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II – Android et TimeScape : une surcouche pour le grand public

1 – Android à la sauce Sony : 2012, un bon cru ?

C’est maintenant chose courante : les constructeurs ajoutent leur petite sauce à Android et il est désormais bien rare de trouver un smartphone Pure Google, en dehors des séries Nexus (qui elles-mêmes n’en sont parfois même pas…). Dès ses premiers Xperia, Sony a introduit une interface baptisée « TimeScape », qui correspond en fait au nom d’une application « sociale » qui fait partie de cette interface.

Essayez de trouver l’origine de la fumée TimeScape si vous voulez devenir fou

Comme toutes les surcouches, TimeScape était un massacre au début et s’est bonifié avec le temps jusqu’à devenir une des méthodes des plus originales pour utiliser Android 2.x. Sur la dernière gamme de Sony Ericsson, Arc S ou Play, on pouvait aller jusqu’à dire que l’expérience TimeScape était loin d’Android : c’était un vent de fraîcheur que les puristes n’aimeraient pas mais qui pourrait définitivement amener de nouveaux utilisateurs sur les terres du Droid vert.

Une raison bien simple à cela : TimeScape, comme TouchWiz et dans une moindre mesure, Sense, sont des surcouches qui visent le grand public, et sont donc censées être beaucoup plus simples à prendre en main qu’Android stock. La première chose à contrôler sur ces surcouches pour les juger, c’est bien entendu la fluidité globale du système. Fait étrange, malgré les spécificités techniques hors catégorie, le passage d’un bureau à l’autre accroche.

TimeScape : la genèse

Cela reste léger, mais je n’avais pas souvenir, pour avoir testé toute la gamme des smartphones Sony-Ericsson de 2011, que TimeScape ait encore ce petit lag. En gros, le passage d’un bureau à l’autre se fait systématiquement en deux temps, avec un accrochage léger entre les deux parties de la transition. Cette gêne n’est pas du tout présente dans les autres menus de l’interface et nous espérons que Sony se penchera dessus d’ici la sortie du smartphone pour offrir dès le début une expérience d’utilisation optimale.

Bref, TimeScape, qu’est-ce que c’est ? Pour faire simple, on pourrait dire que c’est avant tout un ensemble de widgets. Si vous regardez l’interface de cet Xperia S, on est loin de celle des X10 Mini qui avait été repensée entièrement pour faire tourner Android sur un tout petit écran. On retrouve les différents bureaux, les cinq icônes en bas de l’interface, les applications dans un menu séparé et les paramètres généraux sont tout à fait traditionnels.

C’est prouvé : TimeScape augmente votre Klout

S’il fallait résumer en un adjectif ce qu’était TimeScape, j’emploierais bien volontiers « social ». Tout tourne de fait autour des réseaux sociaux, des SMS, ou encore de vos mails. Le premier de ces widgets donne le ton en s’appelant tout banalement « flux ». Ici, vous entrez vos identifiants Twitter ou Facebook, et toute votre actualité, SMS compris, s’affichera dans le même cadre, placé à votre convenance sur l’un des bureaux.

Ce widget a un frère qui fait complètement double emploi si vous n’utilisez qu’un seul réseau social : « Amis ». Non, il ne vous permettra de vous trouver des amis, mais affichera les mises-à-jour de vos contacts séparément. Par exemple, il me suffit de cliquer sur le logo FrAndroid pour avoir toutes les nouvelles venant du compte Twitter. Flux et Amis marchent évidemment de paire : quand vous cliquerez dessus, ce sera la même application « TimeScape » qui s’ouvrira, celle dont on vous a déjà parlé un peu plus haut et qui, par habitude, a donné son nom à l’interface.

Je suis quelqu’un de très populaire

En terme de design, tout a été épuré depuis la première version et Sony a clairement abandonné les tons bleutés qui étaient la marque de fabrique des smartphones Sony-Ericsson. A la place, vous aurez le choix entre 5 ou 6 couleurs dominante qui se contenteront de teinter un système qui restera sobre et élégant.

Pour continuer dans cette revue de TimeScape, un autre widget a fait son apparition que je trouve scandaleux mais c’est juste parce que je suis un vieil aigri qui n’a pas Facebook : Musiques et Vidéos vous permettra d’afficher les… morceaux de musique (parce que non Sony, quand on dit une musique et pas de la musique, on passe pour un rustre) et les vidéos de vos « amis » sur Facebook. Vous n’avez pas Facebook ? Ce widget ne vous servira à rien, qu’importent votre compte Google +, Twitter ou vos abonnements Youtube, qui semblaient pourtant pertinent pour y figurer aussi…

*Baffe baffe*

Voilà, en gros, ce qu’est TimeScape : un ensemble d’applications sociales qui devraient vous permettre de vous passer des applications officielles. Bien sûr, d’autres widgets plus classiques sont présents, comme le lecteur MP3 ou la prévisualisation des photos de la galerie, mais pour le coup, ce ne sont que des reprises de ce que Google propose déjà dans ses smartphones.

