Le gouvernement de Corée du Sud a annoncé qu’il comptait investir plusieurs millions de dollars dans les cinq prochaines années pour le développement de processeurs destinés aux objets connectés. Par la suite, la Corée du Sud souhaite développer des processeurs à destination des smartphones et tablettes. De quoi permettre à Samsung de posséder ses propres processeurs, notamment pour concurrencer Qualcomm.

corée cpu

La Corée du Sud souhaite faire une place à ses industriels dans le domaine des processeurs pour objets connectés et terminaux mobiles. Le gouvernement a en effet annoncé avoir débloqué 35 millions de dollars pour les cinq prochaines années à venir afin de rester compétitif face aux concurrents étrangers, et notamment Qualcomm aux Etats-Unis ou encore MediaTek en Chine. De quoi permettre à Samsung de bénéficier de processeurs locaux pour ses produits et ainsi éviter de payer de coûteuses licences à ARM.

Deux types de processeurs

Dans un premier temps, la Corée du Sud souhaite développer des processeurs à destination des objets connectés comme les montres connectées. Ces puces sont plus faciles à développer car moins complexes et elles sont généralement cadencées entre 100 MHz et 1 GHz. Le gouvernement souhaite par la suite se focaliser sur les processeurs hautes performances à destination des smartphones et des tablettes, plus complexes et cadencés à des fréquences supérieures, offrant ainsi de meilleures performances. Ces derniers processeurs pourraient arriver plus tard, certaines sources indiquant qu’ils pourraient être disponibles avant 2025.

Les coûteuses licences

La grande majorité des smartphones sous Android possède un SoC (la puce qui comporte notamment les cœurs du processeur) basé sur une architecture ARM. Les fabricants utilisent alors soit directement les cœurs ARM comme les Cortex-A15 et A7 présents dans la majorité des puces MediaTek mais ils peuvent développer eux même leurs cœurs ARM comme Qualcomm le fait avec l’architecture Krait présente dans les Snapdragon. Dans les deux cas, il faut payer une licence à ARM mais le fait de développer sa propre architecture basée sur les jeux d’instruction ARM comme le fait Qualcomm permet de mieux optimiser les coûts sur le long terme.

Pour le moment, Samsung utilise exclusivement dans ses SoC Exynos des cœurs ARM Cortex. Avec la volonté du gouvernement de Corée du Sud, l’entreprise pourrait donc bien dans le futur utiliser une architecture « maison ». D’autant plus que Samsung possède ses propres usines de production de semi-conducteurs, ce qui lui permettrait de prendre en charge de A à Z la conception des processeurs contrairement à Qualcomm qui ne possède pas d’usines et doit faire appel à un fondeur qui produira en masse les processeurs.