Lors d’une interview, Hugo Barra a donné quelques pistes sur le secret des tarifs pratiqués par Xiaomi. Il explique notamment que le constructeur obtient ses composants à des tarifs plus avantageux que les autres, et que les smartphones restent plus longtemps en rayon.

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La semaine dernière, les équipes de TechCrunch ont pu rencontrer Hugo Barra, vice-président de Xiaomi International, et ont abordé avec lui le sujet des tarifs pratiqués par la firme. Pour une fois, l’homme s’est exprimé sur la chose et a révélé une formule finalement assez simple faite d’un catalogue restreint et d’une commercialisation plus longue des appareils. « Un produit qui reste pendant 18-24 mois – ce qui concerne la plupart de nos produits – passe par trois ou quatre réductions des prix », explique-t-il. « Les Mi2/Mi2s étaient en vente pendant 26 mois. Le Redmi 1 a été d’abord lancé en septembre 2013 et nous avons juste annoncé le Redmi 2 ce mois-ci, soit 16 mois plus tard ». Si cette réponse justifie certains prix bas (longtemps après la sortie) qui arrangent les consommateurs, elle n’explique pas réellement les tarifs avantageux pratiqués dès la sortie des mobiles, ni même comment Xiaomi arrive à générer des profits.

Pour cela, Hugo Barra a aussi une explication. En effet, la longue commercialisation des produits permet, selon lui, de négocier des tarifs extrêmement intéressants avec les fabricants de composants. Des composants négociés en très gros volume – et en une seule fois – puisqu’ils sont « en grande majorité les mêmes d’un appareil à un autre ». Barra explique aussi : « Nous faisons ces réductions parce que nous avons réussi à négocier des coûts [avec nos fournisseurs] au fil du temps, ce qui finit par nous laisser avec une marge plus grande que prévue ». Il y a bien sûr d’autres éléments expliquant la politique tarifaire du constructeur, comme l’absence de magasins physiques, ou une commercialisation uniquement sur le marché asiatique.

Mais la donne ne serait-elle pas en train de changer ? On peut voir qu’avec un changement de composants, comme c’est le cas sur les récents Mi Note et Mi Note Pro, les tarifs sont (légèrement) en augmentation. Le constructeur parvient tout de même à les proposer à de meilleurs prix que s’ils sortaient des usines des constructeurs présents à l’échelle internationale. Et pour garder sa philosophie des prix cassés, on voit mal comment Xiaomi peut contourner le passage par la case « marge rognée ».