Annoncé hier, pendant une journée chargée en présentations de nouveaux smartphones, le Xiaomi Mi Max fait figure de géant dans le monde de la téléphonie. L’appareil se distingue du commun des smartphones par son écran proprement gigantesque, avec sa diagonale de 6,4 pouces, et par une fiche technique oscillant entre le milieu et le haut de gamme. Mais au fait, a-t-il vraiment des concurrents ?

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La question du format

C’est la question essentielle qui se pose à la découverte du Xiaomi Mi Max. Outre le fait que cet appareil ne sera disponible dans nos contrées que par le biais d’un système d’import, il semble seul en sa patrie, avec son écran de 6,4 pouces. Qui, aujourd’hui, propose des smartphones de plus de 6 pouces ? On trouve, sur le segment du 6 pouces, quelques modèles oscillant entre le haut de gamme (Huawei Mate 8) et le milieu de gamme (Sony Xperia C5 Ultra), sans oublier des produits pour l’heure réservés à la Chine (Samsung Galaxy A9 Pro). Au-delà de ce format, un seul smartphone récent est disponible dans le commerce : le Huawei P8 Max, commercialisé depuis la fin de l’année dernière, et dont l’écran monte jusqu’à une diagonale de 6,8 pouces.

Les Sony Xperia C5 Ultra Dual, Huawei Mate 8, Huawei P8 Max et Samsung Galaxy A9 Pro

Les Sony Xperia C5 Ultra Dual, Huawei Mate 8, Huawei P8 Max et Samsung Galaxy A9 Pro

On retiendra un point de ces appareils : ils sont tous dotés de dalles IPS, à l’exception de la phablette de Samsung (qui lui préfère un écran Super AMOLED), et affichent tous une définition Full HD. Leur résolution s’étale donc entre 367 ppp pour les smartphones de 6 pouces et 326 ppp pour le P8 Max. Le Mi Max, lui, affiche 342 pixels par pouce. Ne nous leurrons pas, aucun d’entre eux n’est fait pour les yeux de lynx ni ne sera adapté aux usages de type réalité virtuelle. Ce qu’on leur demande, c’est avant tout un usage confortable pour de la lecture de documents/vidéos et de la saisie de texte.

Quid des performances ?

Le Xiaomi Mi Max n’est pas franchement un smartphone haut de gamme, avec sa puce Snapdragon 650 (652 dans sa version la plus performance), mais embarque tout de même 3 à 4 Go de RAM. On peut sans peine s’attendre à des performances très correctes, d’autant qu’en l’absence d’écran QHD, le SoC n’est pas follement sollicité. Il joue d’ailleurs typiquement dans la même cour que le Galaxy A9 Pro, lui aussi doté du couple Snapdragon 652/4 Go de RAM, très suffisant au quotidien.

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Au rayon des smartphones déjà disponibles, on peut noter que le Mi Max est sans comparaison avec la puce MediaTek MTK6752 à 1,7 GHz, couplée à 2 Go de RAM, que l’on trouve dans le Xperia C5 Ultra. Il se rapproche un peu plus d’un Kirin 935 combiné à 3 Go de mémoire vive que l’on trouve dans un Huawei P8 Max. Force est de constater toutefois qu’à moins de se tourner vers un Huawei Mate 8 et son Kirin 950, le haut de gamme est peu représenté dans l’univers des phablettes.

Multimédia

C’est rarement le point fort des phablettes. Ils présentent tous des appareils photo soignés, mais ne visent pas à se muer en photophone. Toutefois, on sent que Xiaomi cherche à se démarquer, puisque son Mi Max est doté d’un capteur de 16 mégapixels, d’un autofocus à détection de phase et d’un double flash LED. Il ne filme toutefois qu’en 1080p. C’est également le cas du Huawei Mate 8, doté de son côté d’un capteur de 16 MP, mais avec en bonus un système de stabilisation optique plutôt efficace. Cette stabilisation optique est également assurée par l’appareil photo du Huawei P8 Max (13 mégapixels), mais absente du capteur Exmor RS de 13 mégapixels du Sony Xperia C5 Ultra.

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Et le capteur d’empreintes ?

Milieu de gamme oblige (ou modèle plus ancien), les C5 Ultra et P8 Max font l’impasse sur le capteur d’empreintes digitales. Leurs comparses, les Mi Max et Mate 8, en sont équipés, tous deux au dos. Espérons qu’en main, il ne soit pas situé trop haut pour être aisément accessible sur le modèle de Xiaomi.

L’autonomie, le nerf de la guerre

Si l’on choisit une phablette de plus de six pouces, c’est généralement pour son format, certes, mais aussi pour l’autonomie que l’on espère obtenir. À ce petit jeu, le Mi Max promet l’excellence, combinant des fonctionnalités d’économie d’énergie intégrées à MIUI 8 (avec le mode Doze de Marshmallow) et une batterie de 4850 mAh. Seul le Samsung Galaxy A9 Pro, avec ses 5000 mAh et son écran AMOLED, permet d’espérer un peu mieux. On peut en tout cas s’attendre à plus de deux jours à l’écart du chargeur.

Côté concurrents, on connaît déjà les bonnes performances du Huawei Mate 8, équipé d’une batterie de 4000 mAh. Le P8 Max, plus grand, monte jusqu’à 4360 mAh. Quant au C5 Ultra, malgré son format 6 pouces, il se contente de 2960 mAh. C’est peu pour une telle carcasse.

Conclusion

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Comme toujours avec Xiaomi, c’est avant tout le prix de ses smartphones qui le distingue de la concurrence. Alors que le P8 Max est disponible chez de rares revendeurs, à un prix élevé, que le Mate 8 dépasse toujours les 600 euros et que le Samsung Galaxy A9 Pro se limite à l’Asie, la phablette sera prochainement référencée chez les spécialistes de l’import.

Il faudra compter quelques dizaines d’euros de plus que le tarif affiché en Chine (entre 230 et 270 euros), mais à ce prix, on n’obtient pas grand-chose de plus qu’un Xperia C5 Ultra aux performances en net retrait. Il faut toutefois être prêt à transporter un smartphone de 203 grammes avec soi, et accepter de ne pas avoir accès à la bande de fréquence 4G 800 MHz dans l’Hexagone.