Dans les régions d’Outre-mer françaises, les équipementiers chinois ne sont désormais plus les bienvenus. Les réseaux d’Outremer Telecom, Pacific Mobile Telecom et Orange, équipés par les groupes Huawei et ZTE, ont été rappelés à l’ordre par le gouvernement. Cet avertissement devrait aboutir au démantèlement des infrastructures chinoises au nom d’un principe de sécurité.

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Des installations de groupes télécom chinois seraient en cours de démantèlement. Implantés sur les réseaux d’Outre-mer, les équipementiers Huawei et ZTE, également constructeurs de smartphones, n’avaient pas obtenu l’agrément de l’Anssi (Agence nationale de la sécurité et des systèmes d’information). En d’autres termes, cela signifie que les équipements ne répondent pas aux critères définis par l’agence pour rendre une installation de ce type légale. Officiellement, un constructeur peut s’implanter sur un réseau du territoire français lorsqu’il obtient l’aval de l’Anssi et que son projet est garanti conforme à des principes de sécurité nationale.

BfmTV rappelle sur son site que ces installations illégales existent depuis 2006. Et si elles se sont multipliées, c’est que les groupes chinois accordent des prêts avantageux aux opérateurs. Baptisées “crédits fournisseur”, ils permettent aux sociétés de télécommunications d’investir dans les équipements dont ils ont besoin et participent donc à leur implantation locale. Selon BfmTV toujours, Outremer Telecom a ainsi obtenu jusqu’à 20 millions d’euros de la part de ZTE.

Le marché des télécom, un enjeu de sécurité nationale

Avec la mondialisation, les équipementiers de télécommunications s’exportent à l’étranger comme dans la plupart des secteurs de l’économie. Or, les données exploitables dans ce secteur constituent un véritable enjeu. C’est d’ailleurs ce qu’a démontré la révélation du programme PRISM donnant un aperçu de tous les moyens déployés pour la récupération et le traitement de ces données.

Plus qu’un enjeu économique, les équipements télécom appartiennent au champ de la sécurité nationale, et c’est pour cette raison que la montée en puissance de groupes tels que Huawei ou ZTE soulève certaines questions. Michael Hayden, ex-président de la NSA l’avait clairement indiqué dans un entretien donné à l’Australian Financial Times, l’implantation sur le réseau américain Huawei de Huawei constitue une menace pour les Etats-Unis.

Certainement pour ces mêmes raisons et ces mêmes craintes, le gouvernement français a décidé de faire appliquer une réglementation jusque-là ignorée. Il y a quelques mois, Lin Cheng, vice-président de ZTE avait affirmé que les réglementations de l’Anssi étaient trop strictes notamment par rapport aux conditions fixées par les autres pays européens. D’autres dans le milieu parlaient même d’une forme de protectionnisme déguisé visant à privilégier l’équipementier français Alcatel-Lucent face aux concurrents chinois.