Le Galaxy Note 9 aura-t-il ou n’aura-t-il pas le lecteur d’empreintes sous l’écran ? Les rumeurs à ce sujet se suivent et se contredisent. Entre-temps, on peut donc se demander pourquoi le géant sud-coréen prend autant de temps à intégrer cette technologie sur ses appareils alors que des smartphones d’autres marques en profitent déjà.

Mise à jour du 4 mai 2018 : Surprise ! Le leaker assez réputé Ice Universe vient relancer cet éternel sujet du lecteur d’empreintes sous l’écran. D’après lui, le Samsung Galaxy Note 9 profitera bel et bien de cette technologie en plus d’un stylet S Pen amélioré.

Article original du 9 mars : 

Le lecteur d’empreintes placé sous l’écran — et donc invisible — est déjà une réalité depuis le lancement du Vivo X20 Plus UD que nous avions eu l’occasion d’essayer avant son officialisation. D’autres modèles ont suivi tels que le Doogee V prometteur ou l’Ulefone T2 Pro que nous avons tous deux croisés au MWC 2018 à Barcelone.

Cependant, cette question du lecteur d’empreintes sous l’écran existe depuis des années, et jusqu’ici on avait toujours cru que Samsung serait le premier fabricant à intégrer ce genre de capteur sur l’un de ces modèles. Par exemple, l’année dernière, on espérait que le Galaxy S8 embarque cette technologie biométrique. Les mêmes attentes ont ensuite été nourries à l’égard du Galaxy Note 8, puis du Galaxy S9 avant d’être reportée sur le Galaxy Note 9. En termes d’arlésienne, on peut difficilement faire mieux.

Encore une déception

Mais patatra ! Ming-Chi Kuo, éminent analyste du cabinet de KGI Securities cité par 9to5Google, a indiqué que le Galaxy Note 9 ne sera finalement pas l’heureux élu de Samsung pour intégrer le lecteur d’empreintes sous l’écran. Le fabricant rencontrerait en effet encore et toujours « des difficultés technologiques ».

Ming-Chi Kuo est une source plutôt crédible et il est donc bien compliqué de réfréner la nouvelle pointe de déception qui tiraille le fond de nos entrailles. Comment se fait-il que le leader incontesté du marché des smartphones se fasse doubler par d’autres constructeurs sur cette innovation très attendue ? Après nous être débarrassés de cet arrière-goût d’amertume, nous pouvons avancer une hypothèse et tenter de comprendre quelles sont ces fameuses « difficultés technologiques » qui mettent à mal les projets du géant coréen.

Des ressources infinies

Tout d’abord, il est quasi certain que Samsung sait déjà intégrer un lecteur d’empreintes fonctionnel sous un écran. Au vu de ses grosses ressources R&D et de ses moyens financiers très importants, il semblerait en effet très incongru que la multinationale ne soit pas en mesure de faire au moins aussi bien que des constructeurs plus modestes — certes, Vivo fait partie du Top 5 mondial, mais il reste incontestablement moins puissant que Samsung.

Alors qu’est-ce qui pourrait bien empêcher le futur Galaxy Note 9, prévu sans doute pour cet été, de profiter de ce composant particulier ? On pourrait éventuellement évoquer la réactivité du capteur. Sur le prototype du Vivo X20 Plus UD que nous avons brièvement essayé, le capteur fonctionnait assez efficacement, mais il n’était clairement pas aussi rapide que les les lecteurs d’empreintes classiques.

Le produit finalisé dispose peut-être aujourd’hui d’une solution plus rapide. Néanmoins, on peut penser que Samsung n’est pas satisfait de la réactivité de sa technologie. Mais au-delà de ça, c’est sans doute la question de la sécurité qui pose problème.

Le lecteur d’empreintes du prototype du Vivo X20 Plus UD en action

Cultiver une image de marque

Même si les produits de Samsung sont loin d’être sans faille, la marque sud-coréenne a su cultiver une image de haute qualité auprès de sa communauté. On peut donc supposer que le constructeur a des exigences très élevées concernant la sécurité de son lecteur d’empreintes sous l’écran. Les « difficultés technologiques » dont il est fait mention plus haut dans ce papier pourraient ainsi faire référence à une précision encore insatisfaisante du capteur placé en dessous de la dalle du smartphone. Autrement dit, il pourrait être facilement dupé.

À titre de comparaison, on se rappelle qu’Apple avait longtemps repoussé l’adoption d’un écran OLED avant que l’iPhone X n’en profite enfin. La marque à la Pomme avait indiqué que la qualité de cette technologie d’affichage ne correspondait jusqu’ici pas à son cahier des charges. Derrière l’éternel bullshit marketing, on comprend que l’OLED n’était pas assez mature pour Apple avant 2017.

C’est très certainement la même logique qualitative qui anime Samsung. La technologie est prête d’un point de vue fonctionnel, c’est vrai, mais le constructeur préfère sans doute attendre qu’elle soit quasi parfaite en termes de sécurité avant de l’embarquer sur ses smartphones.

Un faux pas = un scandale

Et pour cause. Une faille de sécurité du lecteur d’empreintes sous l’écran sera inévitablement beaucoup plus pointée du doigt sur un appareil Samsung que sur un terminal d’une autre marque hors Apple. Dans l’univers Android, le géant sud-coréen s’est taillé la part du lion, mais en contrepartie, le moindre de ses faux pas est accentué. La terrible blessure infligée par le fiasco industriel du Galaxy Note 7 a beau avoir cicatrisé, elle risquerait de s’infecter si la gamme Note est une nouvelle fois entaillée.

On espère quand même que Samsung n’ait pas besoin d’une éternité pour intégrer le capteur d’empreintes sous l’écran.

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