Nouveau rebondissement dans les intentions de rachat de Qualcomm par Broadcom : ce dernier vient de poser 121 milliards de dollars sur la table des négociations. L’offre a été refusée, mais la porte reste entrouverte.

Mise à jour du 9 février 2018 :

Qualcomm a « unanimement rejeté » la proposition de rachat à 121 milliards de dollars de Broadcom en estimant que cette somme ne correspondait pas à la vraie valeur de l’entreprise. Toutefois, ce refus n’est pas aussi ferme qu’il n’y parait puisque « Qualcomm a proposé de rencontrer Broadcom pour voir s’il est en mesure de remédier à sa proposition ».

Autrement dit, Qualcomm serait éventuellement prêt à accepter une offre plus importante.

Article original du 5 février :

Qualcomm est l’un des plus gros constructeurs de l’univers mobile. Il fournit en effet la plupart des SoC des appareils haut de gamme, en prime des modems des iPhone et de plein d’autres puces sur de nombreux segments.

Pas étonnant donc qu’il soit dans le viseur d’une entité aussi massive que Broadcom. Après une première proposition à 103 milliards de dollars qui a été refusée par Qualcomm, elle revient à la charge.

Nouvelle offre à 121 milliards de dollars pour Qualcomm

L’entreprise américaine est en effet revenu à la table des négociations pour y déposer un joli pactole de 121 milliards de dollars. Dans le détail, Broadcom paierait ainsi 82 dollars par action. Pour rappel, le stock de Qualcomm s’est fermé à 66,07 dollars par action ce vendredi.

On sent ainsi que Broadcom compte bien s’emparer coûte que coûte de l’activité du constructeur. Qualcomm a auparavant exprimé qu’il était ouvert à un rachat : il voulait simplement une somme supérieure. Celle-ci est-elle à son goût ? Nous en saurons plus au cours des prochains jours.

Qualcomm n’est pas dans la meilleure des situations

Il ne s’agit pas nécessairement de la meilleure situation envisageable pour Qualcomm, en termes de valeur. L’entreprise est liée à de nombreuses batailles juridiques contre Apple, et est aussi sous le coup d’une enquête pour abus de position dominante de la part de l’Europe.

Partout dans le monde, les constructeurs s’organisent afin de lutter contre cette domination. Huawei a depuis longtemps créé ses propres processeurs avec HiSilicon, et son Kirin 970 est assez puissant pour lutter contre son opposant américain. Le géant Google a lui aussi montré son ambition de développer ses propres puces, afin de lutter d’égal à égal avec Apple.

Et que dire d’Apple ? La firme de Cupertino se tourne désormais vers Intel pour ses modems, et compte bien se débarrasser intégralement de ses relations avec Qualcomm. Ce n’est donc peut-être pas le meilleur contexte pour une acquisition.

De belles perspectives d’avenir

Ceci étant, tout est loin d’être noir pour Qualcomm. Un rachat viendrait d’ailleurs calmer ses relations houleuses avec Apple, Broadcom ayant une relation plus aisée avec la firme à la pomme.

Qui plus est, l’une des perspectives d’avenir les plus importantes des ultraportables repose sur Qualcomm. La compatibilité ARM de Windows 10 étant intégralement liée au Snapdragon 835, et sûrement au futur Snapdragon 845, l’entreprise devrait accueillir toujours plus de nouveaux clients issus du secteur informatique.

Les voitures autonomes, objets connectés et autres solutions de domotique seront également en demande de nouvelles puces. Et alors que la 5G approche, Qualcomm est vu comme l’un des acteurs du marché pouvant le plus rapidement fournir les modems compatibles. Autant dire qu’il doit valoir ses deniers, si tant est qu’il n’attende pas une offre encore supérieure.