Après plusieurs mois passés sur le dernier fleuron de LG, il est temps de voir comment il supporte le poids de l’âge.

Introduction

« J’ai besoin d’un nouveau téléphone ». Chaque fois que je prononce cette phrase, je sais que je suis parti sur un long chemin de croix pour trouver le nouvel appareil qui aura la charge de satisfaire mes nouveaux et futurs besoins.

À la place de toujours rester dans la même crèmerie, j’oublie tous mes a priori sur les constructeurs et je dresse un bilan sur ce qui va et ne va pas sur mon téléphone, afin de choisir un successeur digne de ce nom. Si j’en avais le besoin et le budget, je ne rechignerais même pas à passer du côté pommé de la force.

Mais cette fois-ci, c’était différent. Je devais acheter un téléphone en Corée du Sud et là-bas, le choix est très limité : LG, Samsung et Apple monopolisent tous les magasins et points de vente de cellulaires. Le LG V30 venait alors de sortir et malheureusement… Personne ne l’avait testé. Pour la première fois, le marketing à lui seul m’a convaincu de dépenser 1,1 million de wons coréens (je vous laisse faire la conversion 😀 ).

Est-ce que les regrets se sont accumulés au fil des mois ? La réponse dans la suite.

À lire sur FrAndroid : Test du LG V30 : sur la bonne voie, mais des efforts restent à faire

Le plus beau téléphone LG jamais conçu

Le LG V30 est probablement l’un des plus beaux smartphones de l’année et peut, à mes yeux, facilement prétendre au titre de plus beau smartphone de l’année.

Le dernier smartphone qui m’a autant frappé par son élégance était le HTC One M7 à son époque. L’alliance des tranches en métal et du verre traité est complètement organique grâce aux tranches arrondies et aux verres 2,5D. Le tout associé aux bordures réduites offre un résultat sans appel : une préhension naturelle malgré l’écran de 6 pouces.

La prise en main est tellement bonne qu’en 4 mois d’utilisation intensive et dans tous les scénarios d’utilisation imaginable, le V30 ne m’a échappé des mains qu’en de rares occasions. En revanche, même si le smartphone est très léger, mon réflexe qui consiste à le supporter avec mon petit doigt droit se révèle assez douloureux. Personnellement, j’aurais préféré un poil moins grand que 6 pouces de diagonale, mais c’est vraiment du chipotage à ce niveau.

On se fait très vite à l’emplacement du capteur d’empreintes au dos, qui a l’intelligence de se distinguer aisément de l’appareil photo.

Si le téléphone m’a rarement échappé des mains, il n’a jamais été victime de négligence. Ce qui rend d’autant plus difficile la justification des rayures au dos de l’appareil. Le fait qu’elles soient particulièrement profondes est d’autant plus incompréhensible, aux vues des précautions que je prends pour éviter un tel résultat. Heureusement, ces rayures sont visibles sous une forte luminosité et ont le bon goût de se faire discrètes le reste du temps. Quoi qu’il en soit, le V30+ reste toujours magnifique et confirme mon allégeance à la team #SansCoque.

En revanche, certains résidus peuvent venir se loger entre l’espace qui sépare le verre des tranches de métal. Un problème pas très répandu sur les smartphones de ce gabarit, mais fort heureusement assez peu gênant.

Pour résumer, le V30 est beau et agréable à prendre en main et, par-dessus tout, ergonomique. Même après plusieurs mois, le téléphone est toujours aussi moderne et élégant. Cependant, tout n’est pas rose, surtout une fois que l’on prête plus attention au dos en verre. Là, les rayures se manifestent sans aucune raison apparente. Ce n’est pas l’hécatombe que l’on pourrait croire, mais l’aspect du téléphone en prend tout de même un coup.

Très bon en photo, excellent en vidéo

LG accorde beaucoup d’importance à la partie photo de ses appareils haut de gamme. Mais la gamme V a été développée pour les amoureux de la vidéo. Et, contrairement à ce qu’en pense Dx0Mark, le V30 n’est pas un mauvais élève dans cette catégorie.

