terminal Android. Il reprenait le look&feel du SideKick avec son clavier complet. En France, nous l’avons connu chez Orange sous le nom de HTC Dream.

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Le HTC Dream embarquait un biprocesseur Qualcomm cadencé à 528 MHz, 192 Mo de mémoire vive et 256 de mémoire interne, avec la possibilité de rajouter une carte microSD jusqu’à 8 Go. Pour ce qui est de la connectivité, elle était déjà complète : EDGE, 3G, 3G+, GPS, WiFi… Il s’agissait du premier androphone commercialisé.

 

Google Nexus One, premier Nexus

Début 2010, Google présentait son programme Nexus avec le Nexus One fabriqué par HTC. À l’époque, Google avait déjà travaillé étroitement avec HTC. Le Nexus One reprenait la base du HTC Desire, mais il était incontestablement très différent en main.

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Une de ses caractéristiques était la présence d’un trackball, façon BlackBerry.

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Le Nexus One a été un appareil très important dans l’histoire de Google, il a changé fondamentalement la direction d’Android en tant que plateforme. Alors que Google s’était initialement positionné comme une sorte de saint patron pour Android – il prenait désormais un rôle très actif en concevant des vaisseaux amiraux pour ses pâtisseries.

 

Google Pixel, premier Pixel Phone

Cette alliance entre Google et HTC n’est pas publique. Pendant l’annonce, Google n’a jamais prononcé le nom de son partenaire de longue date. Les produits Pixel sont des produits conçus par Google, et construits par un partenaire dont ne connaît pas officiellement le nom. Officieusement, c’est HTC, nous le savons depuis les premières rumeurs sur un supposé HTC Marlin.

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Avec la gamme Nexus, Google avait une stratégie très différente : les produits Nexus mettaient en avant les constructeurs partenaires de Google, comme HTC, Asus, Samsung ou LG. Google évoquait ses partenaires lors de l’annonce du produit. En passant à la marque de Pixel, Google envoie un message aux consommateurs et aux partenaires : il s’agit du premier smartphone Google. HTC obtiendra une reconnaissance minimale. Ce partenariat renvoie aux premières années de HTC, où son rôle était de concevoir des téléphones en marque blanche.

Dans un sens, HTC n’est pas totalement perdant. L’entreprise taïwanaise obtient un contrat certainement juteux, et la reconnaissance de son partenaire historique, Google. Elle travaille main dans la main avec son partenaire de toujours, et continue à concevoir des produits impeccables, comme le HTC 10.

L’âge d’or du smartphone est terminé. Décrire HTC comme un simple fabricant de smartphones est une erreur. Toute l’entreprise investit désormais son temps et son énergie pour faire vivre le Vive. Bien sûr, nous aurons certainement un HTC 11 en 2017, mais le plus grand espoir de HTC demeure sur les marchés qui ne sont pas directement liés aux smartphones, comme le marché de la réalité virtuelle. Quant à Google, il vient de passer une nouvelle étape en la matière avec la plateforme Daydream.