Afin de se distinguer de la concurrence et de se détacher de MediaTek et Qualcomm, Xiaomi compte bien développer son propre SoC (regroupant notamment la partie processeur et modem). Pour cela, le constructeur chinois compte sur l’expertise de son compatriote Leadcore.

Leadcore

Leadcore n’est pas un concepteur de SoC très connu. Pourtant, cette entreprise qui a vu le jour en 1998 est très appréciée en Chine puisque c’est elle qui a développé le standard 3G chinois (TD-SCDMA) via sa filiale Datang Mobile. L’entreprise dispose donc d’une bonne dose d’expertise dans le domaine des réseaux. Leadcore a ensuite développé des SoC intégrant un modem 3G pour aller de pair avec les smartphones d’entrée de gamme. Plus récemment, Leadcore s’est fait remarquer en intégrant son SoC LC1860 (en image de une) au sein du tout nouveau Redmi 2A. Et ce partenariat pourrait bien aller au-delà puisque le PDG de Leadcore a annoncé au site Eeetimes que Xiaomi aimerait co-développer un SoC spécialement destiné à ses smartphones.

En disposant de son propre SoC, Xiaomi pourrait se distinguer davantage de la concurrence et notamment d’Apple, Huawei et Samsung qui possèdent leur propre partie processeur et même modem pour les deux derniers. Xiaomi réduirait aussi son indépendance vis-à-vis de MediaTek et Qualcomm, même si le géant de San Diego est l’un des principaux investisseurs du constructeur chinois. D’ailleurs, il y a quelques mois, une rumeur circulait, annonçant la prise de participation de Xiaomi dans Leadcore à hauteur de 51 %. Mais le PDG de Leadcore vient de démentir l’information puisque l’État chinois détient toujours un tiers de Datang Telecom, la maison mère.

Pour le moment, Leadcore ne conçoit pas de puces haut de gamme et se limite plutôt à des SoC d’entrée de gamme, avec une partie processeur et puce graphique en retrait. Toutefois, Xiaomi pourrait voir un intérêt particulier dans la partie modem des SoC Leadcore, basée depuis 2012 sur un modem de type logiciel. Ainsi, les évolutions des normes réseau ou encore le support des différentes bandes sont gérés de manière logicielle, sans avoir besoin de modifications dans le design du SoC. Une aubaine pour Xiaomi qui souhaite, sur le long terme, s’imposer sur l’ensemble du marché mondial avec sa diversité de normes et fréquences. Il serait aussi possible au modem de s’adapter facilement et rapidement aux futures normes comme la LTE-M des objets connectés et pourquoi pas prendre de l’avance sur la future 5G.