Pour rappel, le V30 associe deux modules photos, le premier associe un capteur de 16 millions de pixels et une ouverture de f/1.6 tandis que le second est un module grand-angle de 13 millions de pixels avec une ouverture de f/1.9. C’est un combo que seul LG met en avant, les autres constructeurs préférant avantager l’effet de bokeh sur les portraits.

Au-delà des chiffres, le V30 est très bon en photographie, produisant des clichés pouvant aisément impressionner votre entourage. Et retoucher ses photos à la volée peut très vite devenir addictif. Mais pour les photos en conditions défavorables, je me suis tourné vers le portage de l’application Camera de Google, qui non seulement profite du mode HDR+, mais peut également simuler un flou de portrait ! Le meilleur des deux mondes en somme.

Appelez-moi Max, mais je ne suis pas le moins du monde amateur de selfies. C’est pourquoi après 4 mois avec le V30+, les faibles capacités de son capteur avant ne m’ont jamais dérangées outre mesure. Il vaut mieux encore s’en tenir le plus éloigné possible, sauf si les conditions d’éclairage sont particulièrement favorables et que vous avez besoin du mode grand-angle pour caser une poignée de têtes en plus. En revanche, les appels en visioconférence passent relativement bien dessus.

Si j’ai choisi le V30+, c’est principalement parce que je voulais un nouveau téléphone capable de faire une jolie vidéo souvenir de la Corée. Et l’enregistrement en Log m’a introduit à un tout nouveau pan de la post-production : la correction de couleurs et le color grading.

Les contrôles manuels sont également un vrai plus, qui peuvent servir à familiariser un néophyte avant qu’il ne passe à un équipement dédié.

Le reste des paramètres est assez complet, mais honnêtement à part pour tester ce qu’ils faisaient, je ne m’y suis pas attardé plus que cela.

Un combo de capteurs photo intéressant, des clichés de bonne qualité et un module vidéo complet. En couplant cela avec le portage de Camera de Google, je me suis retrouvé avec des photos qui ne déçoivent quasiment jamais et c’est bien tout ce que je pouvais exiger. Et dans les autres cas, la retouche en quelques minutes peut faire des miracles.

Une interface classique avec des petits plus

Le premier gros point noir est le suivant : le LG V30+ est surchargé de pourriciels, du moins dans sa version coréenne.

Sinon, ceux qui apprécient la vision d’Android by Google ne seront pas probablement conquis par l’interface utilisateur de LG. Tout n’est pas pour autant à jeter à la poubelle. L’interface s’améliore au fil des mises à jour, comme vous pouvez le constater avec le tour d’horizon de la version bêta d’Android 8.0 Oreo sur le LG V30.

L’Always On Display est sûrement intéressant au quotidien, mais cette fonction est redondante pour tous les utilisateurs d’Android Wear. C’est en tout cas mon impression en tant que possesseur d’une Huawei Watch. Pour les autres, cette fonction permet de voir ses notifications et son niveau de batterie en un clin d’œil, ou encore de contrôler rapidement sa musique ou ses paramètres rapides.

Pour en savoir plus sur l'interface du LG V30 : LG V30 : tour d'horizon de la mise à jour vers Android 8.0 Oreo | Test du LG V30 : sur la bonne voie, mais des efforts restent à...

Mais ce qui distingue le LG V30+ est sans doute son retour haptique plus convaincant que ceux des concurrents. S’il n’est pas au niveau des derniers iPhone, le vibreur du V30+ est précis et surprend parfois quand il tente d’émuler certains effets réalistes, notamment la molette de l’application Appareil Photo.

Pour résumer, l’interface du LG V30+ ne s’est jamais montrée particulièrement dérangeante pendant ces 4 mois. Malheureusement, elle ne s’est jamais distinguée comme HTC Sense a pu le faire par le passé. En revanche, ce que fait cette interface, elle le fait bien et même dépasse ses concurrents sur le retour haptique, qui est une meilleure surprise que la barre flottante.

