Intel, en partenariat avec QuTech, a réussi à créer une puce intégrant un calculateur quantique. La seconde phase de l’informatique grand public commence à se déployer.

De nos jours, l’informatique grand public utilise un système de données binaires. Nos processeurs réfléchissent selon une logique simple, basée sur la valeur d’un bit : 0 ou 1. Leur puissance, pour simplifier grandement les choses, dépend du nombre de transistors et d’opérations séquentielles qu’ils sont capables d’effectuer.

Une nouvelle manière de réfléchir le traitement informatique est née depuis quelque temps : le calcul quantique. Ici, on se basera sur des qubits dont la particularité est d’utiliser les propriétés quantiques d’une matière pour réaliser ses calculs. Propriétés quantiques qui permettent des opérations beaucoup plus complexes, celles-ci pouvant subir un plus grand nombre d’états et pouvant se superposer ou s’intriquer.

Un calculateur quantique dans une puce en silicium

La plus grande faiblesse du déploiement des ordinateurs quantiques pour le grand public réside dans un fait tout simple : ils ne peuvent exister que dans des conditions très particulières. Toutefois, Intel et QuTech ont présenté une véritable révolution en la matière : un calculateur quantique intégré à une puce en silicium, comme celles présentes sur nos ordinateurs.

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Cette puce quantique intègre 2 qubits, et est surtout intégralement programmable. Elle utilise un type particulier de qubit — les spin qubits — qui sont capable de lancer deux algorithmes quantiques différents sur une simple puce en silicium. Ces spin qubits sont basés sur des électrons agités par des ondes électromagnétiques, et subissent donc bien moins les contraintes physiques des ordinateurs quantiques développés jusque là.

Un pas de géant vers le grand public

Cette avancée ne va pas se transformer du jour au lendemain en un ordinateur ou un smartphone incroyablement plus puissant que ce que nous connaissons aujourd’hui, bien sûr. Cette présentation est avant tout preuve que les calculateurs quantiques pourront ne pas être réservés aux laboratoires de recherche à l’avenir.

La technique présentée ici par qubit prouve surtout qu’une production à grande échelle, grâce au silicium, sera possible à l’avenir. Si le nombre de qubits disponibles sur cette puce n’est pas très impressionnant pour le moment, il ne s’agit désormais plus qu’une question de temps avant que des systèmes intégrant des dizaines voire centaines de qubits existent.

Si une comparaison directe entre un système binaire et un système quantique n’a pas vraiment de sens, les deux philosophies de fonctionnement étant totalement différentes, il a été théorisé qu’un simple calculateur quantique de 100 qubits serait tout simplement plus puissant que tous les superordinateurs du monde combinés. Voilà de quoi vous donner une idée de l’importance de cette avancée.