À l’occasion du lancement de l’édition limitée « spéciale Colette » du OnePlus 3T noir, nous avons eu l’occasion de rencontrer Carl Pei, le fondateur de la marque. Ce dernier est aussi enthousiaste que pragmatique sur l’avenir de son entreprise et va même jusqu’à affirmer que sa firme pourrait sortir le meilleur smartphone de 2017.

Devant Colette, la foule s’amasse petit à petit. Il est 9h37 quand j’arrive. Une quarantaine de personnes attendent patiemment devant la boutique de luxe, sous le ciel gris de Paris. Chacune d’entre elles est venue pour mettre la main sur l’un des 250 modèles de l’édition limitée du OnePlus 3T « spéciale Colette » dans sa couleur noire inédite. À ce moment-là, il reste encore plus d’une heure avant que le magasin n’ouvre ses portes, à 11 heures. 

9h55. J’aperçois Carl Pei sur le trottoir d’en face. Les mains dans les poches de son jean, l’air tranquille, il traverse la route. Calme et nonchalant. Au moment de serrer la main au patron de OnePlus, ce sont les deux premiers mots qui me viennent à l’esprit. L’homme ne prononce en effet aucun mot plus fort que l’autre, alors qu’il papote à droite à gauche. Mais malgré ce ton de voix quasi monotone, le bonhomme n’est pas ennuyant pour un sou et on sent tout l’enthousiasme qui l’habite quand il parle de smartphones et du monde de la technologie dans sa globalité. 

10 heures passées, il est temps de commencer notre entrevue. Carl Pei entre chez Colette — non sans avoir lancé un dernier regard sur les personnes qui attendent pour estimer leur nombre à la louche. Je le suis, on s’installe. C’est bon, l’interview commence enfin. 

La foule attend devant la boutique Colette.

« On a encore beaucoup de travail »

Il y a environ un an et demi, Carl Pei avait expliqué à Ulrich pour quelle raison il avait fondé OnePlus. Son objectif était de créer une marque aussi iconique qu’Apple et ses iPhone, mais au sein de l’écosystème Android. « On a encore beaucoup de travail à faire pour y arriver », explique-t-il. Mais il est optimiste. 

En effet, il met en avant le modèle économique particulier de son entreprise. « On ne se concentre que sur un seul produit chaque année. Chaque jour, quand on se réveille et qu’on se met à travailler, on ne pense qu’à un seul smartphone. Du coup, c’est difficile de nous concurrencer puisque toutes les autres marques doivent penser à plein de téléphones en même temps ».

Notons que cela n’est pas tout à fait vrai. En effet, le OnePlus X est sorti la même année que le OnePlus 2, avec l’intention de mettre plus l’accent sur le design que sur les caractéristiques techniques. En 2016, le OnePlus 3T a vite succédé au OnePlus 3, pour proposer un dérivé aux performances plus poussées.

Haut niveau de satisfaction

Carl Pei en profite également pour mettre en avant le très haut niveau de satisfaction observé auprès des utilisateurs de la marque qu’il a créée. Sans donner de chiffre précis, il m’assure que pour le OnePlus 3T, ce taux atteint des seuils plus élevés que chez les concurrents. Cela correspond plus ou moins à nos observations en interne.

En effet, OnePlus est le troisième constructeur le plus représenté parmi nos lecteurs — presque 9 % d’entre vous utilisent des produits de cette marque — et enregistre un taux de satisfaction de 94,3 % au sein de la communauté FrAndroid. 

À lire sur FrAndroid : Selon vous, quel constructeur propose la meilleure expérience utilisateur sur smartphone ?

Bon prix ≠ Bas prix

« Notre ADN, c’est de toujours chercher à créer le meilleur smartphone », déclame-t-il. À cela, je me permets d’ajouter : « et toujours à bas prix ? ». Je le vois tiquer avant qu’il ne me corrige : « on vend nos smartphones au bon prix ». Autrement dit, ce que Carl Pei veut faire passer comme message, c’est que le but de son entreprise n’est pas de vendre des téléphones peu chers, mais plutôt de ne pas les vendre à un tarif plus élevé que leur vraie valeur. « Si les composants sont meilleurs, le prix risque forcément de monter, mais il restera toujours juste », finit par résumer l’homme en face de moi.  

On est donc en droit de se demander comment OnePlus est capable de survivre en ne se concentrant que sur un produit par an et en minimisant ses marges. Mon interlocuteur me répond que l’entreprise ne perd pas d’argent. « On ne gagne pas beaucoup d’argent, mais toujours suffisamment pour pouvoir investir dans le produit suivant », ajoute-t-il. 

OnePlus 3T édition spéciale en noir mat

Carl Pei va plus loin en abordant sa manière de percevoir le concept de l’offre et la demande. Imaginez donc un marché où il y a 100 demandeurs d’un smartphone et l’entreprise a le choix entre en produire 90 ou 110. « Chez OnePlus, on choisira toujours l’option à 90 », raconte l’homme d’affaires.

Il poursuit : « Dans cet exemple, si on a dix smartphones invendus, il va falloir faire baisser les prix. Et on ne veut pas faire de discount, parce qu’on pense que l’on manquerait de respect aux premiers acheteurs qui ont payé plein pot ». Par ailleurs, la production d’un smartphone OnePlus est systématiquement arrêtée dès qu’un nouveau modèle est présenté. 

 

Axer les efforts sur la batterie et l’appareil photo

« Chaque année, on améliore la qualité de nos appareils. Cette année, on peut créer l’un des meilleurs, si ce n’est le meilleur smartphone du marché », affirme Carl Pei. Pour atteindre cet ambitieux objectif, OnePlus se concentre sur deux aspects essentiels selon sa communauté : la batterie et le capteur photo. 

« On propose la solution de charge rapide Dash Charge qui plaît beaucoup aux utilisateurs et on veut encore plus l’améliorer. Le OnePlus 3T a un très bon capteur photo, même s’il a des difficultés dans les environnements sombres. On va travailler dessus », promet l’homme d’affaires. 

Il assure également que l’interface maison, Oxygen OS, dont il est très fier, sera encore plus rapide et fluide. Voilà donc ce que l’on peut attendre du OnePlus 5 ? Face à cette interrogation, Carl Pei préfère se taire et ne donne aucune information sur ce supposé futur appareil — qui abandonnerait le chiffre 4 pour des raisons superstitieuses

OnePlus 3T édition spéciale en noir mat

Créer une relation entre la marque et ses consommateurs

Malgré cet optimisme, mon interlocuteur sait que la concurrence est extrêmement rude et que tout le monde se livre à « une guerre marketing ». Pour y faire face, il estime qu’il faut réussir à créer une relation d’affect avec les consommateurs. Pour résumer, « il faut que les gens s’attachent. Quand on leur demandera ce qu’est OnePlus, ils répondront tous la même chose ».

L’entreprise va d’ailleurs renforcer ses activités en Inde, dans les pays d’Europe du Nord et au Royaume-Uni pour y consolider sa communauté. Carl Pei précise par ailleurs que dès que le marché britannique sera conquis, il s’attaquera à la France. 

L’entretien touche à sa fin. Le patron de OnePlus me serre la main et encore une fois, je ne peux m’empêcher de remarquer la force tranquille qui semble l’animer. À moins de 30 ans, Carl Pei est animé par une vraie passion, mais semble tout de même assez aguerri pour faire face aux géants de la téléphonie mobile.