Une autonomie satisfaisante et une économie d’énergie très efficace

Je dois avouer que j’ai été agréablement surpris de la batterie du V30+ quand je me trouvais en Corée. Elle dépassait aisément 5 heures d’utilisation (écran allumé) avant d’atteindre les 20 %, soit bien au-dessus de mes anciens appareils. Mais une fois de retour en France, j’ai rapidement déchanté et en raison d’un comportement de la batterie… erratique.

Si la batterie tient un peu moins bien en l’utilisant avec une connexion 4G constante, c’est quand je laisse le téléphone se reposer que la catastrophe arrive. Je soupçonne le mode Doze d’être dysfonctionnel. En laissant ma connexion active dans la nuit, je peux perdre jusqu’à 40 % de batterie, tandis que j’en perds 2 ou 3 une fois la connexion désactivée. Une récente mise à jour de LG semble avoir corrigé le problème, mais il reste à voir si cela continuera sur le long terme.

Malheureusement, les problèmes arrivent souvent accompagnés et celui mentionné ci-dessus ne fait pas exception. Le lendemain matin, qu’importe le niveau de batterie, celui-ci chutera en quelques minutes d’utilisation. Cette fois-ci, je n’arrive pas à en expliquer la cause. Ce comportement arrive également quand j’arrête de charger la batterie avant d’atteindre les 100 %.

Cependant, malgré tout cela, je n’ai pas été souvent contraint de basculer en mode d’économie d’énergie maximum, qui peut faire gagner de précieuses heures.

Enfin, le chargeur fourni avec le V30+, compatible QuickCharge 3.0, est assez rapide et recharge complètement l’appareil en moins de 120 minutes.

Des performances sans compromis

Avec 4 Go de mémoire vive et un Snapdragon 835, le V30 est taillé pour toutes les tâches les plus gourmandes. Les animations sont fluides, l’interface répond au doigt et à l’œil, les gros jeux gourmands sont fluides. Sur ce point il n’y a, et c’est encore heureux, rien à redire.

En revanche, le LG V30 n’arrive toujours pas à lire de manière fluide les vidéos YouTube HDR et ce en 1080p. Ce problème existe depuis la sortie du V30 et aucun progrès n’a été fait, chassant l’idée du bug qui accompagne potentiellement une nouvelle fonction.

En dehors du souci de performances évoqué plus haut, le V30 ne bronche pas, même pour stabiliser une vidéo 4K avec l’application Google Photos. De plus, il n’a pas tendance à chauffer dans la majorité des scénarios du quotidien et jamais, ô grand jamais, ne m’a donné l’impression de devenir un radiateur portable. C’est pour moi une première.

Le truc en plus

Mais après 4 mois avec le V30, je ne songe même pas une seconde à m’en séparer. Pourquoi ? Pour sa qualité audio. Je ne suis pas un audiophile avec un budget illimité. Je dois donc me contenter de matériel grand public. Et je dois dire que le LG V30+ est le premier téléphone qui fait sonner mon modeste casque différemment. Cela est difficile à expliquer, mais le LG V30+ est, au-delà des chiffres et des mesures, le baladeur audio qui me convient le plus aujourd’hui.

Verdict après 4 mois

Après plus de 120 jours d’utilisation, le V30 m’apparaît comme un téléphone versatile qui laisse certains gimmicks de côté (le second écran) pour se concentrer sur les aspects plus classiques.

À l’exception de quelques fausses notes comme la caméra avant ou la batterie qui a un comportement inexplicable, le V30 est un produit qui respire la finition et la qualité même après plusieurs mois.

Si ces quatre derniers mois sont un indicateur du vieillissement du V30, alors je suis réconforté dans mon choix. Loin d’être particulièrement fragile ou de faire apparaître des bugs gênants, ce dernier s’est révélé, à quelques détails près, constant et toujours aussi fiable.