Lenovo vient de publier ses résultats financiers pour le deuxième trimestre de 2015. Des résultats très décevants, puisque la firme chinoise affiche un bénéfice net en baisse de plus de 50 % et annonce dans la foulée un plan de restructuration.

Lenovo-Motorola

Si l’on connaît bien Lenovo pour ses smartphones et pour son rachat de Motorola l’année dernière, les résultats de la marque chinoise reposent en grande partie sur le marché des PC et des tablettes. Lenovo a beau mettre en avant des chiffres élogieux — il reste le premier constructeur de PC et tablettes Windows dans le monde avec une part de marché de 20,6 % — la marque souffre considérablement de l’atonie de la demande. Lenovo indique ainsi que les livraisons de PC et tablettes sous Windows ont baissé de 7,1 % durant le trimestre, un problème quand on sait que le PC représente plus de 30 % de son chiffre d’affaires.

Hausse de la concurrence en Chine, hausse du dollar, croissance en berne sur le marché du smartphone et baisse des ventes de PC sont autant de facteurs défavorables pour Lenovo. Du point de vue du chiffre d’affaires, Lenovo s’en sort plutôt bien puisqu’il augmente de 3 % par rapport à l’année dernière pour atteindre 10,7 milliards de dollars. Mais son bénéfice net est en chute libre, en baisse de 51 % par rapport à 2014 pour s’établir à 105 millions de dollars, contre 214 millions l’année dernière.

Lenovo n’a pas le choix et doit faire des économies, dont acte, il va mettre en place un plan de restructuration visant à réaliser 650 millions de dollars durant le second semestre de cette année et 1,35 milliard de dollars d’ici l’année prochaine. Lenovo s’apprête également à licencier 5 % de son personnel, soit 3 200 personnes (sur 60 000). Des licenciements qui toucheront uniquement des employés non manufacturiers.

Motorola à la peine, encore

Ce plan de restructuration se concentrera essentiellement sur la branche mobilité, qui a pourtant réalisé de bons résultats durant le second semestre de cette année, mais pas encore de bénéfice. Le chiffre d’affaires de la branche s’élève ainsi à 2,1 milliards de dollars, soit une augmentation de 33 % par rapport à l’année dernière. Lenovo indique également que Motorola a contribué à plus de la moitié de ce résultat et a rapporté 1,2 milliard de dollars. Ce qui n’empêche pas la branche de perdre toujours de l’argent et d’afficher des pertes à hauteur de 292 millions de dollars.

Motorola, justement, ne rapporte toujours rien à Lenovo. La marque chinoise annonce ainsi avoir vendu 16,2 millions de smartphones durant les mois d’avril à juin 2015. Un chiffre en baisse de 2,3 % par rapport à l’année dernière, infléchie en partie par Motorola, qui a écoulé 5,9 millions de smartphones sur la période, en baisse de 31 % par rapport au second trimestre de 2014.

Lenovo va s’appuyer sur l’expertise de Motorola pour assurer sa croissance

Lenovo explique que « cette performance résulte de plusieurs facteurs dont une compétition accrue, des cycles de développement de produits long associés à des problèmes de stock, des problèmes macro-économiques au Brésil (un des marchés majeurs de Motorola) et des coûts fixes de structures qui ont entrainé des déficits ». Malgré tout, Lenovo croit encore que Motorola sera profitable d’ici quelques trimestres, ou tout du moins, espère que l’ensemble de sa branche mobile — comprenant les smartphones, les tablettes Android et les télévisions — sera profitable d’ici 2 ou 3 trimestres.

Pour redresser la barre de la branche mobile, Lenovo compte mieux utiliser les forces de Lenovo et de Motorola. « La branche mobile de Lenovo continuera à prendre les décisions économiques, mais s’appuiera désormais sur Motorola pour designer, développer et construire les smartphones ». Lenovo promet ainsi un catalogue de smartphone plus simple à comprendre avec des modèles plus facilement différenciables. Une décision qui devrait essentiellement modifier les produits vendus en Chine et non en Europe où Lenovo ne sort que des smartphones de la marque Motorola.