Le journal l’Usine Nouvelle a demandé à François Quentin, le PDG de Huawei de répondre à la polémique lancée par le reportage Cash Investigation consacrée en partie au travail des enfants dans la fabrication de smartphones.

CASH INVESTIGATION

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que François Quentin n’a pas franchement apprécié l’intervention de la journaliste de France 2. Rappelons rapidement les faits. Mardi 4 novembre dernier, France 2 diffusait un reportage intitulé « Les secrets inavouables de nos téléphones portables ». Il y était notamment question de la fabrication des smartphones en Chine et plus particulièrement de dénoncer les sous-traitants de grandes marques qui font travailler d’enfants dans leurs chaînes. Élise Lucet, la journaliste derrière l’émission, a ainsi pu trouver et filmer des enfants d’une dizaine d’années qui travaillent dans ces chaînes. De retour en France, elle a tenté de demander des explications au PDG de Huawei France. Voici ce qui s’est passé ensuite :

Le journal l’Usine Nouvelle a demandé au patron de Huawei France de réagir après la diffusion de l’émission. Et François Quentin n’a pas digéré l’intrusion de la journaliste. L’Usine Nouvelle explique ainsi : « […] La demande d’interview ne lui était pas parvenue directement. L’ex-directeur de la division aéronautique de Thales n’a en tout cas pas digéré les méthodes de l’émission : «  j’ai activé tous mes réseaux et Madame Lucet n’aura plus aucun grand patron en interview, sauf ceux qui veulent des sensations extrêmes ou des cours de Media Training !  » ». Ce n’est peut-être pas la réaction la plus appropriée… mais c’est un sujet sensible pour le constructeur chinois.

Le patron de Huawei a toutefois donné quelques précisions sur la société chinoise qui employait des enfants dans le reportage. Là encore, l’Usine Nouvelle indique : « Huawei avait identifié ce problème chez ce fournisseur de son sous-traitant en mai 2014, soit un mois avant l’échange musclé avec Élise Lucet. « Nous avons une tolérance zéro sur ce point et nous avons immédiatement cessé toute collaboration avec cette entreprise« , martèle-t-il ». Si l’on en croit Huawei, le problème était connu de l’entreprise et en phase de résolution. Toujours au micro de l’Usine Nouvelle, François Quentin a indiqué que Huawei contrôle les conditions de travail de ses sous-traitants jusqu’au deuxième rang (les sous-traitants des sous-traitants, donc). Il précise également que la société ne fera pas de communication officielle sur le reportage diffusé par France 2, mais que « seuls les salariés de Huawei devraient recevoir un message censé les rassurer sur les pratiques de leur entreprise ».

A propos du reportage de Cash Investigation : Le reportage | La réaction de Microsoft