Relevons enfin un défaut qui m’a semblé bien embêtant : Sony ne propose pas de barre de contrôle à l’intérieur de la barre de notification. Il faudra se servir du widget pour activer ou désactiver le Wi-Fi, le GPS, le Bluetooth et autres émetteurs énergivores. Cette personnalisation de la barre de notification est devenue la norme sur les surcouches Android et il faut reconnaître que c’est bien pratique… dommage !

2 – Applications natives : au-delà de Google

Peut-on faire un test de smartphone sans parler une seule fois de téléphonie ? Ca serait un peu cocasse. Alors oui, sachez que vous pouvez téléphoner ! Et même passer des SMS ! Le rêve de tout adolescent des années 2000… bref, Sony a conservé les applications natives présentes sur Android, comme Contacts ou Téléphone en les retouchant un tout petit peu. Vous pourrez ainsi sauvegarder vos journaux d’appels et vos contacts via l’application Companion, développée par Sony, sur votre PC.

L’accès aux contacts ne change, lui, pas beaucoup : ce sera la traditionnelle liste défilante avec une barre de recherche au sommet. Du côté des SMS, chose rare, le système vous propose de choisir lors de votre première utilisation si vous voulez utiliser le T9 ou non : pas la peine de passer de trop longues minutes à chercher l’option, souvent cachée dans un obscur menu. Plus intéressant encore, vous pourrez choisir un « semi T9″ qui se contentera d’intervertir les lettres quand il détectera des fautes de frappe et de mettre automatiquement les majuscules.

Därth Väder ?

Mais retournons dans l’univers des gens qui ne communiquent plus que par mail ou par Twitter. Qu’est-ce que Sony a ajouté d’intéressant sur son beau smartphone par rapport à la version nue d’Android ? D’abord, téléphone grand public oblige, un guide Android. Ou plutôt, un Android Guide dans le texte. Il renvoie vers une page web Sony-Ericsson… en hollandais par défaut, si mes souvenirs d’Amsterdam sont exacts, mais qui pourrait tout aussi bien être une langue scandinave.

Cela sera sûrement corrigé d’ici la sortie française, mais le nom est trompeur : ce n’est pas un guide, mais une sélection d’applications Android. Soit. Suivant. Le lecteur de musique a entièrement été repensé par Sony, on trouve désormais un égaliseur 5 bandes avec en prime la possibilité de régler la profondeur des basses. De même, si vous avez un casque 5.1, vous aurez la possibilité d’utiliser une option « son surround » directement depuis le lecteur audio.

Je. N’ai. Pas. Facebook. Gnnnn.

TrackID ensuite est une sorte de Soundcloud maison qui n’a absolument pas reconnu la 10e valse de Chopin en Si mineur mais qui s’en est sorti avec Money des Floyd. Le bougre est vicieux : quand il ne trouve pas un morceau, il prétexte d’une erreur et vous dit de recommencer plus tard. Il vous permettra en outre de sauver les morceaux écoutés et de « J’aimer » les morceaux sur Facebook et Facebook uniquement – social, on vous l’avait dit.

Vos morceaux de musique seront joués dans un lecteur élégant et sobre

Appareils connectés sera le doux nom du service DLNA. Rien à redire là-dessus, vous pourrez récupérer vos fichiers en réseau. Chrono, Horloge Monde ou Minuterie sont assez explicites pour qu’on ne s’y attarde point davantage. De même, Sony a intégré un GPS à eux dans le smartphone : Wisepilote. N’ayant pas de voiture sur Paris, je ne saurais vous dire ce qu’il vaut par rapport à Navigation, vos commentaires seront les bienvenus.

Passons également sur la suite bureautique, OfficeSuite 5, installée en version complète : ce n’est pas aussi primordial que sur une tablette, écrire de longs documents sur un smartphone n’étant pas chose aisée. Economisr, oui, sans le e, en plus de bouffer des voyelles à plusieurs mots de l’interface, est une solution efficace pour régler le smartphone en fonction de votre usage de la batterie : durabilité, efficacité ou usage connecté, à vous de choisir.

Internt n’st ps illmt ! Présrvns le wb !

On arrive alors à l’application la plus intéressante de toutes et qui ne paie pas de mine de prime abord : LiveWare manager. Cette application tente de pallier un défaut d’Android, à savoir, l’absence de gestionnaire de périphériques. C’est ce qu’elle est, après tout : un panneau d’administration des différents accessoires que vous pourrez connecter à votre smartphone.

Amusant d’avoir traduit Montre Intelligente et pas SmartTags

Evidemment, c’est l’occasion pour Sony de mettre en avant ses deux accessoires innovants : la SmartWatch et les SmartTags. On vous a déjà parlé des seconds : ce sont ces petits badges NFC qui vous permettent de configurer votre portable à la volée. Eh bien c’est avec LiveWare manager que vous les programmerez le plus simplement du monde. C’est aussi à partir de cette application que vous pourrez accéder aux programmes compatibles avec la montre SmartWatch et décider lesquels d’entre eux vous voulez activer.

Pas besoin d’être développeur pour coder un tag NFC

Vous pourrez enfin associer l’ouverture d’applications à la connexion de plusieurs périphériques, comme le chargeur, les écouteurs, ou un kit mains-libres. Une application bien faite et utile : c’est tout ce qu’il nous fallait pour conclure cette partie sur le système d’exploitation !